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September 24 Carapater (se)En cadeau pour Elle qui piaffe d'impatience le week-end venu (si si, vraiment, ça donne envie d'écrire, des fans aussi fidElles, même à 2 heures du mat'), voici un mot à loger qui a pris depuis quelque temps la tangente, toujours fuyant, glissant comme un savon de Marseille, ce qui explique sa présence persistante en gare des mots...La saison 2 d'Etimaulogis se doit de partir sur de saines bases, et il est hors de question à la rédac' de laisser filer à nouveau ce terme loin de notre attention. Grrrrrr a donc pris le taureau par les cornes et tendu un piège à ce vocable espiègle pour enfin l'épingler et l'ajouter à la collection de petits mots logés. Non mais!!
Nous retrouvons donc un décor familier aux fidèles d'Etimau depuis "moinner". Nous sommes en Europe de l'Est, contrée chargée d'histoire et de mystère, en Roumanie plus précisément. Le premier cliché qui vous vient à l'esprit est le bon, l'ombre du Comte Drakul plane insensiblement sur une ambiance d'outre-tombe, au brouillard épais, accompagnée d'un froid humide qui vous refroidit les sens et vous glace le sang...Et du sang froid ou de son manque justement vient l'origine du terme "se carapater", vous allez découvrir comment.
Dans la grande famille des vampires, il est comme vous le savez de tradition de se nourrir du sang frais des humains dès la nuit tombée...Or si cette région est bien le berceau historique de ces suceurs de sang, il s'en trouve de partout dans le monde, le vampire n'étant pas une espèce endémique malheureusement comme le koala terreur de l'eucalyptus australien ou le panda cauchemar du bambou mandchou, puisque le sang humain se trouve en quantité non négligeable sur toute la surface terrestre. Alors me direz-vous, comment se fait-il que ce soit justement en Roumanie que les premiers vampires ont prospéré? Fort simple, c'est tout simplement lié au climat décrit ci-avant, à une température idéale et un degré d'humidité de l'air propices à la fouette la plus intense dès qu'on met un pied dehors après le couvre-feu, une atmosphère unique au monde où l'être humain est pris d'une peur irraisonnée, un genre de terreur nocturne enfantine comparable à la peur du loup ou du croquemitaine, sans qu'on puisse exactement en déterminer la cause ni en supprimer les effets...Le sang se glace, la sueur se fige au front, les jambes flageolent, jusqu'à ce que le sol semble se dérober sous vos pas...et vous voilà par votre propre peur devenu une victime idéale du vampire qui vous pensez bien, n'attend que vous soyez suffisamment frais pour vous déguster en bloody mary avec un soupçon de tabasco. En résumé, le vampire roumain n'a aucun effort à faire pour effrayer ses victimes et refroidir ainsi de façon idéale la température du liquide qu'il convoite, le milieu naturel s'en charge fort bien, et donc aucune raison de changer d'endroit, c'est un peu comme à la pêche, quand ça mord tout seul (hihi quand ça mord!) hé ben tu changes pas ton pliant de place inutilement.
Ce qui fait qu'au fil du temps, on arriva à une surpopulation de vampires et qu'il y eut un inévitable exode, tant la population locale était décimée et se reproduisait de moins en moins (on en était arrivés à guetter la première sortie nocturne des nourrissons humains, c'est pour vous dire). Des vagues entières de chauves-souris émigrèrent donc au delà des massifs montagneux, et s'installèrent qui en Europe occidentale, qui en Scandinavie, dans des endroits tempérés où le climat s'approche le plus des conditions de rêve qu'elles (les chauves-souris) connaissaient jusqu'alors.
Il arriva cependant durant ce mouvement de population que certains individus aux dents particulièrement longues eurent envie de voyager plus loin, vers des terres inconnues, à la recherche d'un Eldorado, à l'instar de nos grands découvreurs comme Magellan ou Colomb. Confiants en leur radar intégré, ils volèrent longtemps, persuadés d'aller plein nord-ouest...C'était sans compter que le violent orage qui éclata le soir de leur départ était d'un magnétisme intense et dérégla leurs instruments de navigation de façon irréversible et les laissèrent aussi aveugles qu'une bobo blonde privée de GPS aux confins du plateau de Millevaches.
