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    August 28

    Bigorneau (et disc-jockey)

     
    De retour d'univ d'été (pfff, qu'est-ce qu'on bosse, quand même, ici...ah oui, pour l'Egypte au fait, j'attends la réponse du pharaon Klodfransouah3, ça peut prendre une éternité, désolé, ce type n'est pas une lumière, enfin bon, je vous tiendrai au courant) je vous rapporte une étimaulogie étonnante dans l'approximation qui est la marque de fabrique de votre grrrroupement de brrrrranleurs préféré: nous!!!
     
    En ces temps reculés où il n'y avait rien à voir, la haute société était un véritable panier de crabes (aujourd'hui aussi, mais ce n'est pas le sujet). L'on sy détestait cordialement, sans jamais manquer l'occasion de rabaisser autrui pour arriver à bon port (aux truies + à bon port =drôle, rire) jusqu'aux plus hautes sphères, là où les paillettes de gloss font bon ménage avec les pailles à coke...la "strass haute sphère", en quelque sorte.
     
    Le littoral français était déjà fort prisé des vieilles pies anglaises, et les dancings commençaient à l'emporter sur les guinguettes de la Côte d'Opale, qui prête son cadre idyllique de l'époque à notre mot du jour (ou du semestre, comme on veut): bigorneau.
    Les accordéonistes, vielleux et autres joueurs de flutieau folkeux s'inquiétaient grandement de cette intrusion culturelle d'Outremanche, mais jusqu'alors, n'en pouvaient mais. (si, ça se dit.) Parmi les plus avant-gardistes et soucieux de ne pas perdre leur gagne-pain, figurait un musicien hors pair, que l'on s'arrachait, stricto sensu (mais pas pot de colle en tailleur) dans toutes les stations balnéaires à la mode. David (ben quoi?) finissait régulièrement ses soirées entièrement nu, après avoir succombé aux assauts de hordes de minuidettes en furie. Ce qui avait le don de l'irriter, et il en avait plein le dos, au point d'en développer une allergie cul tanné, mais ce n'est pas le sujet, et revenons à nos flonflons.
    David, donc, avait appris à se méfier de ces traquenards de groupies, et guettait, à chaque fin de soirée, le moment où il devrait mettre les voiles pour ne pas se retrouver le dos en lambeaux (c'est d'ailleurs ce qui est raconté dans la célèbre chanson "la lambodo", si vous connaissez un peu le monde de la nuit prépaléolithique). Aussi, le surnom de Guetteur lui fut attribué, et il devint définitivement la coqueluche de ces dames lors d'une soirée mémorable, inénarrable, mais je vais quand même tâcher de. (là, ça na se dit pas, mais j'aime bien)
     
    Suivez bien, hein.
     
    Pour la bonne compréhension de l'histoire qui va suivre, le port de Marseille est conseillé (Ndlr: Marseille=petit nom donné affectueusement à l'entonnoir gracieusement fourni par Elle à l'accueil). Il faut garder à l'esprit que par delà son opportunisme affiché, David Guetteur était un brun (pas blond, donc, tiens tiens...) franchouillard et revanchard. Pour exemple, il est à l'origine du terme disc-jockey dont ces coch...gentils voisins anglais réclament la paternité...mais queues naines nient (= les biloutes disent non!!!), ça vient d'cheu nous, et voilà comment.
    (Je pars en thèse, mais suivez quand même hein, on ne sait jamais...)
     
    Disc-Jockey, oui, ce mot qui désigne aujourd'hui l'ensemble de la profession des metteurs de disque. Or, à l'époque du phonogramme, croyez bien qu'il n'était pas aisé de faire la prog, primo parce qu'il fallait un sacré paquet de crin-crins à aiguille et des piles de galettes de cire lourdes comme les crêpes de ma mère, et secundo des artistes multiples et variés à l'heure du tout-biniou. Jugez plutôt, comment on faisait les stars, avant l'Academy y consacrée.
     
    Il se trouvait souvent, en soirée, au bord des quais dunkerquois, une troupe de danseuses folkloriques, dont la particularité était de danser sous la flamme, et face à la Manche, pour ne pas dire dos au public, ce qui leur autorisait des mouvements de jambes non équivoques dans l'impudicité, mais malgré tout dans le respect des lois édictées par leur sainte mère Eglise, même quand c'était le débarquement ( mais on y reviendra, bande de spanioménorrhéiques héroïques...)
    NOtre ami guetteur, toujours à l'affût d'une nouvelle idée créatrice, vit là une belle occasion de ne pas être, pour une fois, la proie des femmes. Il s'installait un peu en retrait pour admirer la meneuse de la troupe, et passait ainsi un bon moment à admirer les demoiselles qui soulevaient effrontément leurs jupons vers les côtes anglaises et en calcaire, à la lumière d'un feu de joie feu qui chante joli feu de joie, feu qui chante dans le vent qui nanana...ahem, revenons à nos jupons.
     
    Un soir, n'y tenant plus de curiosité mâle saine, il canota au large, et put ainsi, à la jumelle, assister dans des conditions exclusives, à un spectacle inédit de fraîcheur et d'érotisme, dont nous tairons les détails par pudeur et par respect envers nos jeunes lecteurs. Mais c'était quand même la plus belle débauche de cuisses rebondies, de culs trémoussés, de nichons laiteux et de hanches provocantes qu'on n'avait jamais vu depuis le concert de Madehaunnat à Berck-Plage en 1692. Une many-fesses-station unique du talent de nos régions, la touche française avant l'heure...
    Aussi, David invita rapidement son meilleur ami Robert à profiter de ce show chaud et quasi privé. Robert vint, vit et fut vaincu par tant de grasses mamelles...Il tomba en arrêt devant la blancheur des poitrines des danseuses. A chaque fois qu'une flamme bienvenue éclairait avantageusement un téton égaré, il s'émerveillait, s'agenouillait et se prosternait au fond de la barque, à la manière d'un religieux...David s'en amusa fort, vous pensez bien, et surnomma son ami Robert "Saint-Clair", ou "Sein Clair" (les hagiographes de de l'époque sont restés très évasifs à ce sujet, on ne leur en veut pas).
    Comme on se doute, les deux compères comprirent rapidement leur intérêt à faire partager la scène secrète moyennant finance, et ce furent les débuts de l'underground, ou encore du "mouvement souterrain", de ce côté-ci du tunnel qui n'existait pas encore, et heureusement sinon mon histoire ne tiendrait plus debout (déjà que...enfin, poursuivons...) Par une belle après-midi, ils prirent leurs rames et leur courage à deux mains, et souquèrent fort vers le rivage britannique. A quai et à Newhaven, David et Robert n'eurent aucune difficulté à affrêter toute une flottille capable d'embarquer le millier de coch...de voyeurs sujets de sa gracieuse majesté auxquels ils avaient promis d'assister en pleine mer à la plus torride des danses jamais vues à ce jour, surtout de nuit.
    Ainsi, au crépuscule (hé ben quoi encore? tu le veux çui là, mon cher Brrrrr?), une centaine de canots mouillait (oui, oui...pfff...c'est comme ça qu'on dit, j'y peux rien, moi) au large de Dunkerque, sans que la troupe folklorique ne se doutât de rien. Et sans qu'aucun reflet ne pût les trahir, mille paires de jumelles étaient rivées vers les rives, ce qui semble aujourd'hui logique, et voici un mot de plus dont l'étimaulogie ne vous échappera plus.
     
    Pas comme moi, en tout cas, parce que bon, faut que j'y aille, là...ne m'en voulez pas si je m'échappe, mais j'ai des contraintes éditoriales (genre payé à l'artcicle et pas à la ligne, donc voilà, je reviens très vite pour la suite des aventures de David Guetteur et de Robert Sein Clair...) Si si, vite!!!!
     
    Grrrroooovement vôtre!!!
     
     
     
    December 23

    Frontispice (enfin)

     

    Cadeau de Noël …

    Well! (bizarre idée aujourd'hui de commencer une étimaulogie par un mot (honni?) de l'outre-manche non? … Mais c'est ainsi et je ne vous demande pas d'approuver ou de protester, c'est comme ça et puis c'est tout … de toutes façons, vous n'avez pas le choix). D'aucuns présupposaient (et non prépuces osaient comme dirait un contrepéteur de ma connaissance) que j'avais entamé une période plus ou moins longue de léthargie (presque) congénitale dont on ne savait aucunement présager ni du début, ni de la fin. Pensant dans leur for intérieur que je menais des ursidés la vie tranquille et calme des longues soirées d'hiver. (Je sais pas vous mais … je viens de relire ce premier paragraphe là … ça jette non? (Hein? Caisse tu dis Grrrrr? Mes chevilles? Ben ça va pourquoi? (je sais pas ce qu'il not' Grrrrr en ce moment mais je le sens (vous allez rire parce qu'après le mot qu'il vient d'étimauloger ça paraîtrait presque naturel) goguenard (raide! (ça c'est le calembour qui tue parce qu'il est réservé aux botanistes diplômés … je vous laisse chercher tiens … juste pour rire (mais je vous connais … feignants comme vous êtes vous z'allez même pas faire l'effort de chercher … bande d'incultes (et ailleurs que sur la commode s'il vous plait ça fait désordre))))))). Et ils présupposaient mal les bougres (toujours remettre le lecteur dans le droit chemin y paraît (quand bien même (et surtout s') il s'appelle Hannibal (c'est avant de sauter le barbelé ça (parce qu'après il s'appelle souvent Annie (c'est con ces blagues de potache mais vous me connaissez non? (d'ailleurs oui c'est vrai y'en a qui ont pas l'air de me connaître (je l'ai vu dans les commentaires récemment))))))('tin ça fait longtemps j'arrive même plus à m'y retrouver dans les parenthèses))(cela dit … pour les moins habitués … les dernières parenthèses étaient également pour les cinéphiles … je dis ça pour les autres évidemment … ceux qui n'ont vu ni l'astuce, ni le silence des agneaux).

    Well donc, disais-je avant que de m'interrompre. Il est temps de commencer une nouvelle aventure. Mais, au moment de commencer celle-ci, Hindou te masse aïe! (ça c'est pour changer mais aussi pour les mêmes raisons que d'habitude (soit sage ô ma pudeur … et tiens-toi bien tranquille) qui font que je me refuse strictement à dire "un doute m'habite" (on ne se refait pas) et également parce que vous allez voir que ce n'est pas sans raison). Mais auparavant (CHINOIS! s'écrient-ils tous en chœur, fiers d'avoir raccroché les wagons), il est également temps de faire une petite mise au point (en plus je peux me le permettre parce que c'est quand même encore moi le patron ici ne vous déplaise (à charbon (ah non ça marche pas ça, ça sonnait pourtant bien (ça m'est revenu parce qu'hier j'entendais parler de la reine Atchepsout … et là … avec "à charbon" ça marche)))). J'ai cru apercevoir, deçi delà (cahin-caha (l'œil était dans la tombe et regardait Caïn … caha) … va chemine euh! Va trottine euh! Va petit âne … air connu) des commentaires que j'aurais presque l'audace de qualifier d'injustifiés. Pas que les écrits du père Grrrrr soient de mauvaise qualité, au contraire … même s'il fait plutôt dans le "trash" ces derniers temps, il est quand même assez doué de la plume il faut bien le reconnaître. Non c'est surtout que je me suis senti atteint (ce qui vaut quand même mieux que 2 tues Laura), piqué au vif pour ainsi dire quoi. Bref, il fallait que je réagisse promptement (je dois avoir les réflexes d'un boa constrictor en pleine digestion parce que ça fait quand même presque 3 ou 4 mois que les dits commentaires ont été publiés mais bon).

    Well! (c'est du comique de répétition) … je me demandais, en commençant ce billet, ce qui avait bien pu motiver cet anglicisme dès l'abord, alors que rien ne laissait présager (ni présumer) de la suite. Les voies de l'étimaulogie étant ce qu'elles sont, je ne me doutais cependant pas que … mais bon … (c'est comme dans les bandes annonces de film de série B ça … on fait comme si on allait tout dévoiler et au moment crucial … hop! … on laisse 3 petits points ou un fondu au noir (c'est pas raciste ça hein! Ne vous méprenez pas! C'est juste un terme technique pour dire qu'on passe d'une image claire et nette au noir total en augmentant progressivement la densité du noir par rapport à la couleur de l'image) et on laisse le lecteur/spectateur dans l'expectative (tiens c'est rigolo ça … un spectateur dans l'expectative … dites-le vite pour voir? … c'est rigolo non?) de façon qu'il se précipite pour lire, les babines pendantes et la salive au bord des lèvres … (ce qui fait toujours un rien tache sur la feuille de papier)

    C'est ce qu'on appellerait (presque vulgairement) une politique de communication bien construite.

    Well m'acharnerai-je donc à répéter (encore que … à la réflexion … vous connaissez mes convictions sur ce qui concerne le hasard hein? Non? C'est on ne peut plus simple : "y'en a pas!" (pas des convictions mais du hasard! (enfin c'est ma conviction, je vous oblige pas à partager))).

    Et puis … merci bien …

    Prémonition? Foutaise!

    Intuition? Re-foutaise!

    Supposition? J'en douterais (mon côté Saint Thomas sans doute).

    Et on peut aligner les mots en "tion" … je ne changerai pas d'un iota.

    Têtu le Brrrrr hein?

    Vous imaginez pas comme!

    En fait, je n'avais absolument aucune idée en tête … mais y'avait quand même bien un rapport entre ce début (fracassant?) et l'étimaulogie (on sait plus comment l'écrire à force) de notre mot du jour (salut Norby) : "frontispice".

    Well! (ben oui du coup je suis bien obligé de repartir du début sinon vous n'allez encore rien comprendre). Replongeons-nous donc avec délices (voire avec des lys pour que ça sente meilleur (et y'en aura besoin)) dans les odeurs safranées de l'Inde mystérieuse.

    L'Inde est un pays particulier, ô combien! Tout y respire la nonchalance et la ferveur religieuse. Tout y respire également l'humidité, surtout en période de mousson.

    Enfin ça … c'est quand on peut respirer parce que … si y'a un truc qu'on ne respire pas du tout, en Inde, c'est la propreté.

    Ça aurait pu pourtant. Ça avait même bien commencé, au temps lointain de l'empire romain.

    Comment ça c'est pas possible? Ben tiens! Laissez-moi me gausser allègrement! (Ah je ris!). Evidemment que les manuels d'histoire n'en parlent pas. C'est un pan de l'histoire qui est aussi mystérieux que l'Inde elle-même c'est vous dire. Tellement mystérieux que les quelques rares documents qu'on a pu retrouver étaient dans un tel état (évidemment avec l'humidité!) que l'on a pu que supputer (moi aussi je suppute mais il paraît qu'il n'y a pas de sots métiers) quant à leur véracité et leur origine.

    Alors bon, je vais combler (est-il besoin d'ajouter : "une fois encore"?) vos fossés lacunaires, vos océans de vide, vos précipices d'inculture, vos étendues sauvages d'ignorance congénitale … les mots manquent parfois …

    En 69 après Jean-Claude (pas Van Damme évidemment), et sous la poussée de l'armée, un nouvel Empereur accède au trône. Et pas celui que vous pensez croire, non! Celui de l'Empire romain rien que ça.

    Vous me direz, quand on commence à parler de trône … en 69, ça sent déjà moins la rose …

    Et tout ça ne serait rien s'il ne s'agissait de l'Empereur Vespasien lui-même. Un insignifiant personnage que l'histoire n'aurait même pas du prendre en compte. Imbu de lui-même, dépensier, voire carrément dilapidateur (après tout c'est tellement facile quand on est empereur hein! Une petite taxe par çi pour financer une campagne en Egypte (en hiver de préférence quand on se gèle sur le continent), un petit impôt par là histoire de pouvoir payer quelques babioles à la favorite du moment … on s'en fout c'est l'argent du peuple et il est content (le peuple) quand il voit qu'on utilise si bien ses sesterces), Vespasien était de cette catégorie des empereurs mégalomanes ne reculant devant aucun sacrifice pour arriver à ses fins (toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé serait, bien entendu fortuite).

    Il était même tellement dépensier, Vespasien, qu'un beau jour son grand argentier vint le trouver pour lui dire que les caisses était désespérément vides et qu'il était grand temps de trouver une solution.

    Ne supportant pas ce genre de discours, Vespasien fit alors 2 choses. La première fut de confier le grand argentier au lanista du moment afin qu'il serve de leurre aux rétiaires et aux mirmillons (je viens de relire Astérix gladiateur) puis, une fois attendri, qu'il nourrisse un peu les lions du Colisée.

    D'habitude, on préférait faire ça en public, un jour de fête … (panem et circenses qu'y disaient … ) mais l'argentier, comme nombre de personnels de cette catégorie, était blafard et famélique, ça aurait plutôt dénoté au milieu des martyrs chrétiens qui étaient plutôt enrobés.

    Et puis la deuxième chose, parce qu'il fallait quand même bien se rendre à l'évidence : les caisses étaient réellement vides, ce fut de taxer l'urine.

    (A ce stade de l'histoire, une petite parenthèse s'impose. Parce que bon … après Colin-tampon et torcher (se), vous seriez en droit de dire, a y'est nous y voilà, ils deviennent un peu pipi caca chez Etimau. Et cette remarque ne serait pas dénuée de bon sens s'il n'y avait ici qu'un seul rédacteur et qu'une seule personne qui décide de ce qu'on prend comme définition. Le problème c'est que nous sommes deux, et que nous ne sommes pas pendus au téléphone à nous raconter ce que nous sommes en train d'écrire. Et les choses sont ainsi faites que j'ai commencé à écrire l'Etimaulogie de frontispice bien avant la publication des deux mots précédemment cités … alors je vais pas tout changer maintenant que j'ai presque fini, tant pis pour vous… fin de la parenthèse)

    C'était farce comme idée de mettre une taxe là-dessus (pour ceux qui nous rejoignent seulement, j'ai repris à l'endroit d'avant la parenthèse) parce qu'au final, tout le monde était concerné, surtout les dimanches où il y avait cirque au Colisée.

    Afin de percevoir son juste dû (et pas son duste jus ce qui ne veut strictement rien dire), de manière proportionnelle à la quantité de liquide évacué, Vespasien fit donc construire …? … des ? … Vespasiennes (bravo, je vois qu'il y en a quand même qui suivent mais … j'ai les noms de ceux qui font les cons là bas … oui vous par exemple).

    Le principe était simple : on creusait une grande fosse (suffisamment grande pour accueillir un préposé du service des taxes impériales), au-dessus de laquelle on installait des emplacements individuels (rappelant d'ailleurs un peu la forme des wc publics que nous connaissons encore aujourd'hui). A chaque emplacement, on ménageait un trou au-dessous duquel on suspendait une outre vide.

    Chaque personne qui entrait allait donc se soulager, remplissant l'outre. Le préposé du bas mesurait la quantité recueillie et annonçait le montant de la taxe à un autre préposé (l'ancêtre de la dame pipi en fait) qui était chargé de recouvrer la taxe en question. Il vidait ensuite l'outre dans la rigole raccordée aux égouts de la ville et hop! le tour était joué.

    Evidemment me direz-vous, personne n'était obligé d'utiliser ces nouveaux lieux (qui devaient devenir communs). Sauf que Vespasien, pas fou, faisait payer encore plus cher ceux qui urinaient au-dehors.

    On notera, au passage qu'il y avait beaucoup d'usagers (ça ne veut pas dire qu'ils avaient beaucoup servis hein!), disposant de peu de moyens, demandant parfois à payer en trois fois (sans frais). Cette pratique conduit, plus tard, à rebaptiser les Vespasiennes en : "pissent au tiers". (ça vous en bouche un (p'tit) coin non?)

    Nous voilà bien loin de l'Inde mystérieuse que nous évoquions naguère. Mais j'y revenais, de ce pas allègre qui me mène de droite et de gauche quand la plume m'en prend.

    Ce que l'histoire n'a pas retenu, c'est que Vespasien, contrairement à quelques-uns de ses glorieux homologues, n'était qu'un tout petit conquérant. Se contentant d'une petite invasion de temps en temps, genre 3 semaines de club Méd en Grèce, ou petite expédition pour la récolte du chanvre … vous voyez le genre quoi.

    Il se trouva donc qu'à l'occasion de son anniversaire, son épouse lui offrit un voyage d'exploration en Inde. Il faut comprendre qu'un voyage d'exploration, à l'époque, ça se faisait avec une escorte de six ou sept mille légionnaires et toute la logistique … en gros une bonne dizaine de milliers de personnes quoi.

    Je ne vous raconterai pas le voyage parce que ça resterait une longue histoire un peu ennuyeuse et je m'en voudrais.

    Bref, au bout d'un certain temps, Vespasien arrive en Inde et commence allègrement à visiter le pays. C'était un peu comme une campagne militaire, avec moins de viols et pas la politique de la terre brûlée … les débuts balbutiants du tourisme de masse.

    Evidemment, les indiens (à l'époque on ne les confondait pas encore avec ceux des futures Amériques) n'étaient pas aussi propres que les romains … ils n'avaient même pas encore inventé les égouts (d'ailleurs, si les derniers reportages que j'ai vu sur l'Inde ne datent pas trop, il semblerait bien qu'ils ne les aient toujours pas inventés). Ça ne veut pas dire que les romains étaient propres … simplement, à force de prendre des coups de pilum dans le sacrum pour les forcer à utiliser les Vespasiennes, ils avaient fini par prendre quelques habitudes.

    Les Hindous donc (dont certains étaient des durs, d'ailleurs) accueillirent plutôt bien ce visiteur étrange (et étranger) qui s'enquérait partout des possibilités de développement de son négoce lucratif, songeant même à implanter des latrines dans toutes les villes qu'il traversait.

    Jusqu'au jour où un certain Ashoka, roi en titre local et fin filou s'il en fut, pris contact avec le touriste (qui commençait à devenir envahissant mine de rien (un peu comme les bataves pendant les grandes vacances)) pour lui proposer une association à rentes partagées (50/50 (comme le pâté d'alouette vous savez? C'est moitié-moitié … un cheval … une alouette) sans demander le vote du public). Il lui fit miroiter l'affaire en ces mots : "à Katmandou y pissent partout! Y pissent partout" (vous aurez compris qu'il s'agit là d'une traduction littérale parce que si je vous l'écris en sanscrit vous n'allez rien comprendre). Vous noterez, au passage, que par un curieux retour de l'histoire et quelques 900 ans après environ, cette anecdote refit surface, à une période post soixante-huitarde qui fit les beaux jours de Katmandou avec ce slogan : "A Katmandou … Hippie's partout! Hippie's partout!". Les nouveaux prophètes s'y précipitèrent évidemment, n'ayant aucune idée de l'origine de l'expression … s'ils avaient su!

    Mais revenons à nos mictions.

    Ashoka et Vespasien, comme larrons en foire, lancèrent alors une vaste campagne pacifique de construction de vespasiennes et firent fortune. Ils érigèrent alors un monument à la gloire de leur réussite. Il s'agissait d'un gigantesque palais luxueux autant que luxuriant qui avait la particularité, en façade, d'être constitué d'une gigantesque pissotière avec un étage réservé aux hommes et un étage réservé aux femmes. Au-dessus de la porte d'entrée monumentale étaient écrits ces mots, en lettres d'or gravées dans le marbre noir : "in frontis pisse!". C'était l'opulence … (juste pour l'anecdote, ce monument existe toujours aujourd'hui mais il ne reste plus que l'étage mâle (hu! hu ! hu!).

    Cette association dura quelques années. En fait, jusqu'à ce que les 2 associés commencent à se soupçonner réciproquement d'escroquer l'autre. Si bien qu'en fin de compte, le palais devint rapidement un lieu de tension, puis de prises de becs en tout genre, pour terminer en lieu de pugilat entre les deux protagonistes.

    L'histoire ne retiendra véritablement que la monumentale façade et sa beauté somptueuse … ainsi qu'un mot nouveau.

    Epilogue : Evidemment, la tradition de faire payer le droit d'uriner tomba en désuétude mais l'histoire de Vespasien et d'Ashoka perdurera jusqu'au 19ème siècle.

    C'est ainsi que les colons anglais (ces satanés colons d'anglais) devaient l'apprendre et s'en gausser en transformant la devise par un calembour de plus ou moins bon aloi : "In front is peace" (tout ça parce que "back was war" évidemment ... suivez quoi)

    En tout cas, voilà à nouveau une vérité historique enfin rétablie.

    November 24

    Torcher (se)

     

     

    C’est d’une main unique, tremblante d’émotion mais néanmoins experte que je vous livre ici en exclusivité l’origine du verbe qui anime justement ma deuxième main à l’heure où j’écris ces lignes, en provenance directe de la salle du trône. Que voulez-vous, l’immersion est indispensable pour s’imprégner de la substance même du mot…L’étimaulogie a ses règles, son éthique propre (au moins ça), et il ne sera pas dit que le professeur Brrrrr se dérobe à sa mission d’enseignement sous prétexte de conditions de travail quelque peu particulières au regard du terme dont il est question céans.

    C’est donc bien calé sur mon séant, la plume à la main, le parchemin sur les genoux et l’encrier stratégiquement placé là où j’ai pu, que je vais me livrer à ce difficile exercice, devant vous, qui consiste à vous rendre compte en temps réel du déroulement du papier-cul processus qui donna naissance, un beau jour, à l’expression « se torcher » pour désigner cette action sanitaire et salutaire que nous pratiquons tous et toutes, avec simplement quelques variations de fréquence. Ce qui n’altère en rien la validité d’un raisonnement qui  vous laissera, sans nul doute mais vous vous en doutez bien quand même un peu, sur le cul. D’ailleurs j’y suis déjà moi-même, je vous l’ai déjà dit et vous feriez mieux d’en faire autant. Prenez place, installez-vous à votre aise, pas de chichis (ou alors avec quelques ocatarinettabellas pour aller avec), il y a de la place pour tout le monde dans les toilettes d’Etimaulogis.

    Je vous préviens seulement que par plusieurs fois, je vais essayer de vous faire chier, mais c’est uniquement pour les besoins de la démonstration. N’en prenez donc pas ombrage, la démarche est scientifiquement chiantifique.

    Ça y est ? Vous êtes en place ? On ne bouge plus, le petit oiseau est sorti. Vous êtes au sein  votre alma mater bien aimée, en cours d’étimaulogie, 3e année, dans l’Amphi Gouri (qui ressemble étrangement à une rangée de chiottes d’école maternelle, mais bon, on n’est plus à ça près)… Imaginez.

     

    Imaginez un moment…imaginez le moment…imaginez le moment où pour la première fois, un homme (et plus certainement, à mon sens, une femme) eut l’idée d’essuyer le reliquat de matière fécale qui lui pendait au sacrum. Temps Modernes ? Renaissance ? Moyen-Age ? Antiquité ? Non, plus loin, encore plus loin…

    La pratique naquit juste après le néolithique, autrement dit suite à l’âge de la pierre polie, ainsi dénommée comme chacun le sait en raison de l’extrême courtoisie qu’elle a mis à céder avantageusement la place à l’âge du cul ivre. L’âge du cul ivre oui, vous lisez bien, honteusement transformé en cuivre par quelques enseignants pudibonds qui se sont évertués à montrer l’émergence de la ferronnerie pour justifier l’appellation « âge de cuivre » auprès des petits enfants, que vous n’êtes plus (trop) et auxquels en conséquence il n’y a plus aucune raison de cacher la vérité plus longtemps : l’âge du cul ivre est bien cet âge d’or (et non pas de cuivre, vous voyez bien), où avant tout embrigadement religieux mais après la découverte de quelques accessoires fort utiles au plaisir (dessous coquins en peau de panthère, jouets intimes en défense d’y voir, etc), l’Homme et la Femme pouvaient s’ébattre librement dans la nature, ivres de cul à la manière des Bonobos (NdlA : le chanteur de U2, même si vous le trouvez mignon, refuse catégoriquement jusqu’à l’idée de cette hérédité, allez savoir pourquoi). La quique et la fouffe à l’air sans tabou (ni pictionary pour les dessiner), à faire rêver debout l’ami Jean-Jacques (Rousseau, pas Debout)…L’Eden, quoi…Aucune contrainte morale, l’acception totale de l’état animal. Mieux : la conscience d’en être un, et subséquemment, le plus intelligent d’entre eux. Souvent, je me demande ce qui a pu se passer pour que l’espèce humaine renonçât à cet état de grâce et de bonheur simple, où l’idée même de se torcher n’existait pas et ne serait venue, en temps normal,  à King-Kong quiconque dans cette espèce humaine naissante et descendante du singe qu’était alors l’Homo Sapiens Sapiens.

    Vous rétorquerez certainement, et vous aurez raison, que votre chat recouvre ses excréments dans sa litière, que votre chien manifestement très con gratte des pattes arrière après chaque posage de pêche pour évacuer ou recouvrir la belle pyramide fumante qu’il vient de déposer et s’en fout -à votre grand désespoir-  plein les poils et jusqu’entre les coussinets. Certes. Mais je soutiens que c’est un comportement qui est exactement à l’opposé du nôtre : c’est là une revendication de la présence de l’animal sur le lieu de la défécation que de mêler l’excrément de façon durable à la terre, alors que nous, pauvres cloches, tentons par tous les moyens de chasser cet odorant souvenir d’une digestion bien achevée, signe de notre toute puissance et de notre bonne santé pour qui voudrait l’analyser en détail afin de  savoir à qui il a affaire sur le territoire qu’il empiète allégrement. Imaginez par exemple un ours venant renifler votre crotte… « Ouh là punaise, il (ou elle) a mangé du cerf à midi, et aux airelles en plus, alors que c’est pas du tout  la saison…et…hum…snif…snif…et…non ??? Du cresson alénois en pleine saison de gel des ruisseaux ? Impressionnant, je me casse vite fait, trop fort(e) pour moi !! »

    Et voilà, si vous aviez laissé votre dépôt bien en évidence plutôt que de le noyer en cachette sous 25 litres d’eau, vous n’auriez pas ce plantigrade à vos trousses à l’heure qu’il est, et démerdez-vous (c’est le cas de le dire) pour vous en débarrasser, c’est votre problème et je vous ai prévenu que j’allais vous faire chier.

    Mais revenons à nos croupions…L’apparition de la pratique de l’essuyage systématique de l’arrière-train (le torchage n’existe pas, comme quoi c’est bien n’importe quoi comme habitude) coïncide donc avec le moment où l’Homme eut honte de son caca et voulut le faire disparaître sitôt sorti de ses entrailles, avec autant de culpabilité qu’une Pygmée qui aurait accouché d’un enfant blanc dans ce village d’Afrique Centrale où l’unique missionnaire européen porte croix et soutane…Mais pourquoi, me direz-vous ? (La honte de la selle, pas de l’accouchement). Parce que, vous rétorquerai-je du haut de ma superbe et de ma chaise percée, parce que voilà le caca ça ne sent pas la rose, même si on s’est empiffré un rosier entier, de l’épine à la racine. Je vais dire un gros mot, mais voilà : c’est une pratique sociale, liée à la classification des odeurs en terme de plaisir/déplaisir. Un chien, même très con, ne trouve pas qu’une merde pue, sinon il ne passerait pas cinq minutes à la renifler. Une vache ne s’embête pas à vérifier qu’elle n’est pas en train de marcher dans la bouse monumentale qu’elle vient de lâcher à terre, et le sanglier bat un record d’ignominie en se roulant dans la fange mêlée d’excréments qui lui sert d’antiparasite naturel. Nous, si, nous allons faire bien attention à tout ça, au risque de se voir considérer comme persona non grata dans n’importe quelle réunion d’homo sapiens sapiens. Imaginez la première fois où un caca sentit mauvais au nez d’un être humain, alors que jusque là on se fichait pas mal de piétiner dans la m…et même, ça portait  bonheur si c’était du pied gauche et nu de préférence…Imaginez que vous êtes cet être humain (ça fait chier, je sais, de rétrograder ainsi, mais j’ai prévenu, et puis on est en TD, allez hop, exécution !!)

     

    Imaginez donc que vous vous pointez un beau matin, tout « cul ivre » que vous êtes, juste à l’heure de servir le petit déj’ à votre chéri(e), avec la légéreté et la bonne humeur de la gazelle ou du springbok (c’est selon) qui vient de se délester des restes organithiques de la  bouffe sympathique au restolithique de la veille, non digérés par votre estomac pendant la nuit(hique, si vous voulez)…Et une de ces envies de remettre le couvert après une nuit fortement érotique (sans h , pas besoin)…Imaginez que forcément vous ne vous êtes pas essuyé le derrière puisque forcément c’est vous qui allez dans quelques instants être à l’origine de cet acte incongru jusqu’alors mais universellithiquement mis en pratique depuis.. Imaginez aussi que vous marchez dans la grotte, à l’aveuglette, à la recherche de l’interrupteur qui lui non plus n’a pas encore été inventé. Forcément, dans l’obscurité vous marchez aussi dans la crotte…Imaginez que vous posez dans le noir le plateau granitique (sans h, ben quoi, pas de h au ptidéj, normal…faut pas charrier non ?) empli du produit de votre chasse matinale sur la couche de fourrure non synthétique qui sert de lit d’amour à votre couple idyllithique. Imaginez enfin que d’humeur chafouine en ce petit matin, vous vous avisez de rallumer la flamme du souvenir de ce repas romantique (sans h non plus, donc) de la veille, par la libération du plus beau pet qui soit (et pas « qui noie »), à la manière d’un ultime et vibrant  hommage rendu à ce délcicieux ragôut de ragondin au raifort rémoulade,  juste au moment où Chéri(e) de son côté  décide d’illuminer  la caverne à l’aide de son zipposilex préféré…Et vous voilà transformé en bec de gaz humain, en torche vivante et bondissante de douleur aux quatre coins de la grotte…Purement et simplement…. « torché » !!! Et dans la seconde qui suit, vous hallucinez en regardant Chéri (e) qui se barre avec la bidoche pour éviter qu’elle ne carbonise (et qui donc, pour la première fois aussi, vient de  « tirer la chasse »…)…

    Forcément, suite à cette mésaventure à la fin moyennement heureuse (un trou d’eau qui passait par là eut le bonheur de recevoir votre fondement (et ce fut l’invention du premier bidet, ben oui c’est comme ça)) vous avez forcément pensé que vous avez merdé quelque part pour recevoir une si cruelle et cuisante punition de la part de Chéri(e). Votre esprit aussi vif que post-néolithique conclut dès lors que la cause directe de l’inflammation de votre popotin rustique (sans h, vi, ça va, à la fin…) mais malgré tout fragile ne peut être autre que la surabondance de gaz à cet endroit, ce qui vous mène à ne plus vouloir retenter l’expérience. Vous « torcher » vous-même dorénavant, c'est-à-dire à vous nettoyer le fondement de façon aussi efficace que si vous vous flambiez le fion au chalumeau semble le moyen le plus sûr pour supprimer cette odeur prenante et pénalisante (il semblerait que l’âcre ôte au cul, en quelque sorte, pour résumer) . Dans le but fort simple et louable de  ne pas déplaire à Chéri(e) en vous pointant à sa rencontre un peu trop chargé d’effluves intestinales désormais jugées mauvaises, en même temps que des intentions les plus câlines à son égard…

    Pendant des siècles donc, l’homme se « torcha », au sens propre…Mais pas si souvent que nous, du moins on suppose que c’était juste pour les occasions liées à l’accouplement, une genre de feu purificateur pour apparaître débarrassé des odeurs qui avaient été néfastes à l’épanouissement du couple, comme ce fut le cas en ce matin mémorable…Dans le doute, il se cramait aussi sous les bras parce que bon, pas toujours au top non plus niveau fraîcheur de vivre…Imaginez aussi que dans cette région de notre anatomie ce fut la dépilation totale pendant des millénaires…au fil du temps l’homme (et la femme aussi) perdit du poil de la bête en le devenant de moins en moins (bête)…se torcha de façon symbolique et nettement plus agréable avec n’importe quel surface souple à même de le débarrasser du surplus organique que vous savez, …regagna donc du poil, à cet endroit-là où le feu n’intervenait plus (poil au cul, oui, tout à fait), ce qui explique pourquoi il ne nous en reste aujourd’hui que là où ça a repoussé plus dru qu’avant…Petit à petit, les odeurs corporelles devinrent indésirables, et l’homme eut la volonté de se « laver »…(bien sûr que le mot est directement emprunté à la lave des volcans, mais oui tout à fait, par analogie avec le feu purificateur de la torche, bravo les 3e année…)

    L’expression « se torcher » demeure encore aujourd’hui, à l’heure de cette merveilleuse épaisseur triple parfumée à la violette qu’on nous vante à la télé juste au moment du repas…Et si je vous ai fait un peu chier, c’est la seule façon que j’ai trouvé pour pouvoir torcher ce cours magistral en votre compagnie. Merci d’être venus en si grand nombre dans les toilettes d’Etimaulogis, c’était vraiment une grosse commission...

     

    Amis de la colère, partisans d’ire, au revoir.

     

     

    July 28

    Colin-tampon (s'en soucier comme de)

     
     

    Je m’en bats l’œil, je m’en tamponne le coquillard…Voilà pour le sens de « se soucier de quelque chose comme de colin-tampon »…Au quai, au quai, mais on ne va pas pour autant garder ce mot indéfiniment en gare, parce qu’ici on aime les mots, on ne s’en fiche pas, mais alors pas du tout.

    Du coup j’ai remis mon bandana d’anar de pirate sur mon crâne lisse et luisant, en cette heure matinale, pour extirper pour votre plus grand plaisir l’essence même de cette expression imagée. Ce qui m’a conduit à quelques recherches fructueuses dans notre TGB à nous ( Très Grande Bibliothèque, vi)…

    Premier constat : la langue française est a priori (je dis bien a priori, ça se gâtera sans doute plus tard) et pour une fois moins fleurie que l’espagnole (avec un e, oui, parce que j’ai mis la langue avant) : nos amis ibères disent en effet « me la suda la polla », soit crûment de ce côté-ci des pires aînés : « j’en transpire de la bite »….(silence gêné de votre part, vi…pour moi aussi, mais après tout ce sont eux que ça regarde, et quand je dis « ça » je parle de leur trivialité, pas de leur appendice caudal dégoulinant de sueur…)

    Je peine un peu à imaginer comment ne pas se soucier de quelque chose conduirait à un excès sudoral intracalbutesque, surtout que pour tout vous dire je suis sujet depuis quelques semaines à des suées nocturnes dont je me passerais bien volontiers vu qu’elles inquiètent ma toubib qui ne s’en soucie pas, elle, justement, comme de colin-tampon, de ma santé…A moins que…

    A moins que la vérité ne se trouve, là, tout bêtement (dans mon shorty de nuit, vi)…Se pourrait-il que je me soucie si peu de maintes choses -dont je tairai la liste ici- qu’il en résulte une évacuation de ces menus tracas dans une salvatrice et purificatrice suée ? Pas impossible, c’est là le principe du refoulement (et hum oui, effectivement, ça refoule un peu grave au matin, du coup, je dois le dire, une telle sudacion de la polla…)

    Soit. Voilà pour la probable origine de l’expression espagnole, mais quid de la française (d’expression) pour laquelle vous êtes venus céans ?

    Notre belle langue, on nous le reproche assez souvent, est hélas, malheureusement et à la  fois de façon très dommageable, relativement machiste (il n’y a qu’à, pour s’en convaincre, écouter un titre de Fatal Bazooka alias Mickael Youn pour s’en convaincre, je vous donnerai les références sur demande).

    Or il s’avère que pour une fois, hé ben non. C’est bien, hein ? Hé ben non quoi, vous dites-vous certainement. Hé ben non surenchérirai-je, (oh c’est léger comme style, vraiment, pfff…) : pas toujours. Mais pas toujours quoi, vous entends-je hurler hystériquement (barbarisme, ce mot n’existe pas, n’hésitez pas à me reprendre, mais je m’en soucie comme de colin-tampon). Pas toujours macho, le français. J’explique ? J’explique.

    Nous avons vu dans ma brillante introduction qu’un Espagnol qui n’en a rien à secouer se met aussitôt et curieusement à transpirer de la bite (et que du coup certainement il est amené, paradoxe allemand, à la secouer, l’Espagnol (sa bite)). Si, ne faites pas l’étonné(e), vous venez de le lire et on est sérieux ici, on ne badine pas plus avec la quéquette outrepyrénéenne qu’avec la nôtre propre (tant qu’à faire). Donc pourquoi eux et pas nous, serais-je tenté d’avancer…ce qui me ramène à mon explication médicale de tout à l’heure, mâtinée de neuropsychologie mais de nuit, et ça semble tenir debout (l’explication, pas la bite, suivez un peu, bon sang).

    Aussi, pendant longtemps, on ne s’est pas trop foulé, et on a traduit et emprunté l’expression « me la suda la polla » pour signifier son dédain pour un quelconque sujet. Exemple ? D’ac.

     

    « Tu savais que Paris Hilton était la fille d’un hôtelier ?

    -J’en transpire de la bite. »

     

    Probant, non ?

    Voilà, c’est donc acquis (du français acquérir) et la verité esta aqui (de l’espagnol ici). Mais, me direz-vous et vous aurez raison, étant donné que vous lecteurs êtes en majorité lectrices : comment qu’on fait-on quand on se soucie peu de quelque chose et qu’on n’a même pas de bite pour transpirer ladite chose dont on se soucie peu, étant donné qu’on est une femme digne de ce nom et en conséquence dépourvue d’organe externe apparent sorti à la moindre occasion pour faire rigoler les copains ou faire des concours à qui pisse le plus loin ? Hein ?

    Hé ben voilà, c’est là où je voulais en venir : pour une fois le français a pensé à vous, mesdames. Le français a décidé que décemment il ne pourrait suer du zigouigoui pour s’en battre les couilles au cas où  il n’en aurait pas (de couilles). En un mot si le français qui s’en pète (ça va intéresser Val, ça…) est une française, que doit-on dire en ce cas ?

    J’aime autant vous dire que le français s’est creusé pour plaire à sa gente dame sans toutefois perdre son identité mâle…Trouver une expression pareille sans en enlever le jus, la saveur, fallait croire au père Noël ou à son acolyte lorrain, le bon Saint-Nicolas pour qu’il fasse un miracle.

    Si. Hé ben si il l’a fait. « Se soucier de quelque chose comme de colin-tampon » est une expression d’origine lorraine (et nananère, vous imaginez ma joie quand j’ai découvert ce dont je vais vous faire part, arrêtez de saliver ça m’exc…use un peu de faire traîner en longueur mais c’est la joie de vous retrouver !!).

    Je vous raconte. Le grand saint patron des lorrains vient nous visiter tous les ans le 6 décembre (ça tombe bien, parce que c’est sa fête, ça arrange tout le monde, on se dit « tiens c’est la Saint-Nicolas » et du coup on pense à sa venue, c’est très pratique), et du coup vous pensez bien qu’on ne se gêne pas beaucoup pour lui demander des mirac’ à not’saint, on est ses chouchous et on n’a aucune raison de se gêner avec lui, d’autant plus qu’on lui offre la gnôle de mirabelle dans chaque maison qu’il visite, ce qui fait que si par coup de bol il vient dans ta maison sur le tard, tu peux lui demander n’importe quoi, il le fera en se fendant la pipe d’un air goguenard. Hé ben c’est ce qu’on a fait : on lui a demandé, au bon vieux, comment que les filles de chez nous et d’ailleurs mais en France quand même et un peu en Belgique et au Québec et partout ousqu’on parle not’ langue, pourraient dire qu’elles en transpirent de la bite vu qu’elles n’en ont pas ?