Et, en fin de nuit, la colonie de vampires atterrit en plein désert du Sahara, aux yeux étonnés de quelques Touaregs matinaux hilares de voir se poser de grands draps noirs volants, qu'ils se chargèrent de tailler à coups de sabre pour s'en faire des foulards en riant à gorge chaude, berk et reberk, pas comestibles du tout pour nos buveurs de sang!!!...Pris de panique, les vampires rescapés voulurent se sauver à tire d'aile pour regagner leur point de départ en criant " Tous aux Carpates, tous aux Carpates!!!" Mais le jour pointait, et rares furent ceux qui trouvèrent un abri en ces lieux hostiles et lumineux...Quelques malchanceux, aux ailes coupées mais en vie cependant, entreprirent de rentrer aux Carpates à pattes, mais n'y arrivèrent jamais et périrent en chemin au terme de cette nuit d'horreur, faute de refuge aux premiers rayons du soleil implacable de l'Afrique.
A l'issue d'un voyage éprouvant, ils rentrèrent au pays et narrèrent leur mésaventure. Il fut décidé en conseil des sinistres que ça ne se passerait pas comme ça, que si on avait dû pour cette fois se sauver en toute hâte face au danger, ces Bédouins avaient besoin d'une bonne leçon, et que foi de vampire on allait leur flanquer la trouille de leurs vie, et qu'on les forcerait à leur tour à vouloir rentrer chez eux en courant, tellement ils auraient peur! (et du coup, pour le sang glacé, hein bon vous suivez, n'oubliez pas l'objectif alimentaire de la démarche, il en allait de la survie de l'espèce, faut pas rigoler avec ça, c'est de la géopolitique qui prit une tournure quasi militaire).
Cette opération de terreur systématique fut baptisée "Carpates à pattes", en hommage aux héros morts pour la cause commune, et le premier travail une fois débarqués sur zone fut de creuser des grottes dans les dunes pour pouvoir s'abriter, d'où les habitudes troglodytes encore existantes aujourd'hui que l'on connaît aux chauves-souris. Et on assista donc à une véritable tempête du désert, tant ça voletait là-dedans, fallait voir ça les projections de sable dans tous les sens, et ces coups de vent soudains dans le dos des Touaregs à l'heure d'aller faire pisser les dingos...Peu à peu, la technique fonctionna et le bédouin moyen regarda à deux fois avant de sortir Médor, une fois que certains d'entre eux furent retrouvés au matin complètement vidés de leur sang après avoir succombé à la panique, tenant encore en laisse leur animal de compagnie hurlant à la mort...ça refroidit, non??!!
Ainsi, à l'heure de la veillée chez les hommes du désert, on se réunissait autour du feu de camp, pour ne pas avoir à connaître l'effet de ce "carpates à pattes" incompréhensible hurlé chaque nuit en permanence et à tue-tête (Carpates à pattes!!! Carpates à pattes!!! en cacophonie), par une multitude d'hôtes indésirables à savoir une envie irrépressible de s'enfuir à toutes jambes pour ne pas finir en pâtée pour chauve-souris...Le temps faisant, le mot très usité voyagea avec les hommes, s'amalgama comme une rose des sables, se transforma et s'éroda dans les bouches comme les dunes au gré du vent changeant, et on aboutit à la locution "courir aux carapates", sensiblement synonyme de "prendre la poudre d'escampette" qui rappelle le petit nuage de poussière ou de sable qu'on laisse derrière soi en s'enfuyant précipitamment. On forma logiquement par la suite le verbe d'action "se carapater", voici donc l'origine de ce mot à l'histoire étrange, j'en conviens, mais véritable.
Epilogue: Les Bédouins furent tellement terrorisés qu'ils se carapatèrent dans les rares oasis et résolurent de n'en sortir qu'en cas d'extrême nécessité, et quand les voyageurs des caravanes de passage posaient la question du pourquoi du comment ils restaient là à demeure, ils répondaient en montrant leurs canines: "C'est dentaire!" pour signifier qu'ils craignaient la morsure des vampires, et c'est là l'étimaulogie du mot que vous devinez et qui désigne un mode de vie non nomade.