    Là, le gars Nicolas, il a ri, mais alors fallait voir…Un bon gros macrorire de HOHOHO comme son pote Noël, mais puissance douze…Et, comme il aime le faire lors de sa distribution de sucres d’orge aux petits enfants sages, il s’est mis à balancer par poignées entières, non pas des sucreries, mais bel et bien de ces petits machins oblongs que vous mesdames vous collez dans l’orifice qui est en quelque sorte le négatif de notre proéminence à nous (proéminence, c’est pas l’évêque de Myrrhe hein, ne mélangez pas tout non plus, je sais que c’est un vrai pro notre Colas à nous, mais quand même…).

     

    En un mot, des tampons, oui, voilà ce que l’ami Colin (on dit comme ça, de façon affectueuse, dans nos campagnes, pour Nicolas…) a jeté à la foule en liesse, pour satisfaire toutes ces dames auxquelles manquait le fameux accessoire qui pourrait leur permettre de se moquer des petits tracas quotidiens…

    Véritable tampon lorrain d'époque. Depuis on a évolué....

     

    T'as pas l'air de me croire, et pourtant, si, agad...officiel, je te dis...

     

     

     

    Evidemment, l'usage du "tampon de Colin" s’est rapidement propagé, vu que c’est très pratique il faut l’avouer, pour absorber les surplus de production vaginale de tout ce que vous voudrez...Je ne suis pas assez femme pour vous dire si on oublie facilement la présence de ce corps étranger dans son intimité profonde…

     

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    Forcément, les Espagnoles s'y sont mises aussi...

     

     

    Mais retenez donc que c’est bien, à l'origine, pour les épanchements de sueur que notre saint-Nicolas a créé cet artifice et depuis, bien des dames de France et de Navarre l'utilisent et peuvent se soucier une fois dans le mois comme de colin-tampon des gênes dues à leur si belle, merveilleuse  et mystérieuse nature de femme (j’en fais trop, mon ami Brrrrr ? Ok je conclus, t’as raison, on en transpire un peu d’la bite, de leurs….rhaaaaagnagnaaaaa !!!)

     

    Arbre de Noël traditionnel en Lorraine 

     

    Je terminerai ce brillant exposé par un petit bonus comme on les aime : le jeu de cache-tampon trouve évidemment son origine dans ma belle région, étant donné que les gars lorrains, très joueurs, se sont empressés de planquer lesdits accessoires offerts par Saint-Nic’ rien que pour embêter leurs compagnes. Saint-Nicolas  s’amusa fort de la scène, comme on l’imagine, à voir tous ces beaux postérieurs féminins penchés un peu partout en quête de tampons salvateurs, et il a corsé l’affaire en imposant aux gars d’aider les filles….Mais les yeux bandés, pour compliquer un peu, sinon pas drôle, vu que ce sont eux qui les ont cachés…Comme c’était bien fendard il faut l’avouer, nos voisins Belges, Alsaciens, et Suisses, jamais en reste de gaudriole, ont vite repris le jeu complétement maillé du bon Saint-Nicolas….Mailler ? C’est un peu du suisse, justement, ça veut dire fausser, tordre…Enfin bon, c’est ainsi que les Lorrains ont inventé colin-tampon, cache-tampon, et colin-maillard en une seule journée !!!

     

     

     

    Amateurs de colère, partisans d’ire, au revoir…

     

    Grrrrrrrrr

     

     

    Ah...Dernière minute...La TGB vient de me fournir une autre piste de recherche pour l'origine de colin-tampon. Je  vous la livre: il s'agirait de la contraction de "je m'en soucie comme de coller un tampon", suite à une scène de ce genre là, où le type n'a pas l'air spécialement concerné...

     

     

     

    C'est apparemment aussi la version de Paris Hilton, qui n'a pas encore compris dans quel orifice il fallait se le coller..

     

     

     

    June 09

    Glamour

    Aujourd'hui est un jour particulier dans la vie de ce blog, il fallait donc bien, quand même, marquer l'événement par quelque chose.
    Oui je sais ... le dernier billet remonte au mois de Janvier
    Oui je sais ... Elle ... ce n'est pas sérieux
    Oui je sais ...
     
    Mais vous? ... savez-vous bien ce que ça représente de peine et de temps d'écrire autant de bêtises? Hein?
     
    Faut déjà trouver un mot
    Et puis avoir l'idée de ce qu'on va mettre derrière
    Et puis il faut avoir le temps de l'écrire ...
     
    Et il se trouve que ça ... ces derniers temps ... est devenu un bien trop précieux. De sorte que nous n'avons, ni Grrrrr, ni votre serviteur, pu en trouver suffisamment pour "pondre" la moindre définition.
     
    N'y voyez pas là une excuse malhabile ... c'est juste un constat ... que vous le vouliez ou non.
     
    Cependant, il faut bien considérer que vous fûtes, amies et amis visiteurs, plus assidus que nous ... puisqu'aujourd'hui ... le 10000ème visiteur a franchi le seuil de ce blog.
     
    Au fil des jours, nous en avons vu défiler certes, souvent suite à des recherches (fructueuses?), sur des mots parfois pas évidents, qui les conduisaient fortuitement ici. J'en ai vu un, une fois, qui avait fait une recherche sur Kalaallisut , d'autres qui cherchaient des renseignements sur Spanioménorrhée ... les exemples ne manquent pas. J'imagine leur tête, ou leur déconvenue, à la découverte de nos articles tous plus faribolants les uns que les autres et de nos récits, si foireusement épiques.
     
    Nous ne saurons probablement jamais s'ils ont pris la peine de rester jusqu'au bout de la lecture ou s'ils ont pris la poudre d'escampette en "moins de jouge". Toujours est-il que rares sont ceux qui ont laissé un commentaire (ce qui est dommage au fond car on ne saura jamais). Nous ne leur en voulons nullement d'ailleurs ... c'est le jeu, le blog est ouvert à tous les vents, y compris les plus volatiles (n'oublions pas que pour nous amateurs de contrepet ... ce n'est pas sans raison).
     
    Mais ... revenons à nos préoccupations du jour : glamour
     
    Glamour n'a pas, en soi, de particularité linguistique. Le mot lui-même est déjà un néologisme apparu très récemment dans le langage courant. Il est un peu comme stakhanovisme, on l'utilise en ayant une vague idée de ce que ça veut dire mais sans en connaître réellement la véritable définition, risquant, du coup, le contre-emploi.
     
    Vous allez me dire que c'est un mot bien triste pour fêter un 10000ème visiteur. Certes!
     
    Mais il m'a littéralement sauté dessus alors ... on refuse jamais ce genre de sollicitation ... et toc!
     
    Glamour donc, désigne à la fois un style de vie et une façon d'être qui, curieusement, font la fortune des chirurgiens esthétiques et des créateurs de mode.
     
    Aussi bizarre que cela puisse paraître, cette sophistication même est à l'origine de la création du mot par un grand designer (il mesurait 1,90m quand même ...) visionnaire (ce qui est un pléonasme en soi) qui vit dans le développement, non seulement pulmonaire, du mouvement ... l'idée que cela sonnait, en plus du creux, le glas de l'amour ...
     
    Réfléchissez bien ... il me semble que ce n'est pas loin d'arriver ...
    January 14

    Cocu

    Vous avez pu lire dans ces lignes ce qui avait été à l'origine de l'attribution de la couleur jaune comme symbole de cette catégorie de personnes qui, comme le disaient les chansonniers du temps, si elles avaient eu des clochettes auraient fait tant de chahut qu'on ne se serait plus entendus (et bonjour la syntaxe :o).
     
    Mais si, mais si, faites un petit effort ... parenthèse ... les chercheurs d'or ... Veine ... je vais pas vous le refaire ici vous n'avez qu'à relire ...
     
    Bref ... on en arrivait à la conclusion que le jaune était la couleur des cocus ...
     
    Mais d'où peut donc bien provenir ce nom si charmant? Hein?
     
    Tout simplement d'un pêcheur dont le nom a si peu d'importance que l'histoire ne l'a même pas retenu ...
     
    Un jour, le sus-dit revenant de la pêche aux moules (qui est très astreignante il faut bien le dire) s'effondra littéralement dans le fauteuil du salon en s'exclamant : "aaahhh! je suis moulu".
     
    Le lendemain, alors qu'il partait à la pêche aux coques ... sa femme le trompait pour la première fois ...
     
    C'est chié non?
    December 24

    Spanioménorrhée (en exclusivité mondiale)

    A l'heure de publier ces lignes, un doute m'habite (oui je sais ... on a l'air de se répéter mais là ... vous verrez à quel point c'est vrai).

    Vous allez bientôt (enfin, dès que vous aurez englouti ces quelques lignes), découvrir l'étimaulogie d'un mot venu d'ailleurs : "Spanioménorrhée". Cela fait maintenant un certain temps qu'il traîne dans la "gare des mots" je vous l'accorde. Mais nous avions décidé, dès l'origine, de le rédiger avec l'ensemble des trois rédacteurs de ce blog (pour ceux qui arriveraient tout juste je vous rappelle qu'il s'agit de Plum's, Grrrrr et Brrrrr, tous trois étimaulogistes désagrégés de la faculté de la "Sort Bonne") en utilisant le postulat suivant : le texte fait 2 tours complets, chacun complétant le texte lui venant de son prédécesseur avec pour seule consigne : "on peut rajouter du texte n'importe où mais on n'a pas le droit de supprimer du texte déjà écrit.

    Et il nous a fallu beaucoup de temps pour venir à bout de cet exercice ... même si Plum's a (lâchement?) et selon ses propres dires abandonné notre petit chemin qui sentait la ... (ça rime avec noisette mais c'est plus ... enfin vous voyez bien) pour sauter allègrement son tour.

    Mais aujourd'hui, devant vos yeux ébahis, va maintenant se dérouler l'aventure la plus incroyable (jusqu'à maintenant) de ce blog. Le fruit (plus ou moins blet) de nos cogitations (ergo summus) respectives. Chacun y est allé de son écot, bravement ... et la publication de ce texte sera faite de même : bravement.

    Dernier avertissement ... certaines images sont susceptibles de choquer la sensibilité de nos jeunes lecteurs ... il n'est donc pas recommandé de mettre ce texte en toutes les mains, fussent-elles expertes.

    Spanioménorrhée donc .... c'est parti. Et croyez -moi ... ce n'est pas forcément un conte de Noël.

    Ce mot, on ne le prononce pas. Non, généralement les gens sont pris de bégaiement soudain (genre : spanioméno quoi?), avec de drôles de rictus labiaux, voir les yeux qui louchent légèrement. C'est sans doute la concentration qui fait ça. Regardez un musicien par exemple, quand il joue un truc dur... Je suis bien placé pour le savoir, ça fait plus de dix ans que je grimace ainsi au dessus de mon clavier. (C'est pour ça que les pianos des concertistes brillent autant, c'est pour que les dits artistes qui s'escriment dessus puisse se reprendre un peu de temps à autre. Ils ne sont déjà plus très présentables au bout d'un quart d'heure de jeu à suer comme un Inuit en plein Sahara, alors avec en sus la tronche de Lady Di juste avant l'pylone non, là je dis non.) Bref, prononcer correctement ce mot en une seule fois, c'est déjà une victoire en soi. Mais passé ce cap difficile, on reste sur sa faim. C'est comme grimper en haut d'une échelle plantée dans le sol et qui ne donne donc sur rien. C'est totalement idiot. (Pas plus que le fait de planter une échelle remarquez, mais on est plus à ça près chez étimau.) Bref, après s'être reposé la langue, si fatiguée d'avoir tant fourché, les neurones se contactent (ce qui arrive rarement chez certains, mais on ne peut résister à un tel stimulus) pour se renseigner sur le sens de cet amas de syllabes prononcé à l'instant. Encore faut-il qu'il vous reste quelques neurones rescapés, mais je vous fais confiance, en tant que lecteur régulier de cet espace vous faites partie de la crème de notre espèce. Je vais donc tenter de vous rapporter les échanges interneuronaux en vulgarisant un minimum les termes employés.

    -Fiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiizzzzzz !!! Synapse 4-85P-003, contact au 0-7-3 rapport détaillé de requête en provenance directe du fond du cerveau, à droite. (Là, c'est quand même super vulgaire. Vulgarisé je veux dire.)

    -Fiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiizzzzzz !!! Requête acceptée, envoi direct au service traduction par transport PTT (Péri Thalamus Transit)

    -Sir! Yes Sir !!! (Rajout personnel du plus bel effet.)

    -Fiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiizzzzzz !!! Lecture corps message. Stop. Titre: "Spanioménorrhée". Stop. Subject: "Ouatezefeuk ?!!!" Stop. Corps du message: Neurone n° 58963216458, surnom "Kasp !!", demande au neurone n°2549871234, surnom "A trois !!", s'il n'aurait pas une vague idée du sens du mot sus titré. Stop. Ps: Déjà demandé aux neurones surnommés "Pat' ", "Ah! Hein?!", "Canne" et "Art", 4 réponses obtenues. Négatives.

    Stop. End Of Transmission.

    Evidement, aucun neurone n'a de réponse à apporter et le message fait le tour du cerveau toujours par PTT. 

    C'est donc à l'unanimité que l'ensemble des neurones décide de faire appel aux deux jambes puis aux bras pour se saisir de Robert, par la force si c'est nécessaire. (Beh oui, dans une bibliothèque  il n'y a pas forcément 50 000 Roberts, il faut donc parfois se l'arracher. "S'arracher un robert" (à noter que l'expression vient des fières z'amazones qui se l'arrachait pour de vrai ... elles), c'est une belle expression de linguiste amateur ça.)

    Une fois les deux yeux correctement alignés, le regard vient doucement se poser sur la page où trône fièrement cette bizarrerie vocabularistique, cette ovni du langage, que dis-je, ce fatras onomatopabscontesque digne d'un Berbère tentant d'apprendre le Kalaallisut. ( Rapport à l'échange culturel bilatéral évoqué à propos des pianistes. Et pour info cette branche de l'Inuit, le Kalaallisut, est parlée au Groenland. Pour ceux qui n'ont jamais entendu d'Inuit en rogne, prenez la "Boots fourrure" de 2m30 nommée Chewbacca dans la célèbre trilogie Starwars, ça vous donnera une idée. Tirez lui un poil de c.. et vous aurez l'équivalent d'une Mimie Mathy   en rut... ) Et là c'est la révélation, l'illumination. Puis, tout de suite après, une nouvelle question. Une question de bon sens.

    "Mais comment a t-on pu inventer un nom aussi... aussi... (c'est idiot, d'avoir les mots qui nous manquent alors qu'on tient encore le dico à la main hein?) un nom pareil (vous pouvez laisser vos suggestions en comm' sur ce point de vocabulaire) pour désigner un truc simple comme ça ?!!"

    "Allongement progressif de l'intervalle qui sépare les règles."

    Et là, je dois dire, qu'en tant qu'utilisateur patenté (mais tenté néanmoins) de règles en tous genres, une seule explication plausible me vint : c'est comme ça qu'on fait pour donner du relief et de l'ombrage (qui en aurait pris pour l'occasion) à un dessin. On trace des traits serrés au début et puis ... petit à petit, on les espace pour dire que c'est plus exposé à la lumière. Du coup ... spanioménorrhée m'apparaissait aussi clair que de l'eau de roche. Erreur grave ...

    Parce que ... "simple", c'est aller vite en besogne quand on touche à un aspect du féminin. Oui parce qu'il s'agit de ces règles là. Le truc qui rend parfois les femmes un peu gronchon. (Simple contraction de grognon et ronchon, admettez que ça donne une très bonne image de la chose. Euh du phénomène pardon. Je vais me retrouver avec les ni péripatéticiennes ni moniales aux basques. Quoi les Basques ?!!! Oh ça va, vous n'allez réussir qu'à me les foutre en pelote, et je pèse mes mots. On ne peut jamais rien dire sans se retrouver avec une minorité sur le dos en ce bas monde... )

    Mais bon, tout de même, pour en revenir à ce qui nous intéresse,  on aurait très bien pu appeler ce phénomène simplement "Allongement progressif de l'intervalle qui sépare les règles." Ou "Répit supplémentaire." (cris, conspuation, culottes volantes...)  Ben non, me direz-vous,  fidèles à eux-même ces messieurs de la médecine, incurables (un comble) fanatiques du scrabble (à la recherche du graal lexical), ont encore décidé d'assembler un gros tas de lettres pour en sortir un mot nouveau, totalement snob puisque seuls les initiés peuvent le comprendre.

    Et bien non, pour une fois le corps médical n'est pas en cause. Je vois d'ici votre déception, vous qui vous apprêtiez à vous délecter de cette mise au pilori du verbiage thérapeutique. Croyez bien que j'en ai été frustré, autant que vous sinon plus, mais il faut bien se rendre à l'évidence.(... Mais non... Allez, baissez les bras vous avez l'air ridicule comme ça.) Il faut remonter loin dans l'histoire en réalité, et très étrangement l'inventeur du mot était... une femme. Elle s'appellait Ispany Monrrhoë (prononcez "ohé" pour la fin du nom) et apportait une touche de douceur dans ce monde de Bruttiens. Tous ceux qui pensent que je viens de commettre un attentat orthographique digne du président des younailletiidstaïtsse vont dans les lignes qui suivent bouffer leur clavier avec les touches montées en sauce. Parce que les Bruttiens, ils ont vraiment existé, en Italie, dans l'Antiquité. Plus précisément à l'extrême Sud du cap, que dis-je, du cap, (et pic quoi encore?!) de la péninsule italique. Les dates sont très difficiles à déterminer, cette pacifique peuplade n'ayant pas daigné graver la moindre stèle pour dire "En ce jour de telle année, nous Bruttiens, nous déclarons être apparus sur cette terre pour le meilleur et pour le pire. Mais surtout pour le pire hin hin hin..." Et en ce qui concerne leur disparition, le dernier d'entre eux n'a visiblement pas eu non plus la présence d'esprit de laisser la moindre trace de son extinction.

    " Avec leur haches et flemme, c'est vous dire c'qu'ils étaient blêmes!" aurait dit Renaud.

    Cette charmante peuplade accueillait quelques bons, un certain nombre de truands, et étonnamment beaucoup de brutes, tiens.

    En dehors de la rapine et autre distributions gratuites de gnons sur champs de bataille courtois, les Bruttiens s'occupaient surtout de besogner hardiment leurs légitimes épouses et illégitimes maîtresses à coup de démonte-pneus en tout temps qu’à mon avis (ah ben non il est mort Toutankhamon...) ils devaient les épuiser tant leur endurance plumardesque était légendaire dans la péninsule à la botte...

    Ispany Monrrhoë ne faisait pas exception à la règle (au singulier pour l’instant, oui oui, ce n’est qu’après qu’elle fera exception aux règles, c’est malin comme remarque de votre part, tiens!!) et passait donc régulièrement à la casserole et en bonne brutienne elle feulait “Oh oui wiiii...Willis!!! Oh oui, lisse!!” (Willis c’était donc le Bruttien qui l’avait à la bonne, l’ancêtre de qui vous voyez avec votre sixième sens...)

    Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles (pas trop le choix de toute façon, on n’avait pas encore découvert le nouveau...), jusqu’au soir où le Bruttien Willis rentra avec du sang plein sa belle gueule, comme s’il venait de sauver la planète au péril de sa vie, un truc inimaginable, totalement irréaliste et hollywoodien qui fait craquer les filles...tu parles, il venait juste de se frotter auprès de quelques congénères, et son arcade sourcilière avait éclaté, pas de quoi fouetter un chat, on va te plaindre, tiens...

    Ben justement c’est ce qu’a fait Ispany en le voyant dans cet état, elle n’a pas pu s’empêcher de le soigner, de le panser avec une arrière-pensée évidente d’en faire son 4 heures une fois remis d’aplomb...Le Bruttien, forcément, a joué le jeu en poussant de petits “ouille... ouille...mpfff...” contenus en se faisant cautériser la plaie c’était schön (schön et abstinence pour le moment d'ailleurs) à voir et à entendre...

    Willis était resté baba devant tant de savoir faire de la part de Miss Monrrhoë, dont il ignorait les talents d’infirmière conjugale...du fil, une aiguille, et la cicatrice était refermée à jamais...faut dire qu’avec sa précédente conquête, prénommée Anastasie, il se faisait assommer pour un rien à chaque fois qu’il rentrait à la maison avec un saignement de nez...avec Ispany Monrrhoë, il saignait beaucoup moins, et s’évitait ainsi de sérieuses migraines...

    On notera au passage que c'est dans ces périodes troublées (je parle de l'époque n'est-ce pas ... pas de celle des dames) que naquit le mythe de la migraine (finalement ça va peut-être de paire (toute la question étant de savoir de quelle paire on parle)). En gros, chaque fois que Monsieur revenait avec la tête ensanglantée suite à une soirée particulièrement arrosée avec les copains, il s'ensuivait, subséquemment, un mal de crâne à l'épreuve de l'écorce de saule (qui je le rappelle ici est la base de l'acide salycilique autrement dit? ... alors? ... aspirine (merci je vois qu'il y en a encore un ou deux qui suivent)) qui mettait le Bruttien de base hors d'état d'assumer ses devoirs conjugaux. Du même coup, perfides, ces dames prétextaient le même mal de crâne pour se défiler (certaines même arrivaient ainsi à avoir des règles qui duraient parfois 24 ou 25 jours par mois (tellement elles étaient gronchonnes tout le temps (mais au bout du compte, ça ne durait pas longtemps parce que les Bruttiens étaient mâles avant tout et se désintéressaient aisément de celles qui avaient trop souvent mal au crâne))). On n'a pas retrouvé, par contre, l'origine du mot "migraine" mais le phénomène est tellement bien décrit qu'il n'y a pas d'autre association possible.

    Mais .. revenons à nos Monrrhoë

    L'amie Ispany (franchement je vois pas où est-ce qu'on a pu dégoter un prénom pareil) était (les écrits en attestent), une joyeuse luronne qui, comme on le dirait volontiers aujourd'hui, "ne donnait pas sa part au chat" (c'est drôle quand même la langue française actuelle parfois parce que, si on lit attentivement ce qui précède, on est à même de comprendre qu'elle était toujours partante pour le devoir conjugal, ce qui aurait tendance à prouver qu'elle donnait, au contraire, très souvent, plus que sa part au chat (comprenne qui veut)).

    En clair, elle était tout le contraire de la plupart de ses consoeurs pour tout ce qui touchait à la gaudriole (pour ce qui touchait tout court (enfin je me comprends (qu'on prend, là tout de suite, grand fou!)) d'ailleurs). Elle était même si exubérante que tout se passait comme si elle n'avait jamais (ou presque) de période d'indisposition.

    Le grand Willis et la belle Ispany s'était rencontrés tout à fait par hasard dans une beuverie de quartier et de samedi soir, ainsi qu'il fut rapporté un peu plus haut. Ispany, malgré son prénom ibérique, avait des ascendances helvètes et était toujours prompte au secours des blessés. Même si elle n'était pas la dernière à exhorter les grands Bruttiens à se battre pour avoir la faveur de sa couche (car elle était non seulement délurée, mais belle à se damner), elle était aussi la première à se précipiter sur celui qui avait sa faveur du moment pour soigner ses blessures.

    C'est ainsi qu'un beau soir, elle n'avait pu résister au regard ravageur (qui devint vite ravagé) du beau Willis (Brousse de son petit nom).

    Et depuis, ils ne se quittaient plus, sauf quand il prenait l'envie à Brousse d'aller se faire refaire le portrait de temps en temps histoire de se laisser aller ensuite entre les mains expertes de sa belle.

    Ils se quittaient d'autant moins que si Ispany était, ainsi que déjà exposé, une chaude lapine (ben quoi! c'est ça l'égalité des sexes (ça passe aussi par la féminisation des expressions (même les plus triviales (ben si! (comme j'vous l'dis))))), le dénommé Brousse n'était pas en reste, ne serait-ce que parce que c'était un Bruttien. (Oui je sais une explication s'impose (à cette époque reculée, les maîtres étalons (c'est de là que vient le mètre étalon (riez pas c'est vrai!)) étaient toujours choisis dans la tribu des Tulle-au-ras (les précurseurs de la mini jupe qui s'habillaient ainsi pour n'être pas gênés dans leurs entreprises tellement ils étaient bien pourvus par la nature (cette tribu était d'ailleurs originaire d'une région du continent africain qui devait devenir le Sénégal (patrie des tirent-ailleurs (si c'est comme ça que ça s'écrivait à l'origine) allez savoir pourquoi))). Jusqu'au jour où une impératrice dont je tairai le nom par pudeur et discrétion, découvrit, ô miracle, que les Bruttiens étaient peut-être moins bien pourvus, mais qu'ils compensaient cette lacune par une qualité dans les rapports qui confinait au génie. Cette particularité lui avait d'ailleurs fait dire : "un Bruttien vaut mieux que deux Tulle-au-ras"))

    Il faisait donc allègrement grimper Ispany aux rideaux sans se poser trop de questions.

    Cela étant, à être beau, grand et fort, on n'en est pas moins bête pour autant et le divin Brousse avait un cerveau d'une capacité inversement proportionnelle à celle de sa b... enfin de sa v.... enfin vous voyez bien quoi. C'est très gênant vous savez.

    Or donc il advint (ça fait très contes et légendes non?) qu'après quelques semaines d'un rythme effréné, la période qui prive tant de mâles d'intense satisfaction (ben quoi!) arrivât. Sans que Brousse n'en soit conscient d'ailleurs puisque point l'humeur d'Ispany ne s'assombrit le moins du monde. De même son appétit ne faiblit point.

    A la ligne, on finit par remarquer son embon. Point, oui, son embonpoint pardon. Ispany enflait comme la grenouille du bœuf de la fontaine Saint-Marc (notre saint patron, on se marre de café en café à la rédac d’Etimau…)

    Or donc Brousse s’inquiéta de l’état baudruchisant de sa compagne, et en parla à ses potes de bistrot, qui à leur tour menèrent leur enquête auprès de leurs légitimes, supposées amies d’Ispany… Ainsi, chacun s’enquit qui (hihi !!) auprès de Lune, qui auprès de Lôtre (bizarres ces prénoms, tout de même), pour savoir au juste ce qui arrivait à Ispany, car ce n’était pas chose rationnelle de prendre tant de centimètres en circonférence et en si peu de temps…Et l’explication vint des femmes, comme souvent…

    C’est à ce moment qu’il convient de se souvenir de l’appétit sexuel féroce de la belle, qui en période de règles ne baissait pas le pavillon rose et regardait la plume virile de Brousse Willis d’une bouche gourmande…Ispany minaudait :« Aaaahh je sens que c’est mon tour de taille !! » S’en suivait généralement une fringale buccale dont je vous passe les détails, mais qui est restée dans les annales de l’histoire bruttienne…Ispany était dans ces moments-là une papesse de la pipe, une fêlée de la fellation! (même au Pape Pie). Et de fait, tous les Bruttiens avaient pris l’habitude de traîner ostensiblement leurs guêtres du coté de chez « Span », comme on la surnommait affectueusement…Allez vas y Dave chante, te fais pas prier…« J’irais bien refaire un tour du côté de chez Span » était une phrase qu’on entendait donc tous les mois des bouches de Bruttiens en manque de gâterie, ainsi que celle-ci…Allez vas-y France, chante, va… « Ispany aime les sucettes…» avant de rentrer chez eux les bourses vides sans avoir rien déboursé…

    Vous imaginez aisément que ce petit défaut ne plaisait pas du tout aux (sus)dites copines d’Ispany, et que lorsqu’elles furent interrogées sur la prise de poids de cette croqueuse de dix amants, elles furent trop heureuses de la débiner…Suivez bien l’argumentation qui fut rapportée à Brousse ensuite. Ispany grossissait selon elles uniquement à cause de sa surconsommation spermatique hypercalorique en période menstruelle. En gros, cette égoïste se gardait tout pour elle, et il ne restait plus rien aux copines qui auraient aimé batifoler avec leurs Bruttiens respectifs et attitrés mais complètement à sec, c’est vrai que c’est pas très sympa d’aller ôter la pine (ah oui c'est connu ça ... avec un copain on partage son pain ... alors avec une copine forcément ...) de la bouche de ses amies, avouez…ça ne se fait pas de priver ainsi d’oublier les envies légitimes de ses camarades, qui ne se privèrent pas d’aller collégialement vider leur sac chez M.Willis qui se morfondait dans l’attente d’une explication au surpoids soudain de sa compagne. Un cortège de poitrines hurlait à l'envi "Ispany-o-met nos raies! Ispany-o-met nos raies!!!" dans une cacophonie inouïe...

    «C’est comme on te le dit, Ispany omet nos raies » fut donc la récrimination première qui parvint aux oreilles de Brousse, phrase qu’il prit comme le diagnostic de sa maladie et non pas comme une manière détournée de lui montrer ses belles cornes …  « Spanioquoi ?  Elle a quoi, ma Span ?» tiqua Willis, qui n’avait jamais et pas plus que vous rien entendu de tel. « Spanioméno…beueuuhh c’est trop dur à dire pour Brousse ! »…

    « Ménorrhée, tiens !!…ménorrhée comme diarrhée, vu qu'elle peut pas se retenir, ta Span !! » compléta l’une des Bruttiennes jalouses, sur le ton de rancœur que vous imaginez. Et voilà, le nom était né, spanioménorhhée fut donc le terme retenu pour désigner une fringale de coît buccal en période de rhagnagna et de rha lovely…

    Et paradoxitalien (forcément vu la géographie de l'histoire on aurait du mal à le dire teuton), l'histoire, avide de rebondissements inattendus, est aussi à l'origine de la signification actuelle du mot pour des raisons qui viennent tout juste de nous parvenir (de dernière minute et de première main donc).

    Et là encore, suivez bien le raisonnement. Lassé des récriminations incessantes des harpies du voisinage qui ne se privaient pas d'houspiller aussi bien Brousse qu'Ispany, le bruttien (abruti?) décida (in petto) d'obliger Ispany à modérer ses ardeurs avec les autres Bruttiens. Pas qu'il soit jaloux, au contraire, chez les Bruttiens c'était même plutôt un signe de notoriété d'avoir une femme aussi convoitée. Mais là, ça passait les burnes ... les bornes ... (je vais finir par dire n'importe quoi).

    Du coup (et je ne rajouterai rien), les Bruttiens furent bien obligés de se rabattre sur leurs légitimes. Celles-ci, par peur sans doute, de les voir repartir de plus belle, firent l'effort d'être moins grognonnes. Et tout le monde cru que cette embellie était due à une période lunaire de moins en moins prolongée.

    Les médecins de l'époque qui ne connaissaient pas encore le serment d'Hyppocrite (c'est la traduction d'Hyppocrate en latin), en conclure que cet allongement était une conséquence de ce qu'elles revendiquaient haut et fort et dont ils gardèrent l'orthographe qui avait des côtés compliqués, bien dans les manières des hommes de science.

    La médecine moderne ne devait retenir que le mot et la signification, omettant (parfois elle aussi) de rappeler qu'à l'origine, il s'agissait juste d'une amélioration de l'humeur.

    En tout cas, voila une vérité historique enfin rétablie.

     

    Epilogue (à rythme) : une lointaine descendante d'Ispany, que l'on pourrait qualifier de femme d'expérience, devait rendre, beaucoup plus tard, hommage à son aïeule en remettant à l'honneur l'usage du trombone à cou(illes)lisses sur l'air du "tagada gada veux-tu souffler dans ma trompette". Mais elle le faisait très joliment, avec la bouche en coeur ... "happe Pie beurre s'dais mysteur prézidaine teu ... pou pou pidou".

    November 29

    Se fourvoyer

    Nous allons, dans quelques jours, fêter le véritable anniversaire d'Etimaulogis. Pas celui que vous imaginez, non! Le véritable anniversaire, celui qui a vu naître, véritablement, l'idée, le concept.

    En fait, la rencontre choc entre deux fadas des mots et des jeux de mots, autour d'une dissertation comparée sur une formule désormais célèbre (au moins sur nos anciens blogs respectifs (pour les petits nouveaux il s'agit de http://mondoubleslache.spaces.live.com pour Grrrrr (alias LE gnome pour la circonstance) et http://quadrophenicland.spaces.live.com pour Brrrrr (et vous arrivez sur "Odes et Fariboles)) c'est-à-dire U=RI. (sur le site du gnome dans les archives de Décembre (à la date du 13 pour être précis), vous trouverez un charmant billet intitulé : Théo rit de l'art, là t'y vis, té! (t'es au riz de lard euh latte ... il est quand même 'achement meilleur que moi sur ce genre de plan vous verrez). Quant à Odes et Fariboles, dans les archives de Décembre (à la date du 13 pour être précis), vous trouverez un charmant billet intitulé : Air goton (tant qu'à faire (ou ... pour le gnome)).

    Il existait déjà, quelque part dans un coin de mon disque dur, deux mots (parmi les premiers publiés), fraîchement étimaulogés, et qui m'avaient procuré le plaisir indicible de pouvoir raconter à peu près n'importe quoi et d'à peu près n'importe quelle manière, sans vérifier mes sources mais en utilisant au maximum (cordon rouge ou cuvée spéciale René Lalou qui est encore meilleure (lire, évidemment : maxi-mumm (c'est-à-dire un magnum de champagne (c'est comme ça qu'il se conserve le mieux ('tin je me remets aux parenthèses (j'ai plus l'habitude je suis perdu (pas vous?)))))) les possibilités de la langue française (et autres calembours). J'en parlai (passé simple) au gnome ... et ce qui devait arriver arriva (c'est bon la conjuguaison là Grrrrr? (il est aussi à cheval sur l'orthographe le Grrrrr mais moi j'ai un peu perdu de vue mes tables de grammaire)).

    Et depuis, que de chemin parcouru, que de fous rires aussi (et j'espère que vous en eûtes, ami(e)s lecteurs(trices), autant que nous, qui séchons, parfois lamentablement des heures durant, avant que la bonne idée, le bon filon, qui va mettre la plume en mouvement n'émerge). J'aimerais tant vous faire partager la joie qui m'haverge (je dis ça parce que si je dis m'habite ... y'en a qui vont encore dire ... (hein? (je vous connais vous savez))) quand les doigts commencent à tressaillir sur le clavier et que tout se met en branle (tabada bada (sans commentaires)).

    Le mécanisme est assez curieux d'ailleurs parce qu'au fond, on part quand même de quelque chose de solide ... un mot qui existe.

    Prenons notre mot d'aujourd'hui par exemple ... vous imaginez que toute cette introduction n'a qu'un lointain rapport (voire pas rapport du tout (on ne peut évidemment jamais savoir (note à benêts : je vous rappelle (mais c'est surtout pour les petits nouveaux (les 2ème année vous pouvez aller à la parenthèse suivante)) qu'ici, vous êtes dans un espace qui ne sait généralement pas se suffire de la seule troisième dimension (ce qui explique (en partie) le nombre inquiétant de parenthèses) et dans lequel (cet espace (suivez quoi!)) les digressions et autres diverticules (comme parti (cules suivez encore … (c'est le frère d'Henry (cf "passion")) mais c'est plus rigolo) sont monnaie courante mais faits (et y'a pas de faute d'accord j'ai vérifié (parce qu'il s'agit des digressions ET des diverticules (qui sont masculins comme leur nom ne l'indique pas))), la plupart du temps, en toute connaissance de cause et, généralement, en rapport avec le fil conducteur de l'histoire (je crois que je vais reprendre un efferalgan là))) avec lui n'est-ce pas? (au passage vous noterez que si on enlève toutes les parenthèses inutiles (pour les incultes z'ignorants .... voir l'étimaulogie de ce mot sur ce blog) de la phrase précédente on obtient tout juste : "Prenons notre mot d'aujourd'hui par exemple ... vous imaginez que toute cette introduction n'a qu'un lointain rapport avec lui n'est-ce pas?" (je me permets de reprendre ça parce qu'après ... y'en a qui disent (c'est pas français ça je sais mais tant pis) qu'on fait du remplissage pour noyer le poisson (qui a dit qu'il était d'accord?)).

    Et bien précisement ... VOUS VOUS FOURVOYEZ (cf la note à benêts plus haut).

    Aaaahhh!! Faisait longtemps que je m'étais pas lâché sur les parenthèses, ça fait du bien (on en reprendrait non?).

    Mais comme le disait si justement un petit lapin de ma connaissance : trèfle de plaisanterie! Il convient donc maintenant de rentrer dans le vif du sujet.

    Vous vous souvenez tous de Benny Hill n'est-ce pas? Benny Hill … mais si!!! Voyons faites un petit effort. Celui qui occupait la tranche horaire de 20 heures à 20 heures 30 le dimanche soir. Certes ça ne nous rajeuni pas (c'était quand même il y a quelques années (pour vous dire, il est à craindre que le grand Plum's que nous connaissons tous en était encore à faire dans ces couches à cette époque là) avant les débuts d'un certain Rowan Atkinson (alias Mister Bean)) mais il faisait rigoler beaucoup plus de monde que Jean-Pierre Castaldi et Muriel Robin réunis.

    Bref! (je vous rassure s'il était besoin, nous ne ferons jamais l'étimaulogie de cette onomatopée qui ne fait pas partie de notre vocabulaire (y'a des limites à l'honnêteté intellectuelle que je ne m'autoriserai pas à dépasser)).

    Bref! (Disais-je donc avant que de digresser!)

    Benny Hill n'est que le dernier héritier d'une ribambelle (tiens celui-là par contre … faudrait peut-être s'y intéresser un jour non? (caisse vous en pensez les plumitifs de la rédac?)) de personnages associés de près ou de loin au chaud bise (ben quoi! (ça a l'air de vous surprendre cette orthographe! Et pourtant … c'est bien là l'origine du mot que ces c…chons d'anglais nos voisins de la grande Albion (ça faisait longtemps) ont associé à une des plus grandes mystifications du 20ème siècle pour créer le Chaud Bise Ness qu'ils ont évidemment anglicisé)).

    La famille Hill est une des premières à avoir quitté l'Angleterre pour aller coloniser l'Amérique (mais Benny est le premier à être revenu y finir ses jours). Arthur Hill (que ses enfants, par dérision, appelaient "The King" (vous voyez comme ils étaient déjà drôles)) n'avait pas de talents particuliers et sa naissance ne fut le signe avant-coureur d'aucun raz de marée spectaculaire, ni d'aucune fortune incommensurable. Pas plus que de découverte ou avancée scientifique mirobolante.

    Rien de tout cela.

    Arthur Hill était un homme tout ce qu'il y a de plus ordinaire.

    Il était juste l'arrière petit-fils de Graham Hill (le premier américain de la famille).

    Et ce n'était déjà pas si mal, au fond.

    Au début, il travaillait dans les locaux de la MGM (pour ceux qui auraient un morceau de gruyère à la place du cerveau (c'est-à-dire un truc plein de trous), il s'agissait de la Metro Goldwyn Meyer (et ce n'est pas une pub destinée à faire accroire qu'il vaut mieux prendre le métro que sa moto japonaise de grosse cylindrée (ceux qui suivent pas allez hop … en cours de rattrapage))) et était chargé de faire un premier tri dans les recrutements d'acteurs (je me refuse à dire casting).

    Adolf Zukor devait le récupérer à la création de la Paramount, pour faire le même travail.

    Et il ne travaillait pas pour n'importe qui. Son employeur était Cecil B 2000 (n'y voyez pas plus de rapport avec une méga grosse cylindrée mais ça me fait rire de l'écrire comme ça) lui-même.

    On imagine sans peine, compte-tenu du genre de films que tournait son employeur à l'époque, qu'Arthur voyait passer une quantité impressionnante d'acteurs de tous genres et de toutes origines.

    Et il ne se trompait généralement pas quand il choisissait. On l'a vu, ce n'était pas parce qu'il disposait d'un don particulier mais il avait accumulé tellement d'expérience qu'il était devenu infaillible. Un seul regard lui suffisait pour cataloguer l'acteur (ou l'actrice) qu'il avait devant lui et l'aiguiller sur le bon plateau (le plateau "get out" restant le plus couramment répandu cependant). C'est notamment à son œil exercé que l'on doit l'apparition à l'écran de stars telles que Kay Johnson, Reginald Denny, Lillian Roth ou encore Elliott Dexter. Bon d'accord, ceux là étaient des gloires du cinéma muet (on n'en a donc jamais parlé (ben oui!)). Mais aussi, plus tard, des gens comme Gary Cooper (de citrons), John Wayne (dont le nom ne doit plus vous être inconnu ami(e)s lecteur(rice)s de longue date) ou encore Charlton Heston …

    Au début des années 30, Cecil commençait sérieusement à songer au tournage de Cléopâtre avec des grandes scènes de construction de pyramides qui nécessitaient des tonnes et de tonnes de figurants. Le rôle titre de Cléopâtre avait déjà été attribué à une actrice d'origine française avec laquelle il était en train de tourner "The sign of the cross" … une dénommée Lily Claudette Chauchoin que l'on s'était dépêché (pour ne pas effrayer les spectateurs) de rebaptiser Claudette Colbert.

    Du coup, Arthur Hill avait un boulot d'enfer pour faire le tri dans les constructeurs de pyramides et, évidemment, tous les prétendants se pressaient dans les studios de la Paramount.

    C'est ainsi qu'un matin, Arthur vit surgir, dans la salle d'audition, un quintet particulièrement bruyant et cocasse emmené par un moustachu binoclard qui fumait un cigare énorme et empestait l'atmosphère.

    Arthur n'eut pas besoin de réfléchir longtemps, son siège était fait, ils n'avaient pas du tout le profil et ne seraient pas retenus.

    Il les vira sur-le-champ, presque sans ménagement

    Norman Mac Leod (je sais pas s'il était du même clan que celui dont on a déjà parlé mais il était, ça c'est sûr, un metteur en scène coté, à l'époque), lui aussi en quête d'acteurs pour un tournage futur, avait suivi la scène de loin mais se précipita trop tard … les compères étaient déjà repartis. Il revint voir Arthur et l'ordre vint, sec et péremptoire : "Hill! See these fools again!" ….

    L'anecdote aurait pu en rester là si les "évincés" étaient restés d'illustres inconnus.

    Ils devaient être embauchés par Mac Leod (pour notre plus grand bonheur d'étimaulogistes) pour tourner leur premier film à Hollywood : "Monkey business" ...

    Les Marx Brother's commençaient une immmmmense carrière (comme l'aurait dit l'ami Schmoll dans sa "dernière séance").