Amateurs de colère, partisans d'ire, au revoir. Grrrrrr
September 17 OccurrenceUne occurrence, en linguistique (et là vous pouvez me faire confiance, j’en connais un petit rayon), est l’usage d’un mot ou d’une expression dans un corpus donné. Un terme peut ainsi avoir plusieurs occurrences, selon le corpus dans lequel il figure. Par exemple, si vous prenez le mot « Gitanes » (au hasard), les deux occurrences font que vous le situez sans vous tromper soit autour d’un feu de camp dans une caravane blindée aux Gipsy Kings, soit dans la poche revolver du défunt et regretté Gainsbourg (blindé au Pastis 51, lui), vu qu’on voit mal des clopes même brunes danser le flamenco ou Sergio téter Esmeralda (quoique…) Ça va toujours ? Bon, on continue alors, parce qu’on n'est pas là pour étudier le sens des mots, mais pour en expliquer la formation étimaulogique, ne l’oublions pas. Et là, autant vous le dire tout de suite, la tâche est ardue, les aspros sont en duty-free chez Elle, en ChapEllerie, allez-y tout de suite, ça vaut mieux, tant j’ai peur de faire dans le super lourd…En résumé, notre charmante Rayanelle nous a demandé pourquoi une occurrence s’appelle une occurrence, tout attirée qu’elle est (et on la comprend) par l’heureuse homonymie que le mot partage avec les groupement de mots « au cul rance »…On se demande bien pourquoi un cul pourri conduirait à la linguistique...et pourtant si, elle a raison la bougresse !!! (pardon, Rayanelle, ça m’a échappé)…Et ceci par la grâce et la richesse de deux langues latines : le français et l’italien.
Oups…ben voilà, vous venez de passer à côté de l’explication…si si, pas loin du tout…Vous ne voyez pas ? Pffff, faut tout vous expliquer, mais bon je suis payé pour ça, après tout… « Ça m’a échappé… » Là voilà, l’explication : je viens de produire une parole incontrôlée dans un contexte donné…tout comme je l’aurais fait d’un gaz intestinal impossible à réfréner, dû à, je vous le donne en mille : un cul pourri (ou un cul rance, voilà, vous y êtes !!!)…Donc, à l’origine, une parole « au cul rance » est un mot en l'air, lancé de façon légère, et dont l’emploi est inattendu dans le contexte (ben oui, je suis sûr que Rayanelle ne s’attendait pas être taxée de bougresse aujourd’hui), comme l’odeur et le bruit soudain d’un pet monumental en pleine messe de mariage. Ça sent le vécu, ça , hein? Et dans vécu, c’est surtout la deuxième syllabe qui est visée, vous l’avez deviné…Je vous raconte ? Hé bien voilà… Le jour de Pâques de l’an de grâce 1504, le pape Pie III ( ne cherchez pas le jeu de mots, c'est comme ça et c'est tout) célébrait les noces de quelque monarque d’Europe centrale sans grand intérêt (Michel de Bohême, un truc comme ça, enfin un roi des bois, des plaines et des grands espaces verts, ancêtre en ligne directe d’un copain à moi qui bosse à l’ONF), et il fut pris (le pape, pas Michel !!!) d’une envie terrifiante de se libérer les intestins…Il avait beau être seul en haut de sa chaire, il regrettait amèrement que la papamobile hermétique et blindée ne fût pas encore inventée pour pouvoir s’y soulager et s'y réfugier tellement il craignait l'incident diplomatique, le schisme inévitable de l'église romane roumaine…Pie trouva donc l’astuce suivante, de lâcher un pet aussi peu sonore que possible au moment même où l’assistance répondait en écho à ses prières…Deo gratias («merci à Wizard », oui c’est bien ça , tu connais ton latin !!), personne ne se rendit compte du subterfuge ( petite parenthèse, on adore ça ici, pour cet autre mot dont on peut expliquer l’origine ainsi :un subterfuge, littéralement, « fuit sous terre », comme le pet du pape rampant diligemment et sournoisement vers la sortie de la basilique sans se faire remarquer, comme un radin à l’heure de la quête), et le pape put (et pue aussi, oui certainement) ainsi continuer en toute sérénité, l'odeur se répandant sous lui dans la nef, quoique fort incommodante et guère catholique n'étant pas aussi aisément repérable que le bruit pour lui être assurément attribuée. Ce n’est que lorsque le souverain pontife conta ses mémoires peu avant sa mort en 1513 que l’anecdote resurgit et fit grand bruit (guère étonnant en soi, au demeurant) dans les coulisses du Vatican…Pie pète pendant la messe !!! (rien à voir avec les p’tits coups d’pinard que nos curés de campagne s’envoient à l’aide de discrètes fioles planquées dans leur soutanes)…Le récit de cette incongruité voyagea (on est en pleine Renaissance) jusqu’en France, où forcément on se marra beaucoup des déboires de ce pape « au cul rance », comme on disait alors des personnes à problèmes gastriques...(toute ressemblance ou allusion à une personne existante et néanmoins (ça vaut mieux qu'en plus, dans de tels quarts d'heure) amie est purement fortuite, sorry mon Nico de te rappeler de douloureux épisodes, c'est l'Histoire, j'y peux rien...) Faites maintenant le rapprochement avec la parole insolite, inconsidérée dont je vous parlais plus avant, et la boucle est bouclée. On assimila le terme « au cul rance » à une occasion opportune de s’exprimer secrètement sans attirer l'attention…De fil en aiguille, les au-cul-rance devinrent des mots dont seuls les initiés comprenaient le sens codé (et avec ces guerres de religion, les codes pullulaient à l’époque de Vinci, croyez-moi). Enfin le terme désigna plus simplement et plus largement (vu que tous les secrets...s'éventent) ce qu’il signifie aujourd’hui, c'est-à-dire le sens donné à un mot selon son contexte, ne me faites pas répéter (avec un accent au premier e, oui…)
On simplifia ensuite le mot par une « aucurance », avec une assurance orthographique toute moyen-âgeuse, puis ces farfelus d’Italiens renaissants, trouvant le terme fort poétique (prononcé ocourennss) firent force fioritures florentines (j'adore cette accumulation suggestive de fffff...pas vous?) et te rajoutèrent des redoublements consonantiques pour faire joli, « auccurrance ». Le « en » suivit naturellement pour suppléer le « an » trop franc(ais) (« auccurrence » donc, comme dans Florence, qui est aussi un mot à deux occurrences, ma camarade de blog Mylorine et la ville italienne, mais il y a autant de beauté dans l’une que dans l’autre, alors on confond aisément, hop ça c’était un petit compliment en passant, je reprends). Nous sommes presque arrivés à « occurrence », formé toujours et encore à partir de la prononciation transalpine, dans laquelle le « o » fermé est difficile à produire en début de mot, la substitution s'imposa naturellement. Je vous assure que ça s’est passé comme ça, si vous ne me croyez pas, demandez à Brrrrrr, cette histoire fait partie des souvenirs de famille dont on lui rebat les oreilles depuis qu’il est tout gamin… Comme décidément je ne peux m’empêcher de faire mon bouffeur de curés (et vu les récents propos de Benoît XVI envers l'Islam, croyez bien qu'en bon oecuménique universel de toutes les religions, je vais pas me gêner!!!), il est à noter que l’Eglise a elle aussi adopté le terme « occurrence », pour noyer le poisson et éviter l’opprobre...Je vous donne en conclusion de ce billet la définition que la Sainte Institution donne d’une fête occurrente, et vous laisse juge : (fête) qui tombe en même temps qu’une autre…"en même temps" !!! ça ne vous rappelle rien ? Mais si, tout comme le pape qui était à la fête de pouvoir se lâcher du pope hautain tout en célébrant son office de Pâques…Et je n’invente rien, allez vérifier si vous voulez ! Amateurs de colère, partisans d’ire, arrivederci !! NB: A noter, assoiffés de savoir que vous êtes, que l'odeur qui vous a fait marrer tout à l'heure était due à la consommation excessive de petits poivrons par le rusé chef de l'église...C'est donc fort logiquement que l'on baptisa ces petits légumes épicés des "Pie ment" (le terme pepperoni étant quant à lui une formation plaisante de ces rigolos de ritals, un amalgame de "pape" et de "macaroni"...) Pour le mot "benoîtement", franchement ça m'étonne pas qu'il existe déjà, sinon on aurait dû l'inventer pour qualifier l'attitude doucereuse et faux-cul de qui vous savez, à partir des propos volontairement provocateurs, sciemment équivoques et en conséquence mensongers qu'il a tenus...Benoît ment, vraiment, ses excuses foireuses n'y changent rien...
Grrrrrr September 15 TurlupinerTout le monde connaît le roman de Maurice Leblanc, Arsène Lupin...Malheureusement, peu de gens savent que le gentleman cambrioleur avait un frère, dont les aventures méritent tout autant d'être contées que celles de son illustre frangin...C'est cette injustice qui me turlupine que je me propose de réparer pour vous, gentils lecteurs d'Etimaulogis...