    Blonde par sa mère et française par son père, Claudette Chauchoin "Colbert", persuadée que l'anecdote était particulièrement cocasse, se plaisait à la raconter à qui voulait l'entendre, et notamment à ses compatriotes français avec un accent que des auteurs plus chevronnés que moi qualifieraient d'inimitable. Et elle terminait insatiablement son historiette avec la traduction française de la phrase de Mac Leod : "Hill! Ces fous r' voyez!".

    Ce qu'un des dits compatriotes devait interpréter un jour en : "il s'est fourvoyé", faisant ainsi la confusion entre la redemande et l'erreur de jugement.

    En tout cas … voilà une vérité historique enfin rétablie.

    November 22

    Passion

    Etimaulogie au goût fruité (c’est plus musclé, paraît), pour rétablir une vérité historique sans cesse contredite par une rumeur qui voudrait que la passion dérive du pathos grec, soit de la souffrance…Queue naine y met mon amie (oups, des relents de gnome), que nenni, mais mon ami, même si l’origine du terme vient bel et bien d’un sentiment plutôt négatif, passion est un mot bien français (cocorico), inventé par un Anglais, lisez comment…

    James H. Hiculle était un de ces braves gentlemen si bien élevés dans les salons feutrés de la noblesse bien-pensante anglaise du pénultième siècle. Pour vous dire comme il était raffiné pour un Anglais (et vous savez que le père Grrrrr, pour qu’il en dise du bien faut déjà se lever tôt…), James avait le bon gôut de ne s’exprimer dans son propre pays, que dans la langue de Molière, qui comme un fait exprès est aussi la mienne et la vôtre…Un type bien quoi, mais un type si correct et lisse que malheureusement pour lui, il apparut vite bien fade et terne aux yeux de son aimée. La belle aurait bien aimé s’encanailler et goûter dans l’intimité aux plaisirs réprouvés par la morale puritaine de l’époque, un peu de piment de Cayenne dans son ordinaire, quelques mots coquins ou quelque invention ludique dans les jeux de l’amour qui l’auraient définitivement rendue accro à ce  partenaire trop poli pour être polisson…(pour parler un peu vulgairement elle le trouvait un peu bande-mou, quoi)…

    Tess (c’était elle oui, celle là-même du film de Polanski, mais je me souviens plus comment ça finit) se remettait à peine de sa liaison avec d’Urberville, qui l’avait jetée sans ménagement, et elle comptait bien en faire un peu baver au suivant, y a pas de raison non plus nan mais ho.

    Aussi, chaude comme la braise qu’elle était, elle n’hésitait pas à provoquer un peu son camarade de jeux, de le pousser dans les retranchements les plus reculés de sa bienséance sans limite. Elle s’amusait ainsi à lui titiller le braquemart du bout de son pied sous la table pendant les réceptions mondaines, à lui mordiller le lobe de l’oreille en pleine valse de Vienne, enfin vous voyez quoi, tout pour le décoincer un tant soit peu de ses bonnes manières devant la bonne société…Mais en vain. La rigidité qui logeait dans l’esprit de James était inversement proportionnelle à celle qui était censée résider dans sa culotte, et c’était là le drame de Tess…Pas moyen d’exciter son James Henry, qu’elle aimait pourtant profondément.

    A chacune de ses tentatives de séduction en public, James répondait invariablement, avec un flegme tout britannique et donc quelque peu glacial : « Tu le sais, Tess, pas si on nous guette… », avant de finir son porridge le plus naturellement possible avec un orteil féminin inquisiteur logé dans sa braguette ou une petite culotte dans la poche (même qu’une fois ce con s’est trompé avec la serviette de table et s’est essuyé la bouche avec devant la reine, tsss…la Tess elle en a pissé de rire, et comme elle n’avait plus de culotte, vous imaginez un peu…)

    Dans l’intimité, même scène, avec une variante d’excuse bidon, mais bon, c’était toujours des « Pas si on ceci », « pas si on cela »…Pas si on est vendredi parce que demain on aura plus de temps, pas si on n’est pas sûr que la domestique dort, pas si on n’est pas allé à con fesse, and so on…Certes James Henry aimait Tess du plus profond de son cœur, mais son éducation l’empêchait de se lâcher comme sa chère et tendre l’aurait souhaité, et lui aussi vivait donc un véritable drame de l’amour, en conséquence, puisque de surcroît il considérait déjà comme un  véritable exploit personnel de partager la vie de Tess sans être son époux, c’était vraiment shocking comme tout, pour lui...

    James commença à s’ouvrir un peu à ses amis de la high society du terrible et coupable secret qui le hantait, et parla ainsi pour la première fois de ses problèmes de "pas si on". Ils promirent de garder le secret sur ce sentiment qu’ils jugeaient comme une faiblesse de l’âme, ce qui fait que bientôt tout Londres murmura  dans un awful accent anglais « Pas si on…pas si on » en lookant James du coin de l’eye…

    Ce sentiment de dépendance et d’impuissance face aux sentiments ressentis envers l’être aimé prit ainsi rapidement le nom contracté de "passion" (et dans les deux langues, donc), en référence aux sempiternels débuts de réponse de J.H. Hiculle…et voilà donc ainsi une vérité historique de rétablie, isn’t it, Brrrrr ?

     

    Epilogue :

    Ne sachant plus quoi faire, Tess enjoignit à James de se prendre un meublé pour un temps, car ce n’était plus vivable pour elle à la maison, d’aimer sans être pleinement et profondément comblée. Elle formula sa requête ainsi, et en français dans le texte : « Prends-toi une appart’, Hiculle ! » (Elle l’appelait par son nom de famille quand elle était fâchée, et parlait aussi bien notre langue que Jane Birkin). Et ce con de James, tout heureux et toujours un peu jaloux de ce couillon d’Urberville, crut là qu’elle ne lui demandait, pour être enfin heureuse, que d’ajouter une particule à son nom de famille… 

     « Que je prenne une particule? No problem, I go and see the Queen and the affair is in the bag!” (Il reparlait anglais, quand il était contrarié, faut croire…)

    Sitôt dit sitôt fait, il se fit adouber en Sir pour pouvoir figurer au Musée Tussaud en tant qu’inventeur de la passion, et il revint voir Tess tout fier d’arborer son nouveau nom (à particule française, s’il vous plaît, la Reine ne pouvait rien lui refuser depuis qu’il l’avait tant fait rire un certain soir avec sa serviette triangulaire). Et dans la foulée, James Henry d’Hiculle demanda sa main à Tess, sûr de la réponse de la belle…qui refusa définitivement de se faire appeler Tess d’Hiculle, et on la comprend fort bien.

    James ne s’en consola pas et vira complètement fool sentimental…On le retrouva mort un  matin, nu dans son lit, attaché des quatre membres et le cinquième figé à jamais dans un état de désir intense, étouffé par la culotte en dentelle qu’il avait toujours conservée avec le plus grand soin dans sa poche, en toutes circonstances…

    Amateurs de colère, partisans d’ire, au revoir.

    Grrrrr

    November 17

    Mildiou

    Après Cuivre et Alambic (qui vont bien ensemble il faut bien le dire), le mot du jour (copyright NORBY tm que vous pouvez retouver sur http://lemotdujour.over-blog.com/ (un blog beaucoup plus turel qu'ici entre parenthèses (je dis turel parce que pour le début ... ici on est mieux servi (comprennes qui veux!)))) trouve son origine (une fois n'est pas coutume) dans la vigne (qui a dit "ça va pas nous changer beaucoup"?).
    Vous connaissez tous, à n'en pas douter (et au moins de nom) cette maladie redoutable qui nous a obligé à recourir à des cépages américains (si! si! (à se demander même si c'était pas eux qui avaient apporté la maladie pour mieux nous refourguer leurs ceps de merde moindre qualité (mais vous me connaissez ... je suis pas objectif))) pour sauver le grand tout de nos crus (c'est encore un renvoi de contrepéterie ça).
    Mais l'origine du mot est rigolote ... et patoisane.
    En patois comme dans la religion catholique il n'y a qu'un Diou (qui vaut mieux que 2 tu l'auras nous ne nous lasserons jamais de le répéter).
    A la rigueur, quand la biquette dont il était question tantôt renacle un peu ... le berger, dans un accés de colère s'autorise un vingt dious (prononcer Vindiousss!) de bon aloi qui suggérait des réminiscences d'un panthéon gaulois plus étoffé.
    Mais imaginez le matin où le viticulteur est sorti pour "changer le poisson d'eau" (comme il disent) dans la cour de sa ferme et qu'il a vu ses rangs de vignes complètement déguenillés, vingt dieux ne suffirent point et il ne pu que s'exclamer "mille dious".
    Vous me direz ... c'est facile ça ... encore fallait-il le dire
    C'est chié non?
    November 04

    Alambic

    Pour connaître l'origine de ce mot, et ça ne surprendra personne, il faut commencer par aller faire un détour du côté du verbe "alambiquer".
    Ben oui
    Contrairement à un processus répandu ... dans le cas qui nous préoccupe ... c'est le verbe qui a donné naissance au substantif et pas l'inverse.
    Alambiquer doit son origine à un berger.
    Celui-ci, de moeurs légères ... (ben oui!) ... avait accoutumé de prendre les petits chemins de traverse, histoire de brouiller les pistes, afin d'aller assouvir ses sombres instincts avec sa brebis préférée (c'est ainsi que tous les troupeaux du voisinage perdirent leur appellation "pure laine vierge" ... car il courait vite l'animal).
    Mais il ne trompait personne parce que chaque fois qu'il partait "à l'aventure", il chaussait ses bottes d'égouttier de 3 pointures trop grandes (c'est très pratique pour loger les pattes arrière ...).
    Et chaque fois que l'Auguste le voyait passer, il disait à la Léontine : "Tiens, le v'lé allant biquer".
    Du coup, quand le voisin de l'Auguste mit au point son appareil à distiller les prunes, vu la forme compliquée et circonvolue de la bestiole, il repensa au berger qui faisait ses détours et ses contours (afin d'aller faire ses tours de ... (ça marque contrepéterie je vous jure)) et appela sa machine "alambic"
    C'est chié non?
    October 26

    Contrepéterie (version décodée)

     

    Pour ceux qui, d'aventure, n'auraient pas eu le courage de chercher, pour ceux qui ont eu le courage de chercher mais n'ont pas forcément trouvé, pour ceux enfin qui découvriraient seulement aujourd'hui Etimaulogis ...

    Voici le texte intégralement décodé (avec un ou deux bonus me semble t-il). C'est facile, il suffit de déplacer les syllabes en gras/souligné pour reconstituer les variantes ... bonne lecture et surtout ... ne m'en veuillez pas trop ... les contrepéteries sont souvent grivoises (litote?), voire franchement salaces ... mais nous n'y pouvons rien n'est-ce pas ...

    Enfin .... vous voila prévenus .... décodage donc

    A l'heure de mettre sous presse (de retour d'expédition au Zambèze où les femmes sont belles et gentilles), il me vient à l'idée que j'aimerais bien ne pas avoir une panne de micro.

    Ainsi donc nous y voici enfin. Je suis certains que toutes et tous vous vous demandiez bien quand la rédaction d'Etimaulogis allait se mettre à l'ouvrage sur ce mot divin qui désigne une pratique dont nous sommes de fervents adeptes (vous noterez au passage que ce paragraphe n'en comporte aucune … (c'est promis, c'est le premier et le dernier, alors … affûtez vos neurones et tâchez de ne pas en omettre)), ami(e)s lecteurs et surtout trices vous voilà récompensés de votre patience … tout n'était qu'une question de choix … et (évidemment) de date (pardon (j'ai pas pu m'en empêcher (et puis zut … fallait bien vous mettre dans le bain non?))).

    Cela dit, il faut vous avouer (mais vous l'avez sans doute remarqué non?) qu'on aime le risque ici et les pentes savonneuses pour oser s'aventurer sur le terrain etimaulogique de mots tels que ceux que nous vous proposons habituellement dans nos pages. Mais, à l'instar du géographe conférencier qui montre son globe en scène ou de l'exploratrice qui appréhende les pistes indigènes, nous ne rechignons point devant l'ampleur de la tache (fut-elle de vin rouge sur notre si jolie nappe vichy (rouge et blanche comme il se doit)).

    C'est si vrai qu'après l'audacieux récit de Grrrrr (avec 5 "r" d'en avoir 2) à propos de l'occurrence (pour ne citer que le plus récent mais on pourrait aussi rappeler à votre mémoire des mots comme : mandragore, éburnéen, concupiscent, interlope et autre sacerdoce), il relevait de la gageure de présenter un mot comme celui-ci : "contrepèterie". C'est à dire l'art de décaler les sons.

    Mais comme le point a son contrepoint, le pet a son contrepet (on notera à cet égard qu'on a, depuis toujours, associé pape Pie et pet (ainsi que mangue à mêler (cette double contrepèterie sera d'ailleurs honteusement dévoyée vers la fin du vingtième siècle par un nommé Henri Tachan)). Même si, ainsi que nous allons le voir, il n'y a aucune relation de cause à effet (si ce n'est celui de reposer nos narines un moment après la brillante démonstration du susdit Grrrrr (auquel il serait vain d'oser contester nos particules (pour les fidèles lecteurs … il y aurait même un lointain rapport ici avec certaines lucioles (incassables?) que nous côtoyâmes naguère))).

    Comme son nom ne l'indique pas, le mot "contrepèterie" a une origine à la fois française et théâtrale ce qui n'a rien d'incompatible : nous sommes tant habitués à passer de la crête à l'abîme! (en n'oubliant pas de s'accrocher solidement à la berge du ravin (bonus))

    Isidore était né Comte de Lapillule et coulait des jours heureux en son château quelque part vers l'an de grâce 1540 et six heures du soir. C'était un bon vivant qui aimait la bonne chère (il avait toujours un canard sur le feu (car il aimait les nouilles qui cuisaient au jus de cane) ou des gamelles de morille) et les jolies demoiselles en corset et en culottes à qui il proposait toujours un petit coup de marc après la dînette.

    Son père, qui était un grand voyageur, était mort (bien avant Marco Polo) d'être arrivé à pied par la Chine (vous savez bien … la Chine … celle qui se dresse à la vue des nippons). Il avait donc été élevé, avec plus ou moins de discipline par sa mère qui, il faut bien le dire, passait plus de temps à sélectionner des pierres fines  avec ses copines de thé qu'à éduquer son rejeton. Pour tout dire, elle était même un peu originale … allant même parfois jusqu'à se mettre un collier de citrouilles autour du cou.

    Jusqu'à sa majorité, tout se passait plutôt bien d'ailleurs et il avait fallu attendre qu'il atteigne l'âge avancé (pour l'époque) de vingt-neuf ans, pour sentir chez lui arriver les prémices d'un quelconque intérêt pour quelque chose. Jusque là, le vin était la seule chose qui le passionnait (le gros plant guère vert et le médoc pour tout faire passer restant ses préférés).

    Jusqu'au jour où … (ça compte pas ce paragraphe là (il est trop court) alors ne cherchez pas (je suis sympa quand même parce que vous auriez pu cherchez un moment avant de trouver "Joujou court-jus" qui n'en est même pas une d'abord même que oui et qui en plus ne veut rien dire ou bien "où cours-je Juseau" (qu'on sait même pas qui c'est en plus) qui ne veut rien dire non plus)).

    Jusqu'au jour où donc. Une troupe de théâtre fit halte sur la place du village qui se trouvait également être celle du château. C'était là un hasard dont pas un mathématicien n'aurait pu prévoir la venue. Aucun homme d'ailleurs, n'est jamais assez fort pour ce calcul.

    Il faisait beau et chaud … (il est court aussi celui là mais il n'en constitue pas moins une contrepèterie (je vous le dit parce que sinon elle va passer inaperçue) … certes d'origine belge (ou blonde comme vous voudrez je suis pas sectaire) mais contrepèterie néanmoins ne vous déplaise)).

    Notre ami Isidore faisait sa petite promenade quotidienne quand il se retrouva aux abords des tréteaux qui étaient en train de se monter (pas l'un sur l'autre je vous rassure (quand même (douteriez-vous encore que ce soit une maison sérieuse ici?))) et là, il la vit (autre contrepèterie belge).

    Elle se tenait à côté de l'estrade, un peu à l'écart, semblant se parler à elle-même. Elle faisait des exercices de diction, histoire de ne point bégayer lors de la représentation du soir : une tragédie grecque, bizarrement écrite en latin. Cette particularité avait retenu l'attention du metteur en scène qui avait décidé, derechef, de monter (lui aussi? (décidément, on monte beaucoup dans cette histoire)) la pièce avec la traduction originale mais sur le mode des grandes tragédies … avec un chœur chargé de répéter les phrases importantes pour en souligner toute l'intensité.

    Après quelques minutes, elle prend conscience de la présence d'Isidore qui la contemple. Telle est l'expression exacte car le dénommé Isidore restait béat devant la comédienne. Bredin aurait-on pu dire … amoureux fou en quelque sorte. Dans un élan désespéré, il ne peut que lui envoyer cette phrase magnifique : "Ô ma belle égérie, ta muse me refoulerait-elle?".

    Touchée, la damoiselle engage la conversation … très vite ils s'enflamment. il adore le théâtre … elle adore les comtes (surtout quand ils ont un beau château) … les voilà à parler de la Grèce historique, puis sans s'arrêter des mœurs dissolues d'icelle à sa décadence, quand les nobles faisaient donner des bains de f_oule à leurs vierges, oubliant que les rites sont un bien nécessaire.

    Bref, en quelques instants il lui plut, elle lui plut, ils se plurent (d'oignon) et l'après-midi touchait déjà à sa fin quand le directeur de la troupe vint annoncer qu'il serait peut-être temps d'aller se préparer pour la représentation du soir qui devait démarrer dans pas plus tard que dans pas longtemps (c'est-à-dire bientôt si j'en crois ma montre). Mais le Comte était trop bon pour la quitter ainsi. Il lui fait promettre de se revoir le lendemain et, pour faire bonne mesure, invite la troupe à se produire au château.

    Il faut savoir que les troupes de théâtre de l'époque n'avaient rien à voir avec celles que l'on voit aujourd'hui. Elles étaient plutôt de nature itinérante et faisaient escale, au gré des fortunes et de la bonté des spectateurs. Le Comte représentait donc une providence. Le métier n'était pas très bien payé et il fallait travailler dur pour pouvoir se payer ses potions (ce qui est, sans aucun doute à l'origine du fait que les artistes sont payés avec des cachets … les premiers comédiens jouaient pour se payer les traitements médicaux qui leur faisaient défaut et du coup, à l'arrivée des premiers cachets d'aspirine, l'expression a dérivé, c'est chié non?). Et puis il fallait entretenir les mules qui tiraient les roulottes (certaines de ces bêtes devaient être ménagées tant elles étaient proches de l'arthrite).

    Pendant ce temps la châtelaine, soucieuse de bien accueillir ses hôtes, souffrait de ce que son manoir manquait de chambres. Bref, tout ça pour dire qu'une étape de quelques jours dans un château … ça n'arrivait pas tous les jours mais il ne fallait surtout pas laisser passer l'occasion, c'était toujours ça de gagné.

    Isidore, tout à sa flamme, devenait poète écrivait des vers à celle qui devenait peu à peu sa bien aimée (il l'aimait d'autant plus qu'elle habitait Laval) :

    "L'attente a des plaisirs qu'on ne fait qu'un moment
    Aussi, jouet des vents qui l'hiver me rudoient
    Sur des talus où vont se fanant mes appâts
    En un dense réduit où je n'ai point de joie
    Veux-je conter ce don que Thyrsis bafoua?

    Las le pâle Thyrsis avait la mine austère
    Le sentant sur le banc près d'elle un peu tarder
    L'amante bien des fois lui fit en vain la guerre
    Ferme et froid cependant jamais il ne doutait
    Pour voir se dénouer ce voeu, que de tendresse!
    Que docile à sa voix et promise à son lit "

    (version longue)

    La belle, d'abord un peu intimidée (pouvait-il en être autrement?), s'épris du Comte et de son amour, un jour, lui cria l'aveu.

    Mais la troupe devait continuer son chemin et le Comte se lamentait : "Ah comme je l'aime cette petite, vive, indulgente …"

    Il ne pouvait se résoudre à la laisser partir. Aussi, il lui proposa de s'engager dans la troupe. Il était piètre acteur mais pouvait toujours jouer les utilités dans le chœur, à l'unisson bien qu'il préférât les libres chants.

    L'affaire fut conclue sur le champ (voire … en la circonstance … sur le chant) et le Comte ravi de rester auprès de sa bien-aimée, quitte à rester dans un succès ressassé.

    Le soir même … à Beaumont-le-Vicomte (c'est entre Choisy-le-Roi et Bourg-la-Reine non?) la troupe donnait sa représentation. Et au moment pathétique, le chœur devait entonner : "Pénélope ne suivit pas toujours la voie d'Ulysse!".

    Impressionné, Isidore s'emmêla les pieds dans le tapis et … la pauvre Pénélope se mit à suivre une autre loi.

    Bien sûr, ça aurait pu passer inaperçu. Mais il se trouvait qu'au premier rang était assis un personnage haut en couleur de l'époque, un dénommé François Rabelais. Epicurien patenté, gaulois gaillard dans l'âme, était littéralement plié en deux par cette réplique. D'autant que le Comte, pas en reste, récidivait avec les romains qui sautaient de la Roche Tarpéienne … l'abîme à latins ou la Pythie (qui vient en mangeant) qui n'hésitait pas à mettre un certain nombre de ses fois dans toutes ses délations.

    Le curieux spectateur exultait, se roulait par terre, terrassé par les crampes d'estomac. Il se mit à hurler quand Isidore en vint à parler des filles de Troie qui offraient leurs deux joues.

    Le patron de la troupe, en coulisses, demandait à qui voulait l'entendre : "mais qui est donc cet olibrius qui a tout ce que le Comte répète rit!".

    Dans un éclair de colère de voir ainsi sa pièce martyrisée, un mot nouveau était né … destiné à une longue carrière que Rabelais lui-même immortalisa dans Pantagruel en parlant de ces vieilles filles qui étaient folles de la messe.

    Isidore fut viré sur-le-champ mais engagé derechef par le nommé Rabelais … le genre de la tragédie parodiée était né et devait engendrer des chefs d'œuvre dont un des plus récents fut "Phèdre à repasser" bien sûr.

    Et il put enfin mander sa belle en mariage (et plus il mandait, plus elle bouillait) … elle accepta et il put lui faire goûter son far andin. Ils vécurent heureux et firent plein de petits contrepets. Les archives de leurs ébats traversèrent les siècles pour donner naissance au fameux "album de la Comtesse" si cher à un quotidien célèbre.

    Amies lectrices, je suis ravi de vous avoir fait goûter les joies de la verve.

    Amis lecteurs … que votre verbe soit en joie!

    En tout cas, voilà à nouveau une vérité historique enfin rétablie.

    October 20

    Cuivre

    Le cuivre, ce beau métal aux teintes orangées, tire-t-il son nom de la couleur dont il est le digne représentant, ou est-ce l'inverse? L'équipe d'Etimaulogis (au QI vrai...ment élevé) est là pour éclairer votre lanterne...
    Le cuivre donc, s'il est de la couleur du même nom, n'est pas le seul, car à tout le moins partage-t-il son irisation rougeâtre avec notre satellite naturel et unique: la lune. Avez-vous remarqué comme certains soirs de pleine lune, l'astre sélénite prend une couleur mordorée propice au romantisme le plus exacerbé? Oui?
    Alors vous suivrez aisément le raisonnement d'Arthur Balètes, jeune poète maudit et (donc?) français de la première moitié du XIXe siècle, précurseur des symbolistes et exilé à York en Angleterre pour de sombres raisons politiques (un peu comme Hugo (pas l'escargot, les mamans du web, Victor, voyons)). Un certain soir de pleine lune propice à la mélancolie donc, un peu trop grisé par l'absinthe, Arthur ou Art, comme on le surnommait plus volontiers outre-Manche, tomba raide (comprenez bien, au sens propre, il sentit le désir poindre en son bas-ventre, il banda, l'Art Balètes) amoureux de cette rondeur opalescente et osa le premier comparer la lune à la beauté d'une paire de fesses un peu trop longtemps exposée aux UV (qui en ce temps là existaient aussi, si si, le soleil brillait aussi fort qu'aujourd'hui, mais on ne se promenait pas le derrière à l'air dès le mois de mars jusqu'à fin octobre (je dis ça pour me venger de certains Alèsiens (?) et Marseillais(e)...))
    Cette image fantasmatique et callipyge, à l'heure où la lune se montrait Seamus et routine...euh si rousse et mutine (pardon, des restants de contrepéterie, t'es chiant Brrrrr), et s'offrait ainsi à lui tel un postérieur bronzé le fit décocher ces vers restés célèbres dans l'anthologie de la poésie française comme le  meilleur de son art. Les voici donc en exclusivité mondiale, l'anthologie dont je vous parle étant aussi épuisée que moi à cette heure tardive, j'ai eu un mal fou à la retrouver dans les archives d'Etimaulogis, haut lieu de savoir (ben t'as qu'à apprendre):
     
    In angliche d'époque d'abord pour les puristes:
     
    "Forever wild with your ass, as a witness redding ,
    My own spirit rusts in a day that is dawning"
     
    Puis en français, l'original de Balètes:
     
    "De ton cul, ivre à jamais, et témoin rougissant,
    Je m'oxyde l'esprit au petit jour naissant."
     
     
     
    Comme dirait Brrrrr, c'est chié, non? Mais si vous savez compter vos pieds (plus que deux, s'entend (et pas sentants de préférence)), vous vous apercevrez vite que le premier alexandrin de Balètes en compte un de trop...Treize à la douzaine, ça va pour les oeufs mais pas pour les vers...Ce qui ne fut pas pour effrayer le poète, lequel opéra d'instinct et dans une liberté de plume totalement novatrice une synérèse sur les deux voyelles u et i voisines certes, mais appartenant à deux mots différents, et ainsi transforma "cul ivre" en "cuivre" comme le meilleur des alchimistes et sans pierre philosophale, et la fesse fut dans le car...euh et l'affaire fut dans le sac, faut que je me remette de l'article de Brrrrr, moi...
    Ces lignes inspirées et dédiées au cuivre qui oxyde, de la part d'un auteur quelque peu éméché, furent donc avec raison dénommées "vers de gris" (littéralement "rimailles de pochtron", ce qui fait déjà moins classe, avouez).
     
    Balètes devint célèbre dans l'intelligentsia yorkaise, puis anglaise, puis française, de par cette façon unique de rapprocher deux mots dont l'un se termine et l'autre commence par une voyelle. Le "cuivre" fut donc longtemps le nom appliqué à cette technique poétique, et on vit à cette époque un véritable engouement pour ce procédé littéraire inédit qui facilita grandement la tâche de ces soulauds feignasses de rimaillons bohêmes amateurs de "cuivres", qui dégueulaient plus souvent qu'à leur tour dans la cuvette (en cuivre) posée au pied du bar du pub local, le Win's Club..."Tiens, r'garde le gerber, l'autre, encore un "cuivre"...qu'on disait (pi vu leur teint violacé d'alcoolo, ça leur hâlait pas mal aussi, faut dire). Quand ils ne pissaient pas, sans gêne aucune, dans le caniveau bordant le zinc, avant de s'effondrer dedans la tête la première jusqu'au lendemain...On savait vivre à cette époque, avouez...
    Ce n'est que par la suite et par analogie de couleur que la cuvette dévouée aux poètes un peu trop pompettes, puis le métal lui-même, prirent le nom de "cuivre" ( et si vous avez déjà vu une belle gerbe de poète aviné, à vue de nez vous imaginez aussi que la couleur n'a rien à envier à celle de la cuvette en cuivre). Contrairement à ce qu'on aurait pu penser au départ, donc, voici la vraie vérité historique. Par ailleurs, l'oxydation du cuivre, par analogie de couleur et de sens et par homophonie, devint le "vert de gris", vous voyez que je n'invente rien (essayez de vous purger à l'absinthe, vous verrez la couleur de vos missures (...hein???? On passe, c'est pas ragoûtant tout ça, c'est qui qu'adore le gore, déjà???)
     
    En guise d'épilogue, si Balètes est tombé dans l'oubli le plus profond ici en France, il faut dire que de son vivant il était devenu aussi célèbre en Angleterre que John Lennon (lequel, en homme de culture, reprendra le nom de Balètes, quelque part son maître à penser, pour former l'anagramme Beatles, là voilà la vraie histoire, rien à voir avec des scarabées ou je ne sais quoi)...Et curieusement aussi, c'est également un fanatique (français, romantique et néobonapartiste à la Stendhal, sans doute énervé par l'échec du coup d'Etat contre Louis-Philiipe) qui mit fin aux jours du poète contestataire (comme pour Lennon, allez savoir pourquoi l'histoire se répète) en lui décochant  une flèche dans les dents, au soir du 30 octobre 1836, alors que le poète musardait (littéralement, "cherchait sa muse") dans le parc central de sa ville (pour lui nouvelle), York.
    Sur sa tombe on grava, en anglais et un peu comme on put pour l'orthographe, l'épitaphe de ce bouffeur de grenouilles contestataire et soiffard (mot qui d'ailleurs nous vient de l'anglais "So Arthur", good pronounciation, on était soiffard quand on était "comme Arthur", ou "complètement Arthur"...oh, he's so Arthur, schocking!! Pffff de rosbifs, va!!!). Ah oui, l'épitaphe, ça vient poussez pas, on écrivit donc:
     
    In loving memory of ART BALLETT, killed by his art, R.I.P"**
     
    ...sur un bloc de marbre, on l'enterra diligemment et on alla boire un bock de bière ambrée au Win's à sa mémoire (d'où l'expression "mettre en bière", oui, vous devenez bons, les 2e année), et surtout on n'en parla pas au JT pendant des jours, car la télé n'existait pas (alors que bizarrement les copains "poivrots d'abord" pullulaient, eux, au bistrot, et ça remplaçait aisément PPDA, ceci expliquant sans doute cela).
    Sa famille venue se recueillir se fit traduire ce charabia et comprit qu'il avait été tué dans les toilettes publiques et par son art, Balète, ce qui donna la dénomination française de l'arme du crime, l'arbalète. Puis elle alla elle aussi se réconforter en cette veille de Toussaint en allant boire une pinte d'ale au Win's...ce qui fait que si votre lanterne est bien éclairée pour l'étimaulogie d'Halloween (on est bien servis, ici, hein?), de mon côté mon cher Brrrrr je n'ai toujours pas décodé ta vanne avec les citrouilles...
    Pour finir, naquit aussi en ces heures funestes mais décidément riches pour les apprentis étimaulogistes que vous êtes, l'expression "avoir le mort aux dents". Ce n'est pas  là un terme équin, à la base, mais une déformation appliquée dans le milieu hippique, voyez comment en lisant la suite (mais si, allez, c'est presque fini, courage!!)...
     Au même endroit (York, donc), un jeune pur sang, bête à concours mais cheval de tête fougueux, en ce même jour (30 octobre 1836, donc, mais on s'en fout un peu) , devint fou tout court (car nullement gueux de par son pedigree) sur le champ de course local. Son propriétaire, un patron d'écurie anglais féru de poésie française, dut l'abattre malgré tout l'amour qu'il portait à son champion, suite à une course effrénée dans lauqelle il ne voulut jamais s'arrêter. Accusé de dopage, le gentleman, peu ou prou, agit (passé simple, si) à l'image du meurtrier idolâtre de notre poète engagé (décédé dans les conditions susnarrées), et dégomma purement et simplement l'animal qu'il adorait d'une bullet in its head. On découvrit par la suite que le pur sang souffrait en fait de gingivite chronique et refusait, en toute logique, le mors, et qu'en conséquence il devenait fort compréhensible que la bête ne souhaitât point stopper sa course. L'amalgame entre les deux affaires fit boule de neige dans le milieu, comme on dit, entre l'Arthur, sa flèche entre les dents, et le canasson aux chicots irrités . Et l'expression "avoir le mors aux dents" fit, comme on dit aussi, florès. On avait le mors aux dents quand on était incontrôlable, passionné et plein de jus...comme Balètes ou le pur-sang à rab d'énergie (ça vient de là, oui).
    Le malheureux propriétaire, quant à lui, fit une dépression suite à ce crève-coeur, et sombra dans l'absinthe. Ayant le plus souvent un regard absent, il manqua de nombreux rendez-vous (un peu comme Jim Morrisson, autre poète maudit qui oubliait d'aller aux concerts de son propre groupe, les Doors, qui lui a carrément trouvé le moyen de clamser dans son bain pété comme un cul, ça devait sans nul doute être une baignoire de cul ivre). Le milord farmer se renferma sur lui-même, fuyant la publicité, passa à côté de nombreuses bonnes affaires et finit par se pendre dans le box de son regretté étalon sans avoir regoûté aux joies du succès (donc Mylène, si tu nous lis, fais gaffe quand même, on t'aime bien, déconne pas). Il finit donc, et c'est l'origine de l'expression, "sur la paille"...Comme quoi l'absinthéisme, repris en absentéisme dans le monde des affaires pour faire plus digne est une plaie ancienne, et vous en avez appris beaucoup aujourd'hui, c'était un plaisir partagé que de faire ce voyage historique et linguistique en votre compagnie, détachez vos ceintures on est arrivés, les aspros sont disponibles au comptoir d'Elle, à droite en sortant, en chapEllerie.

    Amateur de colère, partisans d'ire, au revoir.
     
    Grrrrr
     
    **RIP: Rest In Piss, soit "cuve dans ta pisse" (si tu vois ça dans un cimetière anglais ou ricain, tu sais immédiatement que'il y a un pilier de comptoir en dessous...)
    October 14

    Palefrenier

     

    Pour loger ce petit mot anodin chez étimau, je vais céans vous narrer une histoire épique, hippique, et colégramme.

    Comme c’est original.

    L’histoire se déroule chez les ricains vers 1842. A une époque où le hamburger n’existait pas donc, sauf pour désigner les immigrés Allemands de la ville de Hambourg.

    Tout commença lorsque le fils d’un riche planteur se prit de passion pour l’équitation à l’ancienne. Ou plutôt à l’indienne. C'est-à-dire un cavalier sur un cheval, point. Pas de selle, à la limite un plaid, pas de mors, de licol (égramme) ni de rennes. De rêne pardon. Le tape-cul ultime si vous voulez mon avis (et je le donne même si vous n’en voulez pas), pire qu’une Austin mini de compèt’. Ce téméraire jeune homme se prénommait Ducon.

    « !! »

    Duncan

    « … »

    Duncan avait dans ce but engagé le meilleur maître, c'est-à-dire un vieil indien nommé Yakari o’Huron Sayaman Takédjudju. On a quelques doutes sur la transcription et la traduction de ce patronyme il faut bien l’avouer, l’indien consulté à ce sujet étant bègue et dyslexique. En gros ça signifierait qu’en matière de fuite, le bougre s’y connaissait. D’où sa survie et sa réputation d’homme célère, en particulier à cheval. Ca tombe sous le sens.

    Bref, ce bison futé et rapide s’employait à donner à Ducon (oup lààà, lapsus), à Duncan cette aisance et cette élégance toute Comanche qui était la sienne.

    Les résultats brillaient par leur absence.

    De là à dire que l’Indien s’y prenait comme un manche… il n’y a qu’une empreinte de mocassin.

    Cependant, le pauvre Indien devenu chauve après deux semaines d’entraînement intensif n’y était pour rien. C’est l’autre là, avec son équilibre de vache sur un tonneau (c’est rigolo, mais c’est salaud (pour la vache j’entends)), qui était complètement incapable de rester perché sur son canasson plus de trente secondes une fois celui-ci lancé au grand galop. Pour vous dire: au pas, c’était au cheval de faire gaffe à ce que l’idiot posé sur son dos ne bascule pas, en faisant lui-même les écarts nécessaires au rétablissement du fils à papa pâle. De loin on aurait cru à un concours de dressage, comme ceux que l’on voit de nos jours, à quelques détails près : d’une part le type ne portait pas de bombe ridicule sur le crâne et d’autre part la situation était inversée: c’était pratiquement la monture qui faisait faire des figures à son cavalier.

    L’exercice favori de môssieur était pourtant, et contre toute attente si l’on considère ce que je viens de dire, le grand galop à dos d’étalon, celui qui vous rend chauve. Les porte-moumoutes savent de quoi je parle. Grand galop qui finissait pourtant systématiquement (après 30 secondes de purs bonheur/terreur) par un remarquable vol plané suivit comme de bien entendu par la figure dite de « la taupe », à savoir un cavalier en harmonie parfaite avec la terre qui s’est ouverte à lui le long d’un magnifique sillon et le recouvre amoureusement en fin de trajectoire d’un seyant voile de poussière.

    La faute à une musculature de moule et donc l’incapacité de maintenir la cohérence de son squelette dans cette situation très mouvementée.

    Ayant bien compris cela dès le départ, le vieil Indien s’époumonait à redresser la situation en hurlant : « Visage pâle, freiner !!! » chaque fois que la monture prenait un peu de vitesse.

    Mais ce qu’il faut savoir, là maintenant sinon on ne comprend rien à ce qui va suivre, c’est que ces péripéties attiraient de plus en plus de spectateurs, y compris des vaches hilares. (Ce détail prendra toute son importance à la fin de l’explication.) Parmi eux, on trouvait notamment les serviteurs noirs de cette grande maison coloniale très cosmopolite. (Il y avait évidement des asiatiques aux commandes de la buanderie, comme dans Lucky Luke.)

    Ce « petit personnel » noir était particulièrement enthousiasmé par ce run d’enfer, car c’était bien évidement une occasion inespérée de se gausser (voir article de Brrrrr) aux dépens de leur maître. Aussi, pour faire durer le plaisir, ces derniers s’employaient consciencieusement à faire tout ce qui était en leur pouvoir pour ne pas ralentir la course du cheval. Ce en courant aux côtés de l’animal en hurlant au contraire de l’Indien : « FAUT PAS L’FWEINER !!! FAUT PAS L’FWEINER »

    Admirez la transcription de l’accent afro à l’écrit.

    Spectacle étrange, idiot, incompréhensible, jubilatoire. De l’extérieur évidement. L’absurde fait rire et le rire attire.

    Se formait ainsi tous les samedis un attroupement de badauds, oui seulement une fois par semaine parce qu’il fallait maintenant donner le temps au maître d’équitation de se reposer et au cavalier de se soigner. Dans la mesure du possible. Et comme l’Homme est de nature joueuse, ces spectateurs en vinrent naturellement à lancer des paris sur la durée du rodéo hebdomadaire, sur le nombre de bleus afterchute de Duncan, ou sur l’endurance des serviteurs, les « palfreiners » comme on les appelait finalement.

    Car aux yeux des spectateurs ils devinrent acteurs à part entière du pestacle, chargés de s’occuper du cheval en course. En fait, les palfreiners prirent leur rôle tellement à cœur qu’ils en vinrent à s’occuper également du cheval au repos, dans l’écurie donc, afin d’être sûrs qu’il soit parfaitement en forme pour le prochain run, ce qui est somme toute, fort logique. (Malgré leur emploi du temps déjà chargé.)

    L’histoire aurait pu se terminer là, et on appellerait de nos jours les responsables d’écurie par leur vrai nom, les palfreiner donc. ( Duncan ayant décidé plus tard de se mettre à la course de chariot, la course des palfreiners disparut brutalement. Mais pour les punir de l’affront qu’ils avaient fait chaque semaine au rejeton du patron, on décida de les laisser aux écuries.)

    Mais revenons-en à nos arçons.

    Le fait est que si l’Homme aime jouer, il adore encore plus tricher.

    Effectivement, l’activité devenant rentable avec les paris, les palfreiners comprirent l’intérêt qu’ils pouvaient trouver à rallonger artificiellement la course afin d’augmenter le suspense et donc d’attirer toujours plus de spectateurs. Leur gros problème c’est qu’en l’occurrence il fallait vraiment faire quelque chose : après avoir changé six fois de monture (pour diverses raisons comme la mauvaise foi de Duncan (« c’est pas moi qui suis mauvais, c’est le cheval qui ne sait pas courir »), fuite de la monture ulcérée d’être montée par une tache pareille, tronc d’arbre mortel, ) les derniers chevaux disponibles n’étaient pas des plus compétitifs.

    Que faire ?

    Marabout.

    Bout de ficelle. Selle de ch’val. Logique donc.

    La course suivante, le cheval explosa tous les records. Tollé général lorsque tout le monde apprit que les dés étaient pipés (car parallèlement Duncan faisait tout de même quelques progrès, faut pas déconner après toutes les gaufres encaissées, il commençait à en avoir ras le Stetson et à maîtriser de mieux en mieux sa monture) avec un cheval dopé du crin aux sabots.

    Donc cheval dopé, maître encastré (la dernière ruade l’envoya plus haut qu’un perchiste, pas question de sillon lors du retour sur la terre ferme ce coup-ci : on parlera plutôt d’un  cratère), palfreiners accusés. Cependant ces derniers nièrent en bloc, et contre toute attente, devant les preuves accablantes retrouvées dans l’écurie (notamment le marabout complètement fonfon, avec un pétard local dans chaque narine).

    On les comprend en même temps, il ne faisait pas bon avoir tort lorsqu’on était noir à cette époque… Enfin, qu’on n’était pas blanc, plus précisément.

    Bref, la solidarité jouant trop, on commença à se lasser de cette mauvaise foi des palfreiners. On disait partout qu’ils n’étaient vraiment « pas les derniers à nier », ces artisans du tort notoire (qui a parlé d’hommes politiques ??). Cette propension négationniste devint si proverbiale qu’on les rebaptisa subtilement mais de façon très péjorative par inversion de lettre : « palfreniers ».

    Evidement, si vous ouvrez un dictionnaire, vous aller rire. Pourquoi diable y a-t-il un « e » supplémentaire à palfrenier (qui s’écrit donc palefrenier) ?!!

    Qu’on se rassure, ce n’est même pas une faute de frappe de Robert (qui n’en fait jamais (car il est honteusement aidé par une ribambelle de servants anti-coquilles (si j’osais je parlerais même de Robert et ses quarante voleurs (au prix du dico, c’est mérité je trouve)))).

    En fait, ce « e », on le doit tout simplement à un ami de Duncan. Un ami Français pédant. Mais pédestres car moins téméraire.

    De bonne famille, Gustave Maque-Les-Audes (ses ancêtres firent fortune sur le marché matrimonial) cultivait comme il se doit, n’est-ce pââââs, un accent des plus horripilo-bourgeois qui seyait par ailleurs fort bien à sa face de cul de poule enfarinée d’Immortel. Car il est en fait plus connu sous le pseudonyme d’Henry Patin, (pas con comme pseudonyme pour un marieur hein ?) élu membre de l’Académie Française en 1842. Que je trépasse si je mentisse, vous pouvez aller vérifier sur le site même de la secte.

    De l’institution, je veux dire. (http://www.academie-francaise.fr/immortels/index.html)

    Toujours est-il que de retour en France pour une visite à la vieille souche familiale, entendez «  futur magot », il s’empressa de narrer avec moult élans romanesques fortement accentués les efforts de ces « pââââleufreuniiers courants et soufflants tels pathétiiiiiiques valets au service de cette pôôôvre bêtes voyez-vous, dans l’unique but de faire durer la folle cavalcââde aaaaah hâ hâ hâ !! … »

    Ca se passe de commentaires, et puis le mal était fait. La famille mais surtout l’Académie reprirent l’ « e », mais bien évidement l’on continua naturellement à parler de palfrenier en dehors de ces cercles décatis. D’érudits.