Arthur Lupin, disons-le dès avant, est donc à l'origine du vocable susdit, vous l'aurez deviné. Tout le propos de ce billet est bien sûr de vous apprendre dans quelle circonstance s'est formé ce verbe...Immersion dans le Paris des années folles, donc, au Cabaret du Chat Noir, pour être plus précis...
Dans cette ambiance bruyante, enfumée et parfumée au patchouli, écoutons un moment chanter Bruant, buvons un verre d'absinthe avec Toulouse-Lautrec sans toutefois nous attarder, on est là pour bosser, ho hé, lâche ta cuillère, tu veux!! Petit détail d'importance...Arthur et Arsène sont jumeaux, ce qui sous-tend qu'ils se ressemblent beaucoup comme des sosies de gouttes d'eau, et qu'on les confond aisément en société...Et c'est précisément ce qui s'est passé ce soir-là, alors qu'Arthur était tranquillement en train de surveiller un suspect (particulièrement lèche-cul )qui faisait du gringue à la danseuse vedette de french cancan (oh là là je manque à tous mes devoirs aujourd'hui...oui, le frangin d'Arsène était inspecteur de police, genre Brigades du Tigre, voyez...)
Il se vit d'un coup d'un seul pris entre deux malabars qui le ceinturèrent en hurlant "We got him, Boss!!!" (soit "on le tient, patron", pour les non anglophones ou les anglophobes) avec un fort accent hindi (forcément, pour des malabars, ils ont pas l'accent d'Hollywood, hein!).
Ni une ni deux, l'Arthur fut cagoulé et fourré sans ménagement dans un
Furibard à sa sortie du sac, l'inspecteur Lupin brandit sa carte de pêche à la racaille, dans un effet de manche du plus haut effet comique, qui n'eut d'autre conséquence que de faire marrer les deux gorilles, persuadés d'avoir à faire à une énième mystification du gentleman cambrioleur...
-Bien essayé, le coup du policier, mais ça ne prend pas, Mister Lupin, nous savons qui vous êtes, cher Arsène...
-Vous allez voir ce qu'il en coûte d'enlever un officier de police, messieurs, répliqua nonchalamment Arthur Lupin en dégainant sa pétoire d'époque (forcément, on va pas non plus lui coller un uzi entre les pattes, hein)...
Devant l'assurance du fier représentant de l'ordre, les sbires se montrèrent un peu plus circonspects, et commencèrent à douter..."There must have been some misunderstanding", comme dit Phil Collins...Troublés, ils répétaient mécaniquement en regardant le kidnappé du coin de l'oeil "Arthur Lupin, hey, Arthur Lupin...???" avec cet accent anglindi pas évident à transcrire ici, mais bon ça donne comme quelque chose comme "Owfeur Loupinn, héi..." L'inspecteur, les voyant dans l'embarras prononcer ce truc infâme, comprit "Ho, faux Lupin?" et leur dit "Yes, yes, Owfer Loupinn héi"..."No no, A'thuuuur Lupinn..." firent les ravisseurs en essayant de prononcer correctement et sentant le poids de leur grosse boulette leur coûter méchamment cher dans un proche avenir...La prestance naturelle et toute française de notre policier fit le reste, les barbouzes déposèrent leurs armes à ses pieds sans faire davantage de complications autre que de l'implorer de ne pas, mais si ho hé, tu rigoles ou quoi? et l'inspecteur Lupin te conduisit tout ça au poste pour une garde à view en règle, où il raconta en se marrant sa mésaventure à ses collègues...Quand il arriva au moment de doute des malabars, il reprit leur "Arhur Lupinn, hé"?? prononcé comme vous imaginez avec un accent franglais, ce qui donna "Ah, turlupinés???"
L'expression fit florès parmi la gent policière et chaque fois qu'une garde à vue bien menée conduisait le suspect à s'enfermer et à se débattre dans ses contradictions, les inspecteurs en charge de l'interrogatoire prenaient un malin plaisir à lui balancer un"Aaaahhh...turlupiné?" dans un clignement d'oeil au collègue en manière de private joke...Petit à petit, tous les malfrats du quartier connurent le terme et le propagèrent, en l'adaptant comme n'importe quel verbe à la situation...C'est ainsi que "ça me turlupine" passa dans le langage courant, ainsi que le verbe "turlupiner", et c'est bien la seule trace qu'on ait gardé dudit Arthur, complètement tombé dans l'oubli depuis.