    Pour conclure cette plaisante page d’histoire littéraire, j’aimerais revenir brièvement sur un point évoqué plus tôt dans l’exposé. Vous vous souvenez des vaches hilares? Bon. Et bien elles sont restées extrêmement célèbres jusqu’à aujourd’hui car elles sont en fait à l’origine du nom qui fut donné à cette course des palfreiners :

    LA CHEVAUCHEE DES VACHES QUI RIENT


    Et par la même occasion, vous savez désormais pourquoi elle rit, la vache qui rit.

    Si ce n’est pas du scoop de première qualité ça, j’arrête l’étimau moi.

    Je vous expliquerai peut-être un jour pourquoi elle est rouge. Non parce que savoir pourquoi elle rigole, c’est devenu un sujet de conversation mondial, mais par contre le fait qu’elle soit rouge n’émeut personne semble t-il. Alors que c’est vachement plus étonnant, si vous voulez bien me permettre l’expression.


    Mesdames, Messieurs,

    Je vous souhaite le bonsoir.


    Plum’s



    October 07

    Contrepéterie

    A l'heure de mettre sous presse (de retour d'expédition au Zambèze où les femmes sont belles et gentilles), il me vient à l'idée que j'aimerais bien ne pas avoir une panne de micro.

    Ainsi donc nous y voici enfin. Je suis certains que toutes et tous vous vous demandiez bien quand la rédaction d'Etimaulogis allait se mettre à l'ouvrage sur ce mot divin qui désigne une pratique dont nous sommes de fervents adeptes (vous noterez au passage que ce paragraphe n'en comporte aucune … (c'est promis, c'est le premier et le dernier, alors … affûtez vos neurones et tâchez de ne pas en omettre)), ami(e)s lecteurs et surtout trices vous voilà récompensés de votre patience … tout n'était qu'une question de choix … et (évidemment) de date (pardon (j'ai pas pu m'en empêcher (et puis zut … fallait bien vous mettre dans le bain non?))).

    Cela dit, il faut vous avouer (mais vous l'avez sans doute remarqué non?) qu'on aime le risque ici et les pentes savonneuses pour oser s'aventurer sur le terrain etimaulogique de mots tels que ceux que nous vous proposons habituellement dans nos pages. Mais, à l'instar du géographe conférencier qui montre son globe en scène ou de l'exploratrice qui appréhende les pistes indigènes, nous ne rechignons point devant l'ampleur de la tache (fut-elle de vin rouge sur notre si jolie nappe vichy (rouge et blanche comme il se doit)).

    C'est si vrai qu'après l'audacieux récit de Grrrrr (avec 5 "r" d'en avoir 2) à propos de l'occurrence (pour ne citer que le plus récent mais on pourrait aussi rappeler à votre mémoire des mots comme : mandragore, éburnéen, concupiscent, interlope et autre sacerdoce), il relevait de la gageure de présenter un mot comme celui-ci : "contrepèterie". C'est à dire l'art de décaler les sons.

    Mais comme le point a son contrepoint, le pet a son contrepet (on notera à cet égard qu'on a, depuis toujours, associé pape Pie et pet (ainsi que mangue à mêler (cette double contrepèterie sera d'ailleurs honteusement dévoyée vers la fin du vingtième siècle par un nommé Henri Tachan)). Même si, ainsi que nous allons le voir, il n'y a aucune relation de cause à effet (si ce n'est celui de reposer nos narines un moment après la brillante démonstration du susdit Grrrrr (auquel il serait vain d'oser contester nos particules (pour les fidèles lecteurs … il y aurait même un lointain rapport ici avec certaines lucioles (incassables?) que nous côtoyâmes naguère))).

    Comme son nom ne l'indique pas, le mot "contrepèterie" a une origine à la fois française et théâtrale ce qui n'a rien d'incompatible : nous sommes tant habitués à passer de la crête à l'abîme!

    Isidore était né Comte de Lapillule et coulait des jours heureux en son château quelque part vers l'an de grâce 1540 et six heures du soir. C'était un bon vivant qui aimait la bonne chère (il avait toujours un canard sur le feu (car il aimait les nouilles qui cuisaient au jus de cane) ou des gamelles de morille) et les jolies demoiselles en corset et en culottes à qui il proposait toujours un petit coup de marc après la dînette.

    Son père, qui était un grand voyageur, était mort (bien avant Marco Polo) d'être arrivé à pied par la Chine (vous savez bien … la Chine … celle qui se dresse à la vue des nippons). Il avait donc été élevé, avec plus ou moins de discipline par sa mère qui, il faut bien le dire, passait plus de temps à sélectionner des pierres fines  avec ses copines de thé qu'à éduquer son rejeton. Pour tout dire, elle était même un peu originale … allant même parfois jusqu'à se mettre un collier de citrouilles autour du cou.

    Jusqu'à sa majorité, tout se passait plutôt bien d'ailleurs et il avait fallu attendre qu'il atteigne l'âge avancé (pour l'époque) de vingt-neuf ans, pour sentir chez lui arriver les prémices d'un quelconque intérêt pour quelque chose. Jusque là, le vin était la seule chose qui le passionnait (le gros plant guère vert et le médoc pour tout faire passer restant ses préférés).

    Jusqu'au jour où … (ça compte pas ce paragraphe là (il est trop court) alors ne cherchez pas (je suis sympa quand même parce que vous auriez pu cherchez un moment avant de trouver "Joujou court-jus" qui n'en est même pas une d'abord même que oui et qui en plus ne veut rien dire ou bien "où cours-je Juseau" (qu'on sait même pas qui c'est en plus) qui ne veut rien dire non plus)).

    Jusqu'au jour où donc. Une troupe de théâtre fit halte sur la place du village qui se trouvait également être celle du château. C'était là un hasard dont pas un mathématicien n'aurait pu prévoir la venue. Aucun homme d'ailleurs, n'est jamais assez fort pour ce calcul.

    Il faisait beau et chaud … (il est court aussi celui là mais il n'en constitue pas moins une contrepèterie (je vous le dit parce que sinon elle va passer inaperçue) … certes d'origine belge (ou blonde comme vous voudrez je suis pas sectaire) mais contrepèterie néanmoins ne vous déplaise)).

    Notre ami Isidore faisait sa petite promenade quotidienne quand il se retrouva aux abords des tréteaux qui étaient en train de se monter (pas l'un sur l'autre je vous rassure (quand même (douteriez-vous encore que ce soit une maison sérieuse ici?))) et là, il la vit (autre contrepèterie belge).

    Elle se tenait à côté de l'estrade, un peu à l'écart, semblant se parler à elle-même. Elle faisait des exercices de diction, histoire de ne point bégayer lors de la représentation du soir : une tragédie grecque, bizarrement écrite en latin. Cette particularité avait retenu l'attention du metteur en scène qui avait décidé, derechef, de monter (lui aussi? (décidément, on monte beaucoup dans cette histoire)) la pièce avec la traduction originale mais sur le mode des grandes tragédies … avec un chœur chargé de répéter les phrases importantes pour en souligner toute l'intensité.

    Après quelques minutes, elle prend conscience de la présence d'Isidore qui la contemple. Telle est l'expression exacte car le dénommé Isidore restait béat devant la comédienne. Bredin aurait-on pu dire … amoureux fou en quelque sorte. Dans un élan désespéré, il ne peut que lui envoyer cette phrase magnifique : "Ô ma belle égérie, ta muse me refoulerait-elle?".

    Touchée, la damoiselle engage la conversation … très vite ils s'enflamment. il adore le théâtre … elle adore les comtes (surtout quand ils ont un beau château) … les voilà à parler de la Grèce historique, puis sans s'arrêter des mœurs dissolues d'icelle à sa décadence, quand les nobles faisaient donner des bains de foule à leurs vierges, oubliant que les rites sont un bien nécessaire.

    Bref, en quelques instants il lui plu, elle lui plu, ils se plurent (d'oignon) et l'après-midi touchait déjà à sa fin quand le directeur de la troupe vint annoncer qu'il serait peut-être temps d'aller se préparer pour la représentation du soir qui devait démarrer dans pas plus tard que dans pas longtemps (c'est-à-dire bientôt si j'en crois ma montre). Mais le Comte était trop bon pour la quitter ainsi. Il lui fait promettre de se revoir le lendemain et, pour faire bonne mesure, invite la troupe à se produire au château.

    Il faut savoir que les troupes de théâtre de l'époque n'avaient rien à voir avec celles que l'on voit aujourd'hui. Elles étaient plutôt de nature itinérante et faisaient escale, au gré des fortunes et de la bonté des spectateurs. Le Comte représentait donc une providence. Le métier n'était pas très bien payé et il fallait travailler dur pour pouvoir se payer ses potions (ce qui est, sans aucun doute à l'origine du fait que les artistes sont payés avec des cachets … les premiers comédiens jouaient pour se payer les traitements médicaux qui leur faisaient défaut et du coup, à l'arrivée des premiers cachets d'aspirine, l'expression a dérivé, c'est chié non?). Et puis il fallait entretenir les mules qui tiraient les roulottes (certaines de ces bêtes devaient être ménagées tant elles étaient proches de l'arthrite).

    Pendant ce temps la châtelaine, soucieuse de bien accueillir ses hôtes, souffrait de ce que son manoir manquait de chambres. Bref, tout ça pour dire qu'une étape de quelques jours dans un château … ça n'arrivait pas tous les jours mais il ne fallait surtout pas laisser passer l'occasion, c'était toujours ça de gagné.

    Isidore, tout à sa flamme, devenait poète écrivait des vers à celle qui devenait peu à peu sa bien aimée (il l'aimait d'autant plus qu'elle habitait Laval) :

    "L'attente a des plaisirs qu'on ne fait qu'un moment
    Aussi, jouet des vents qui l'hiver me rudoient
    Sur des talus où vont se fanant mes appâts
    En un dense réduit où je n'ai point de joie
    Veux-je conter ce don que Thyrsis bafoua?"

    La belle, d'abord un peu intimidée (pouvait-il en être autrement?), s'épris du Comte et de son amour, un jour, lui cria l'aveu.

    Mais la troupe devait continuer son chemin et le Comte se lamentait : "Ah comme je l'aime cette petite, vive, indulgente …"

    Il ne pouvait se résoudre à la laisser partir. Aussi, il lui proposa de s'engager dans la troupe. Il était piètre acteur mais pouvait toujours jouer les utilités dans le chœur, à l'unisson bien qu'il préférât les libres chants.

    L'affaire fut conclue sur le champ (voire … en la circonstance … sur le chant) et le Comte ravi de rester auprès de sa bien-aimée, quitte à rester dans un succès ressassé.

    Le soir même … à Beaumont-le-Vicomte (c'est entre Choisy-le-Roi et Bourg-la-Reine non?) la troupe donnait sa représentation. Et au moment pathétique, le chœur devait entonner : "Pénélope ne suivit pas toujours la voie d'Ulysse!".

    Impressionné, Isidore s'emmêla les pieds dans le tapis et … la pauvre Pénélope se mit à suivre une autre loi.

    Bien sûr, ça aurait pu passer inaperçu. Mais il se trouvait qu'au premier rang était assis un personnage haut en couleur de l'époque, un dénommé François Rabelais. Epicurien patenté, gaulois gaillard dans l'âme, était littéralement plié en deux par cette réplique. D'autant que le Comte, pas en reste, récidivait avec les romains qui sautaient de la Roche Tarpéienne … l'abîme à latins ou la Pythie (qui vient en mangeant) qui n'hésitait pas à mettre un certain nombre de ses fois dans toutes ses délations.

    Le curieux spectateur exultait, se roulait par terre, terrassé par les crampes d'estomac. Il se mit à hurler quand Isidore en vint à parler des filles de Troie qui offraient leurs deux joues.

    Le patron de la troupe, en coulisses, demandait à qui voulait l'entendre : "mais qui est donc cet olibrius qui a tout ce que le Comte répète rit!".

    Dans un éclair de colère de voir ainsi sa pièce martyrisée, un mot nouveau était né … destiné à une longue carrière que Rabelais lui-même immortalisa dans Pantagruel en parlant de ces vieilles filles qui étaient folles de la messe.

    Isidore fut viré sur-le-champ mais engagé derechef par le nommé Rabelais … le genre de la tragédie parodiée était né et devait engendrer des chefs d'œuvre dont un des plus récents fut "Phèdre à repasser" bien sûr.

    Et il put enfin mander sa belle en mariage (et plus il mandait, plus elle bouillait) … elle accepta et il put lui faire goûter son far andin. Ils vécurent heureux et firent plein de petits contrepets. Les archives de leurs ébats traversèrent les siècles pour donner naissance au fameux "album de la Comtesse" si cher à un quotidien célèbre.

    Amies lectrices, je suis ravi de vous avoir fait goûter les joies de la verve.

    Amis lecteurs … que votre verbe soit en joie!

    En tout cas, voilà à nouveau une vérité historique enfin rétablie.

    September 24

    Carapater (se)

    En cadeau pour Elle qui piaffe d'impatience le week-end venu (si si, vraiment, ça donne envie d'écrire, des fans aussi fidElles, même à 2 heures du mat'), voici un mot à loger qui a pris depuis quelque temps la tangente, toujours fuyant, glissant comme un savon de Marseille, ce qui explique sa présence persistante en gare des mots...La saison 2 d'Etimaulogis se doit de partir sur de saines bases, et il est hors de question à la rédac' de laisser filer à nouveau ce terme loin de notre attention. Grrrrrr a donc pris le taureau par les cornes et tendu un piège à ce vocable espiègle pour enfin l'épingler et l'ajouter à la collection de petits mots logés. Non mais!!
     
    Nous retrouvons donc un décor familier aux fidèles d'Etimau depuis "moinner". Nous sommes en Europe de l'Est, contrée chargée d'histoire et de mystère, en Roumanie plus précisément. Le premier cliché qui vous vient à l'esprit est le bon, l'ombre du Comte Drakul plane insensiblement sur une ambiance d'outre-tombe, au brouillard épais, accompagnée d'un froid humide qui vous refroidit les sens et vous glace le sang...Et du sang froid ou de son manque justement vient l'origine du terme "se carapater", vous allez découvrir comment.
    Dans la grande famille des vampires, il est comme vous le savez de tradition de se nourrir du sang frais des humains dès la nuit tombée...Or si cette région est bien le berceau historique de ces suceurs de sang, il s'en trouve de partout dans le monde, le vampire n'étant pas une espèce endémique malheureusement comme le koala terreur de l'eucalyptus australien ou le panda cauchemar du bambou mandchou, puisque le sang humain se trouve en quantité non négligeable sur toute la surface terrestre.
    Alors me direz-vous, comment se fait-il que ce soit justement en Roumanie que les premiers vampires ont prospéré? Fort simple, c'est tout simplement lié au climat décrit ci-avant, à une température idéale et un degré d'humidité de l'air propices à la fouette la plus intense dès qu'on met un pied dehors après le couvre-feu, une atmosphère unique au monde où l'être humain est pris d'une peur irraisonnée, un genre de terreur nocturne enfantine comparable à la peur du loup ou du croquemitaine, sans qu'on puisse exactement en déterminer la cause ni en supprimer les effets...Le sang se glace, la sueur se fige au front, les jambes flageolent, jusqu'à ce que le sol semble se dérober sous vos pas...et vous voilà par votre propre peur devenu une victime idéale du vampire qui vous pensez bien, n'attend que vous soyez suffisamment frais pour vous déguster en bloody mary avec un soupçon de tabasco. En résumé, le vampire roumain n'a aucun effort à faire pour effrayer ses victimes et refroidir ainsi de façon idéale la température du liquide qu'il convoite, le milieu naturel s'en charge fort bien, et donc aucune raison de changer d'endroit, c'est un peu comme à la pêche, quand ça mord tout seul (hihi quand ça mord!) hé ben tu changes pas ton pliant de place inutilement.
    Ce qui fait qu'au fil du temps, on arriva à une surpopulation de vampires et qu'il y eut un inévitable exode, tant la population locale était décimée et se reproduisait de moins en moins (on en était arrivés à guetter la première sortie nocturne des nourrissons humains, c'est pour vous dire). Des vagues entières de chauves-souris émigrèrent donc au delà des massifs montagneux, et s'installèrent qui en Europe occidentale, qui en Scandinavie, dans des endroits tempérés où le climat s'approche le plus des conditions de rêve qu'elles (les chauves-souris) connaissaient jusqu'alors.
    Il arriva cependant durant ce mouvement de population que certains individus aux dents particulièrement longues eurent envie de voyager plus loin, vers des terres inconnues, à la recherche d'un Eldorado, à l'instar de nos grands découvreurs comme Magellan ou Colomb. Confiants en leur radar intégré, ils volèrent longtemps, persuadés d'aller plein nord-ouest...C'était sans compter que le violent orage qui éclata le soir de leur départ était d'un magnétisme intense et dérégla leurs instruments de navigation de façon irréversible et les laissèrent aussi aveugles qu'une bobo blonde privée de GPS aux confins du plateau de Millevaches.
    Et, en fin de nuit, la colonie de vampires atterrit en plein désert du Sahara, aux yeux étonnés de quelques Touaregs matinaux hilares de voir se poser de grands draps noirs volants, qu'ils se chargèrent de tailler à coups de sabre pour s'en faire des foulards en riant à gorge chaude, berk et reberk, pas comestibles du tout pour nos buveurs de sang!!!...Pris de panique, les vampires rescapés voulurent se sauver à tire d'aile pour regagner leur point de départ en criant " Tous aux Carpates, tous aux Carpates!!!" Mais le jour pointait, et rares furent ceux qui trouvèrent un abri en ces lieux hostiles et lumineux...Quelques malchanceux, aux ailes coupées mais en vie cependant, entreprirent de rentrer aux Carpates à pattes, mais n'y arrivèrent jamais et périrent en chemin au terme de cette nuit d'horreur, faute de refuge aux premiers rayons du soleil implacable de l'Afrique.
    A l'issue d'un voyage éprouvant, ils rentrèrent au pays et narrèrent leur mésaventure. Il fut décidé en conseil des sinistres que ça ne se passerait pas comme ça, que si on avait dû pour cette fois se sauver en toute hâte face au danger, ces Bédouins avaient besoin d'une bonne leçon, et que foi de vampire on allait leur flanquer la trouille de leurs vie, et qu'on les forcerait à leur tour à vouloir rentrer chez eux en courant, tellement ils auraient peur! (et du coup, pour le sang glacé, hein bon vous suivez, n'oubliez pas l'objectif alimentaire de la démarche, il en allait de la survie de l'espèce, faut pas rigoler avec ça, c'est de la géopolitique qui prit une tournure quasi militaire).
     
    Cette opération de terreur systématique fut baptisée "Carpates à pattes", en hommage aux héros morts pour la cause commune, et le premier travail une fois débarqués sur zone fut de creuser des grottes dans les dunes pour pouvoir s'abriter, d'où les habitudes troglodytes encore existantes aujourd'hui que l'on connaît aux chauves-souris. Et on assista donc à une véritable tempête du désert, tant ça voletait là-dedans, fallait voir ça les projections de sable dans tous les sens, et ces coups de vent soudains dans le dos des Touaregs à l'heure d'aller faire pisser les dingos...Peu à peu, la technique fonctionna et le bédouin moyen regarda à deux fois avant de sortir Médor, une fois que certains d'entre eux furent retrouvés au matin complètement vidés de leur sang après avoir succombé à la panique, tenant encore en laisse leur animal de compagnie hurlant à la mort...ça refroidit, non??!!
     
    Ainsi, à l'heure de la veillée chez les hommes du désert, on se réunissait autour du feu de camp, pour ne pas avoir à connaître l'effet de ce "carpates à pattes" incompréhensible hurlé chaque nuit en permanence et à  tue-tête (Carpates à pattes!!! Carpates à pattes!!! en cacophonie), par une multitude d'hôtes indésirables à savoir une envie irrépressible de s'enfuir à toutes jambes pour ne pas finir en pâtée pour chauve-souris...Le temps faisant, le mot très usité voyagea avec les hommes, s'amalgama comme une rose des sables, se transforma et s'éroda dans les bouches comme les dunes au gré du vent changeant, et on aboutit à la locution "courir aux carapates", sensiblement synonyme de "prendre la poudre d'escampette" qui rappelle le petit nuage de poussière ou de sable qu'on laisse derrière soi en s'enfuyant précipitamment. On forma logiquement par la suite le verbe d'action "se carapater", voici donc l'origine de ce mot à l'histoire étrange, j'en conviens, mais véritable.
    Epilogue: Les Bédouins furent tellement terrorisés qu'ils se carapatèrent dans les rares oasis et résolurent de n'en sortir qu'en cas d'extrême nécessité, et quand les voyageurs des caravanes de passage posaient la question du pourquoi du comment ils restaient là à demeure, ils répondaient en montrant leurs canines: "C'est dentaire!" pour signifier qu'ils craignaient la morsure des vampires, et c'est là l'étimaulogie du mot que vous devinez et qui désigne un mode de vie non nomade.

    Amateurs de colère, partisans d'ire, au revoir.
     