Voici donc une vérité de rétablie et une injustice de réparée. Amateurs de colère, partisans d'ire, au revoir... Grrrrrr
September 12 EscargotAh ces profs, payés à rien faire...la preuve, je vous propose pour la rentrée de Grrrrr l'étimaulogie d'un mot non pas suggéré ni soufflé mais évoqué par Ptipimousse, une collègue à moi que j'ai: escargot. Ce billet est donc très largement copié de comms étimaulogiques laissés par Mr Paperfly (moi) chez Mr Paperfly (toujours moi) et que Grrrrr (encore moi) reprend à son compte ici pour Elle (pas Ptipimousse, qui ne connaît pas ce blog, mais Elle, quoi, la nôtre...) ben oui, parce que c'est pas évident que les lecteurs de Mr Paperfly viennent jusqu'ici, et l'inverse non plus, alors comme ça y en a pour tout le monde...
Le mot "escargot" provient de ces cochons d'Anglais (encore une fois, Elle, ben ouais...), du temps où la Bourgogne était envahie par ces bouffeurs de boeuf bouilli (le boeuf bourguignon, tsss, tu parles d'une daube). Le Duc de Bourgogne de l'époque, un Grand-Breton donc (dondaine et dondon) se promenant dans la campagne burgonde tomba en arrêt devant deux des spécimens dont il est ici question en plein acte d'amoooouuuur....Le Duc trouva la copulation des gastéropodes locaux un peu trop débridée à son goût d'english et du coup s'exclama devant son valet (français natif, lui) "Oh what a shocking sex...hard, God!!" en voyant de tels accouplements hors norme chez la gent mollusque du cru...Le valet reprit l'expression à son compte, mais maîtrisant fort mal l'idiome de l'envahisseur la transforma peu à peu en "sexe argot" (avec tous les débordements qu'on peut imaginer), terme dont il crut fort à propos d'user en matant le premier samedi soir du mois au spectacle de marionnettes les accouplements acrobatiques de Banales Peluches (l'ancêtre des films X de Canal Plus): "Wouah, quel coquines de sexe argot!!!"
Puis, le terme évolua lentement (normal, c'est des pas rapides, ces bestiaux) en exargot pour désigner en retour et par effet de fille de Bach (hein? ah non, feed-back, pardon, c'est mon accent marseillais qui me reprend) cette limace à coquille aux moeurs hermaphrodites: on parlait donc des "coquilles des exargots", donc, en sachant fort bien qu'en ôtant le q du mot, on faisait une coquille et une couille en même temps, tout se tient...) L'exargot fit naturellement son apparition dans les cours d'école (c'était alors une insulte aussi gravissime que "couille molle" ou "nique ta mère"), école où les élèves aussi dyslexiques qu'à notre époque et sans doute davantage encore, n'étaient pas fichus de te prononcer un X correctement..et c''est ainsi que naquit l'escargot (enfin le mot français, pas l'animal), et pas autrement. J'ajouterai, pour éclairer enfin Tigibus et bien d'autres, que le terme "couille molle" est, à l'origine, non pas "couille molle" mais "coquille molle"...insulte que Madame Escargot balançait à la tronche de Monsieur (ou inversement, vu que bon, c'est des hermarphod...des hephramod...enfin des biques et boucs) en cas de défaillance sexuelle...Une coquille malencontreuse dans la transcription lors de l'édition originale du "De gasteropodibus modus operandi", le manuel de biologie référence de l'époque et hop...couille molle!
J'ajouterai enfin que c'est là la première "coquille" reconnue dans l'histoire de l'édition, voilà pourquoi on dit "coquille" en parlant d'erreur typographique.
Cette histoire de coquilles est également, c'est à noter, à l'origine de l'expression " y a une couille dans le potage", en rapport avec une erreur de manipulation culinaire dans un grand restaurant. Lors de le réalisation d'une recette de suprême à la noix de Saint-Jacques, l'apprenti cuistot commis à cette tâche balança carrément et connement on peut le dire la coquille entière dans le potage. Au moment de servir (franchement c'était pas très présentable), se rendant compte de son erreur, il en avertit le chef de rang en lui disant: "Chef, pas de cul, je crois que j'ai fait une couille"...Le chef vira les coquilles, laissa les noix baigner dans leur jus alla servir en salle et reprit le terme "couille dans le potage" à chaque fois qu'un de ces foutus apprentis faisait une bourde... En conclusion, cette accumulation d'escargots et de couilles justifie amplement le sobriquet dont on affuble la bête à cornes par chez moi; on dit un cagouille...
Amateurs de colère, partisans d'ire, au revoir! September 10 Se GausserSans que ça paraisse, nous voila déjà à la mi-septembre et il y a plus de 2 mois que rien n'est sorti de nos presses (qui du coup n'ont plus aucune raison de s'appeler comme ça).
Mais bon, on a droit à quelques vacances méritées nous aussi non?
Et puis je vois qu'une de nos fidèles lectrices (oui! oui! au pluriel! y'en a plusieurs (véridique (ndlr))) est également revenue de vacances et qu'elle nous propose force mots nouveaux à définir.
Je m'en voudrais de la décevoir.
Il est donc temps de reprendre la plume les gars et de se remettre au labeur.
Mais ... les vacances étant ce qu'elles sont, il est délicat de reprendre un rythme effréné sans risquer la surchauffe.
Aussi, à mon grand dam, et au risque de peiner notre lectrice, je me contenterai d'une définition expresse.
D'autant que le mot dont il est question aujourd'hui n'appelle pas énormément de commentaires tant il est vrai que son origine est d'une simplicité enfantine et que, de plus, c'est elle (la lectrice) qui nous l'a proposé ... alors ...
Cela dit, le mot méritait néanmoins le détour car il a été inventé en hommage à un amateur de langues anciennes qui était, de surcroît mathématicien et astronome ... comme quoi ... la pratique des langues anciennes peut mener à tout ... même au pire (on en sait quelque chose ici (surtout du pire)).
Johann Carl Friedrich Gauss était un enfant prodige autant que facétieux. Doué pour la plupart des sciences dès son plus jeune âge, il avait trouvé rigolo d'apprendre à lire et à compter tout seul dès l'âge de 3 ans afin d'embêter ses petits camarades nettement moins doués que lui.
Et chaque fois qu'il donnait une bonne réponse au maître, au grand ébahissement de celui-ci, il éclatait de rire en se moquant de ses voisins de table, incapables d'arriver au même résultat en aussi peu de temps.
Ce travers lui devint essentiel le jour où le maître, histoire d'occuper un peu ses élèves, leur avait demandé de donner le résultat de la somme des nombres de 1 à 100. C'est pas compliqué, vu comme ça, il suffit d'écrire les chiffres et de les additionner. C'est juste que ça prend un peu de temps.
Le plus rapide des élèves en était à peine à écrire le chiffre 30 quand le petit Carl Friedrich annonça le bon résultat. Et, dans un éclat de rire démentiel, il se plia en deux tellement il était content du bon tour qu'il venait de jouer à son professeur.
Le bougre avait remarqué que quand on additionnait deux à deux les nombres extrêmes, on obtenait toujours la somme de 101 (1+100, 2+99, 3+98, etc ....) et que, pour l'addition dont il était question, ça se produisait 50 fois. Il avait donc multiplié 101 par 50 et avait donc abouti au bon résultat (si vous ne me croyez pas vous pouvez essayer ...).
Et toute sa vie, il eut ce comportement, au demeurant excessif, d'éclater de rire en se pliant en deux, tout en se moquant de ses petits camarades.
Ce n'est que bien plus tard que le mot fit son apparition, quand il inventa la fameuse courbe qui devait faire sa renommée, que l'on se prit à remarquer que la fameuse courbe n'était pas sans rappeler la forme que prenait son inventeur quand il se pliait en deux de rire.
Et c'est un de ses collaborateurs de l'observatoire de Göttingen (dont il était alors le directeur) qui devait donner le jour à l'expression un jour où Carl Friedrich, en pleine transe (napolitaine évidemment), était venu se moquer de leurs piètres résultats alors qu'il venait de solutionner, lui, une équation particulièrement retors.
Le dit collaborateur (dont nous tairons le nom par respect pour ses descendants encore vivants) avait marmonné dans sa barbe : "le voila encore en train de se gausser".
Du coup, voici encore une vérité historique à nouveau rétablie. |
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