    Grrrrrr
     
    September 17

    Occurrence

    Une occurrence, en linguistique (et là vous pouvez me faire confiance, j’en connais un petit rayon), est l’usage d’un mot ou d’une expression dans un corpus donné. Un terme peut ainsi avoir plusieurs occurrences, selon le corpus dans lequel il figure. Par exemple, si vous prenez le mot « Gitanes » (au hasard), les deux occurrences font que vous le situez sans vous tromper soit autour d’un feu de camp dans une caravane blindée aux Gipsy Kings, soit dans la poche revolver du défunt et regretté Gainsbourg (blindé au Pastis 51, lui), vu qu’on voit mal des clopes même brunes danser le flamenco ou Sergio téter Esmeralda (quoique…)

    Ça va toujours ? Bon, on continue alors, parce qu’on n'est pas là pour étudier le sens des mots, mais pour en expliquer la formation étimaulogique, ne l’oublions pas. Et là, autant vous le dire tout de suite, la tâche est ardue, les aspros sont en duty-free chez Elle, en ChapEllerie, allez-y tout de suite, ça vaut mieux, tant j’ai peur de faire dans le super lourd…En résumé, notre charmante Rayanelle nous a demandé pourquoi une occurrence s’appelle une occurrence, tout attirée qu’elle est (et on la comprend) par l’heureuse homonymie que le mot partage avec les groupement de mots « au cul rance »…On se demande bien pourquoi un cul pourri conduirait à la linguistique...et pourtant si, elle a raison la bougresse !!! (pardon, Rayanelle, ça m’a échappé)…Et ceci par la grâce et la richesse de deux langues latines : le français et l’italien.

     

    Oups…ben voilà, vous venez de passer à côté de l’explication…si si, pas loin du tout…Vous ne voyez pas ? Pffff, faut tout vous expliquer, mais bon je suis payé pour ça, après tout…

    « Ça m’a échappé… » Là voilà, l’explication : je viens de produire une parole incontrôlée dans un contexte donné…tout comme je l’aurais fait d’un gaz intestinal impossible à  réfréner, dû à, je vous le donne en mille : un cul pourri (ou un cul rance, voilà, vous y êtes !!!)…Donc, à l’origine, une parole « au cul rance » est un mot en l'air, lancé de façon légère, et dont l’emploi est inattendu dans le contexte (ben oui, je suis sûr que Rayanelle ne s’attendait pas être taxée de bougresse aujourd’hui), comme l’odeur et le bruit soudain d’un pet monumental en pleine messe de mariage. Ça sent le vécu, ça , hein? Et dans vécu, c’est surtout la deuxième syllabe qui est visée, vous l’avez deviné…Je vous raconte ? Hé bien voilà…

    Le  jour de Pâques de l’an de grâce 1504, le pape Pie III ( ne cherchez pas le jeu de mots, c'est comme ça et c'est tout) célébrait les noces de quelque monarque d’Europe centrale sans grand intérêt (Michel de Bohême, un truc comme ça, enfin un roi des bois, des plaines et des grands espaces verts, ancêtre en ligne directe d’un copain à moi qui bosse à l’ONF), et il fut pris (le pape, pas Michel !!!) d’une envie terrifiante de se libérer les intestins…Il avait beau être seul en haut de sa chaire, il regrettait amèrement que la papamobile hermétique et blindée ne fût pas encore inventée pour pouvoir s’y soulager et s'y réfugier tellement il craignait l'incident diplomatique, le schisme inévitable de l'église romane roumaine…Pie trouva donc l’astuce suivante, de lâcher un pet aussi peu sonore que possible au moment même où l’assistance répondait en écho à ses prières…Deo gratias («merci à Wizard », oui c’est bien ça , tu connais ton latin !!), personne ne se rendit compte du subterfuge ( petite parenthèse, on adore ça ici, pour cet autre mot dont on peut expliquer l’origine ainsi :un subterfuge, littéralement, « fuit sous terre », comme le pet du pape rampant diligemment et sournoisement vers la sortie de la basilique sans se faire remarquer, comme un radin à l’heure de la quête), et le pape put (et pue aussi, oui certainement) ainsi continuer en toute sérénité, l'odeur se répandant sous lui dans la nef, quoique fort incommodante et guère catholique n'étant pas aussi aisément repérable que le bruit pour lui être assurément attribuée.

    Ce n’est que lorsque le souverain pontife conta ses mémoires peu avant sa mort en 1513 que l’anecdote resurgit et fit grand bruit (guère étonnant en soi, au demeurant) dans les coulisses du Vatican…Pie pète pendant la messe !!! (rien à voir avec les p’tits coups d’pinard que nos curés de campagne s’envoient à l’aide de discrètes fioles planquées dans leur soutanes)…Le récit de cette incongruité voyagea (on est en pleine Renaissance) jusqu’en France, où forcément on se marra beaucoup des déboires de ce pape « au cul rance », comme on disait alors des personnes à problèmes gastriques...(toute ressemblance ou allusion à une personne existante et néanmoins (ça vaut mieux qu'en plus, dans de tels quarts d'heure) amie est purement fortuite, sorry mon Nico de te rappeler de douloureux épisodes, c'est l'Histoire, j'y peux rien...)

    Faites maintenant le rapprochement avec la parole insolite, inconsidérée dont je vous parlais plus avant, et la boucle est bouclée. On assimila le terme « au cul rance » à une occasion opportune de s’exprimer secrètement sans attirer l'attention…De fil en aiguille, les au-cul-rance devinrent des mots dont seuls les initiés comprenaient le sens codé (et avec ces guerres de religion, les codes pullulaient à l’époque de Vinci, croyez-moi). Enfin le terme désigna plus simplement et plus largement (vu que tous les secrets...s'éventent) ce qu’il signifie aujourd’hui, c'est-à-dire le sens donné à un mot selon son contexte, ne me faites pas répéter (avec un accent au premier e, oui…)

     

    On simplifia ensuite le mot par une «  aucurance », avec une assurance orthographique toute moyen-âgeuse, puis ces farfelus d’Italiens renaissants, trouvant le terme fort poétique (prononcé ocourennss) firent force fioritures florentines (j'adore cette accumulation suggestive de fffff...pas vous?) et te rajoutèrent des redoublements consonantiques pour faire joli, « auccurrance ». Le « en » suivit naturellement pour suppléer le « an » trop franc(ais) (« auccurrence » donc, comme dans Florence, qui est aussi un mot à deux occurrences, ma camarade de blog Mylorine et la ville italienne, mais il y a autant de beauté dans l’une que dans l’autre, alors on confond aisément, hop ça c’était un petit compliment en passant, je reprends). Nous sommes presque arrivés à « occurrence », formé toujours et encore à partir de la prononciation transalpine, dans laquelle le « o » fermé est difficile à produire en début de mot, la substitution s'imposa naturellement.

    Je vous assure que ça s’est passé comme ça, si vous ne me croyez pas, demandez à Brrrrrr, cette histoire fait partie des souvenirs de famille dont on lui rebat les oreilles depuis qu’il est tout gamin…

    Comme décidément je ne peux m’empêcher de faire mon bouffeur de curés (et vu les récents propos de Benoît XVI envers l'Islam, croyez bien qu'en bon oecuménique universel de toutes les religions, je vais pas me gêner!!!), il est à noter que l’Eglise a elle aussi adopté le terme « occurrence », pour noyer le poisson et éviter l’opprobre...Je vous donne en conclusion de ce billet la définition que la Sainte Institution donne d’une fête occurrente, et vous laisse juge : (fête) qui tombe en même temps qu’une autre…"en même temps" !!! ça ne vous rappelle rien ? Mais si, tout comme le pape qui était à la fête de pouvoir se lâcher du pope hautain tout en célébrant son office de Pâques…Et je n’invente rien, allez vérifier si vous voulez !

     Amateurs de colère, partisans d’ire, arrivederci !!

    NB: A noter, assoiffés de savoir que vous êtes, que l'odeur qui vous a fait marrer tout à l'heure était due à la consommation excessive de petits poivrons  par le rusé chef de l'église...C'est donc fort logiquement que l'on baptisa ces petits légumes épicés des "Pie ment" (le terme pepperoni étant quant à lui une formation plaisante de ces rigolos de ritals, un amalgame de "pape" et de "macaroni"...)

    Pour le mot "benoîtement", franchement ça m'étonne pas qu'il existe déjà, sinon on aurait dû l'inventer pour qualifier l'attitude doucereuse et faux-cul de qui vous savez, à partir des propos volontairement provocateurs, sciemment équivoques et en conséquence mensongers qu'il a tenus...Benoît ment, vraiment, ses excuses foireuses n'y changent rien...

     

    Grrrrrr

    September 15

    Turlupiner

    Tout le monde connaît le roman de Maurice Leblanc, Arsène Lupin...Malheureusement, peu de gens savent que le gentleman cambrioleur avait un frère, dont les aventures méritent tout autant d'être contées que celles de son illustre frangin...C'est cette injustice qui me turlupine que je me propose de réparer pour vous, gentils lecteurs d'Etimaulogis...
    Arthur Lupin, disons-le dès avant, est donc à l'origine du vocable susdit, vous l'aurez deviné. Tout le propos de ce billet est bien sûr de vous apprendre dans quelle circonstance s'est formé ce verbe...Immersion dans le Paris des années folles, donc, au Cabaret du Chat Noir, pour être plus précis...
    Dans cette ambiance bruyante, enfumée et parfumée au patchouli, écoutons un moment chanter Bruant, buvons un verre d'absinthe avec Toulouse-Lautrec sans toutefois nous attarder, on est là pour bosser, ho hé, lâche ta cuillère, tu veux!!
     
    Petit détail d'importance...Arthur et Arsène sont jumeaux, ce qui sous-tend qu'ils se ressemblent beaucoup comme des sosies de gouttes d'eau, et qu'on les confond aisément en société...Et c'est précisément ce qui s'est passé ce soir-là, alors qu'Arthur était tranquillement en train de surveiller un suspect (particulièrement lèche-cul )qui faisait du gringue à la danseuse vedette de french cancan (oh là là je manque à tous mes devoirs aujourd'hui...oui, le frangin d'Arsène était inspecteur de police, genre Brigades du Tigre, voyez...)
    Il se vit d'un coup d'un seul pris entre deux malabars qui le ceinturèrent en hurlant "We got him, Boss!!!" (soit "on le tient, patron", pour les non anglophones ou les anglophobes) avec un fort accent hindi (forcément, pour des malabars, ils ont pas l'accent d'Hollywood, hein!).
    Ni une ni deux, l'Arthur fut cagoulé et fourré sans ménagement dans un  punching-ball  sac à patates en lieu et place de son frangegomme (à mâcher, si vous voulez...), et conduit dans un endroit tenu secret dont je ne peux donc vous révéler l'emplacement, non seulement parce que sinon ce ne serait plus un secret, mais aussi et surtout parce que je n'en sais fichtre rien, vu que c'est un secret, comment voulez-vous que je sache ça, je vous le demande un peu, et même carrément.
    Furibard à sa sortie du sac, l'inspecteur Lupin brandit sa carte de pêche à la racaille, dans un effet de manche du plus haut effet comique, qui n'eut d'autre conséquence que de faire marrer les deux gorilles, persuadés d'avoir à faire à une énième mystification du gentleman cambrioleur...
    -Bien essayé, le coup du policier, mais ça ne prend pas, Mister Lupin, nous savons qui vous êtes, cher Arsène...
    -Vous allez voir ce qu'il en coûte d'enlever un officier de police, messieurs, répliqua nonchalamment Arthur Lupin en dégainant sa pétoire d'époque (forcément, on va pas non plus lui coller un uzi entre les pattes, hein)...
     Devant l'assurance du fier représentant de l'ordre, les sbires se montrèrent un peu plus circonspects, et commencèrent à douter..."There must have been some misunderstanding", comme dit Phil Collins...Troublés, ils répétaient mécaniquement en regardant le kidnappé du coin de l'oeil "Arthur Lupin, hey, Arthur Lupin...???" avec cet accent anglindi pas évident à transcrire ici, mais bon ça donne comme quelque chose comme "Owfeur Loupinn, héi..." L'inspecteur, les voyant dans l'embarras prononcer ce truc infâme, comprit "Ho, faux Lupin?" et leur dit "Yes, yes, Owfer Loupinn héi"..."No no, A'thuuuur Lupinn..." firent les ravisseurs en essayant de prononcer correctement et sentant le poids de leur grosse boulette leur coûter méchamment cher dans un proche avenir...La prestance naturelle et toute française de notre policier fit le reste, les barbouzes déposèrent leurs armes à ses pieds sans faire davantage de complications autre que de l'implorer de ne pas, mais si ho hé, tu rigoles ou quoi? et l'inspecteur Lupin te conduisit tout ça au poste pour une garde à view en règle, où il raconta en se marrant sa mésaventure à ses collègues...Quand il arriva au moment de doute des malabars, il reprit leur "Arhur Lupinn, hé"?? prononcé comme vous imaginez avec un accent franglais, ce qui donna "Ah, turlupinés???"
    L'expression fit florès parmi la gent policière et chaque fois qu'une garde à vue bien menée conduisait le suspect à s'enfermer et à se débattre dans ses contradictions, les inspecteurs en charge de l'interrogatoire prenaient un malin plaisir à lui balancer un"Aaaahhh...turlupiné?" dans un clignement d'oeil au collègue en manière de private joke...Petit à petit, tous les malfrats du quartier connurent le terme et le propagèrent, en l'adaptant comme n'importe quel verbe à la situation...C'est ainsi que "ça me turlupine" passa dans le langage courant, ainsi que le verbe "turlupiner", et c'est bien la seule trace qu'on ait gardé dudit Arthur, complètement tombé dans l'oubli depuis.

    Voici donc une vérité de rétablie et une injustice de réparée.

    Amateurs de colère, partisans d'ire, au revoir...
     
    Grrrrrr
     
    September 12

    Escargot

    Ah ces profs, payés à rien faire...la preuve, je vous propose pour la rentrée de Grrrrr l'étimaulogie d'un mot non pas suggéré ni soufflé mais évoqué par Ptipimousse, une collègue à moi que j'ai: escargot. Ce billet est donc très largement copié de comms étimaulogiques laissés par Mr Paperfly (moi) chez Mr Paperfly (toujours moi) et que Grrrrr (encore moi) reprend à son compte ici pour Elle (pas Ptipimousse, qui ne connaît pas ce blog, mais Elle, quoi, la nôtre...) ben oui, parce que c'est pas évident que les lecteurs de Mr Paperfly viennent jusqu'ici, et l'inverse non plus, alors comme ça y en a pour tout le monde...
    Le mot "escargot" provient de ces cochons d'Anglais (encore une fois, Elle, ben ouais...), du temps où la Bourgogne était envahie par ces bouffeurs de boeuf bouilli (le boeuf bourguignon, tsss, tu parles d'une daube). Le Duc de Bourgogne de l'époque, un Grand-Breton donc (dondaine et dondon) se promenant dans la campagne burgonde tomba en arrêt devant deux des spécimens dont il est ici question en plein acte d'amoooouuuur....Le Duc trouva la copulation des gastéropodes locaux un peu trop débridée à son goût d'english et du coup s'exclama devant son valet (français natif, lui) "Oh what a shocking sex...hard, God!!" en voyant de tels accouplements hors norme chez la gent mollusque du cru...Le valet reprit l'expression à son compte, mais maîtrisant fort mal l'idiome de l'envahisseur la transforma peu à peu en "sexe argot" (avec tous les débordements qu'on peut imaginer), terme dont il crut fort à propos d'user en matant le premier samedi soir du mois au spectacle de marionnettes  les accouplements acrobatiques de Banales Peluches (l'ancêtre des films X de Canal Plus): "Wouah, quel coquines de sexe argot!!!"
    Puis, le terme évolua lentement (normal, c'est des pas rapides, ces bestiaux) en exargot pour désigner en  retour et par effet de fille de Bach (hein? ah non, feed-back, pardon, c'est mon accent marseillais qui me reprend) cette limace à coquille aux moeurs hermaphrodites: on parlait donc des "coquilles des exargots", donc, en sachant fort bien qu'en ôtant le q du mot, on faisait une coquille et une couille en même temps, tout se tient...)
    L'exargot fit naturellement son apparition dans les cours d'école (c'était alors une insulte aussi gravissime que "couille molle" ou "nique ta mère"), école où les élèves aussi dyslexiques qu'à notre époque et sans doute davantage encore, n'étaient pas fichus de te prononcer un X correctement..et c''est ainsi que naquit l'escargot (enfin le mot français, pas l'animal), et pas autrement.
    J'ajouterai, pour éclairer enfin Tigibus et bien d'autres, que le terme "couille molle" est, à l'origine, non pas "couille molle" mais "coquille molle"...insulte que Madame Escargot balançait à la tronche de Monsieur (ou inversement, vu que bon, c'est des hermarphod...des hephramod...enfin des biques et boucs) en cas de défaillance sexuelle...Une coquille malencontreuse dans la transcription lors de l'édition originale du "De gasteropodibus modus operandi", le manuel de biologie référence de l'époque et hop...couille molle!
    J'ajouterai enfin que c'est là la première "coquille" reconnue dans l'histoire de l'édition, voilà pourquoi on dit "coquille" en parlant d'erreur typographique.
    Cette histoire de coquilles est également, c'est à noter, à l'origine de l'expression " y a une couille dans le potage", en rapport avec une erreur de manipulation culinaire dans un grand restaurant. Lors de le réalisation d'une recette de suprême à la noix de Saint-Jacques, l'apprenti cuistot commis à cette tâche balança carrément et connement on peut le dire la coquille entière dans le potage. Au moment de servir (franchement c'était pas très présentable), se rendant compte de son erreur, il en avertit le chef de rang  en lui disant: "Chef, pas de cul, je crois que j'ai fait une couille"...Le chef vira les coquilles, laissa les noix baigner dans leur jus alla servir en salle et reprit le terme "couille dans le potage" à chaque fois qu'un de ces foutus apprentis faisait une bourde...
     
    En conclusion, cette accumulation d'escargots et de couilles justifie amplement le sobriquet dont on affuble la bête à cornes par chez moi; on dit un cagouille...
     
    Amateurs de colère, partisans d'ire, au revoir!
    September 10

    Se Gausser

    Sans que ça paraisse, nous voila déjà à la mi-septembre et il y a plus de 2 mois que rien n'est sorti de nos presses (qui du coup n'ont plus aucune raison de s'appeler comme ça).
    Mais bon, on a droit à quelques vacances méritées nous aussi non?
    Et puis je vois qu'une de nos fidèles lectrices (oui! oui! au pluriel! y'en a plusieurs (véridique (ndlr))) est également revenue de vacances et qu'elle nous propose force mots nouveaux à définir.
    Je m'en voudrais de la décevoir.
    Il est donc temps de reprendre la plume les gars et de se remettre au labeur.
    Mais ... les vacances étant ce qu'elles sont, il est délicat de reprendre un rythme effréné sans risquer la surchauffe.
    Aussi, à mon grand dam, et au risque de peiner notre lectrice, je me contenterai d'une définition expresse.
    D'autant que le mot dont il est question aujourd'hui n'appelle pas énormément de commentaires tant il est vrai que son origine est d'une simplicité enfantine et que, de plus, c'est elle (la lectrice) qui nous l'a proposé ... alors ...
    Cela dit, le mot méritait néanmoins le détour car il a été inventé en hommage à un amateur de langues anciennes qui était, de surcroît mathématicien et astronome ... comme quoi ... la pratique des langues anciennes peut mener à tout ... même au pire (on en sait quelque chose ici (surtout du pire)).
    Johann Carl Friedrich Gauss était un enfant prodige autant que facétieux. Doué pour la plupart des sciences dès son plus jeune âge, il avait trouvé rigolo d'apprendre à lire et à compter tout seul dès l'âge de 3 ans afin d'embêter ses petits camarades nettement moins doués que lui.
    Et chaque fois qu'il donnait une bonne réponse au maître, au grand ébahissement de celui-ci, il éclatait de rire en se moquant de ses voisins de table, incapables d'arriver au même résultat en aussi peu de temps.
    Ce travers lui devint essentiel le jour où le maître, histoire d'occuper un peu ses élèves, leur avait demandé de donner le résultat de la somme des nombres de 1 à 100. C'est pas compliqué, vu comme ça, il suffit d'écrire les chiffres et de les additionner. C'est juste que ça prend un peu de temps.
    Le plus rapide des élèves en était à peine à écrire le chiffre 30 quand le petit Carl Friedrich annonça le bon résultat. Et, dans un éclat de rire démentiel, il se plia en deux tellement il était content du bon tour qu'il venait de jouer à son professeur.
    Le bougre avait remarqué que quand on additionnait deux à deux les nombres extrêmes, on obtenait toujours la somme de 101 (1+100, 2+99, 3+98, etc ....) et que, pour l'addition dont il était question, ça se produisait 50 fois. Il avait donc multiplié 101 par 50 et avait donc abouti au bon résultat (si vous ne me croyez pas vous pouvez essayer ...).
    Et toute sa vie, il eut ce comportement, au demeurant excessif, d'éclater de rire en se pliant en deux, tout en se moquant de ses petits camarades.
    Ce n'est que bien plus tard que le mot fit son apparition, quand il inventa la fameuse courbe qui devait faire sa renommée, que l'on se prit à remarquer que la fameuse courbe n'était pas sans rappeler la forme que prenait son inventeur quand il se pliait en deux de rire.
    Et c'est un de ses collaborateurs de l'observatoire de Göttingen (dont il était alors le directeur) qui devait donner le jour à l'expression un jour où Carl Friedrich, en pleine transe (napolitaine évidemment), était venu se moquer de leurs piètres résultats alors qu'il venait de solutionner, lui, une équation particulièrement retors.
    Le dit collaborateur (dont nous tairons le nom par respect pour ses descendants encore vivants) avait marmonné dans sa barbe : "le voila encore en train de se gausser".
    Du coup, voici encore une vérité historique à nouveau rétablie.