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    December 24

    Spanioménorrhée (en exclusivité mondiale)

    A l'heure de publier ces lignes, un doute m'habite (oui je sais ... on a l'air de se répéter mais là ... vous verrez à quel point c'est vrai).

    Vous allez bientôt (enfin, dès que vous aurez englouti ces quelques lignes), découvrir l'étimaulogie d'un mot venu d'ailleurs : "Spanioménorrhée". Cela fait maintenant un certain temps qu'il traîne dans la "gare des mots" je vous l'accorde. Mais nous avions décidé, dès l'origine, de le rédiger avec l'ensemble des trois rédacteurs de ce blog (pour ceux qui arriveraient tout juste je vous rappelle qu'il s'agit de Plum's, Grrrrr et Brrrrr, tous trois étimaulogistes désagrégés de la faculté de la "Sort Bonne") en utilisant le postulat suivant : le texte fait 2 tours complets, chacun complétant le texte lui venant de son prédécesseur avec pour seule consigne : "on peut rajouter du texte n'importe où mais on n'a pas le droit de supprimer du texte déjà écrit.

    Et il nous a fallu beaucoup de temps pour venir à bout de cet exercice ... même si Plum's a (lâchement?) et selon ses propres dires abandonné notre petit chemin qui sentait la ... (ça rime avec noisette mais c'est plus ... enfin vous voyez bien) pour sauter allègrement son tour.

    Mais aujourd'hui, devant vos yeux ébahis, va maintenant se dérouler l'aventure la plus incroyable (jusqu'à maintenant) de ce blog. Le fruit (plus ou moins blet) de nos cogitations (ergo summus) respectives. Chacun y est allé de son écot, bravement ... et la publication de ce texte sera faite de même : bravement.

    Dernier avertissement ... certaines images sont susceptibles de choquer la sensibilité de nos jeunes lecteurs ... il n'est donc pas recommandé de mettre ce texte en toutes les mains, fussent-elles expertes.

    Spanioménorrhée donc .... c'est parti. Et croyez -moi ... ce n'est pas forcément un conte de Noël.

    Ce mot, on ne le prononce pas. Non, généralement les gens sont pris de bégaiement soudain (genre : spanioméno quoi?), avec de drôles de rictus labiaux, voir les yeux qui louchent légèrement. C'est sans doute la concentration qui fait ça. Regardez un musicien par exemple, quand il joue un truc dur... Je suis bien placé pour le savoir, ça fait plus de dix ans que je grimace ainsi au dessus de mon clavier. (C'est pour ça que les pianos des concertistes brillent autant, c'est pour que les dits artistes qui s'escriment dessus puisse se reprendre un peu de temps à autre. Ils ne sont déjà plus très présentables au bout d'un quart d'heure de jeu à suer comme un Inuit en plein Sahara, alors avec en sus la tronche de Lady Di juste avant l'pylone non, là je dis non.) Bref, prononcer correctement ce mot en une seule fois, c'est déjà une victoire en soi. Mais passé ce cap difficile, on reste sur sa faim. C'est comme grimper en haut d'une échelle plantée dans le sol et qui ne donne donc sur rien. C'est totalement idiot. (Pas plus que le fait de planter une échelle remarquez, mais on est plus à ça près chez étimau.) Bref, après s'être reposé la langue, si fatiguée d'avoir tant fourché, les neurones se contactent (ce qui arrive rarement chez certains, mais on ne peut résister à un tel stimulus) pour se renseigner sur le sens de cet amas de syllabes prononcé à l'instant. Encore faut-il qu'il vous reste quelques neurones rescapés, mais je vous fais confiance, en tant que lecteur régulier de cet espace vous faites partie de la crème de notre espèce. Je vais donc tenter de vous rapporter les échanges interneuronaux en vulgarisant un minimum les termes employés.

    -Fiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiizzzzzz !!! Synapse 4-85P-003, contact au 0-7-3 rapport détaillé de requête en provenance directe du fond du cerveau, à droite. (Là, c'est quand même super vulgaire. Vulgarisé je veux dire.)

    -Fiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiizzzzzz !!! Requête acceptée, envoi direct au service traduction par transport PTT (Péri Thalamus Transit)

    -Sir! Yes Sir !!! (Rajout personnel du plus bel effet.)

    -Fiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiizzzzzz !!! Lecture corps message. Stop. Titre: "Spanioménorrhée". Stop. Subject: "Ouatezefeuk ?!!!" Stop. Corps du message: Neurone n° 58963216458, surnom "Kasp !!", demande au neurone n°2549871234, surnom "A trois !!", s'il n'aurait pas une vague idée du sens du mot sus titré. Stop. Ps: Déjà demandé aux neurones surnommés "Pat' ", "Ah! Hein?!", "Canne" et "Art", 4 réponses obtenues. Négatives.

    Stop. End Of Transmission.

    Evidement, aucun neurone n'a de réponse à apporter et le message fait le tour du cerveau toujours par PTT. 

    C'est donc à l'unanimité que l'ensemble des neurones décide de faire appel aux deux jambes puis aux bras pour se saisir de Robert, par la force si c'est nécessaire. (Beh oui, dans une bibliothèque  il n'y a pas forcément 50 000 Roberts, il faut donc parfois se l'arracher. "S'arracher un robert" (à noter que l'expression vient des fières z'amazones qui se l'arrachait pour de vrai ... elles), c'est une belle expression de linguiste amateur ça.)

    Une fois les deux yeux correctement alignés, le regard vient doucement se poser sur la page où trône fièrement cette bizarrerie vocabularistique, cette ovni du langage, que dis-je, ce fatras onomatopabscontesque digne d'un Berbère tentant d'apprendre le Kalaallisut. ( Rapport à l'échange culturel bilatéral évoqué à propos des pianistes. Et pour info cette branche de l'Inuit, le Kalaallisut, est parlée au Groenland. Pour ceux qui n'ont jamais entendu d'Inuit en rogne, prenez la "Boots fourrure" de 2m30 nommée Chewbacca dans la célèbre trilogie Starwars, ça vous donnera une idée. Tirez lui un poil de c.. et vous aurez l'équivalent d'une Mimie Mathy   en rut... ) Et là c'est la révélation, l'illumination. Puis, tout de suite après, une nouvelle question. Une question de bon sens.

    "Mais comment a t-on pu inventer un nom aussi... aussi... (c'est idiot, d'avoir les mots qui nous manquent alors qu'on tient encore le dico à la main hein?) un nom pareil (vous pouvez laisser vos suggestions en comm' sur ce point de vocabulaire) pour désigner un truc simple comme ça ?!!"

    "Allongement progressif de l'intervalle qui sépare les règles."

    Et là, je dois dire, qu'en tant qu'utilisateur patenté (mais tenté néanmoins) de règles en tous genres, une seule explication plausible me vint : c'est comme ça qu'on fait pour donner du relief et de l'ombrage (qui en aurait pris pour l'occasion) à un dessin. On trace des traits serrés au début et puis ... petit à petit, on les espace pour dire que c'est plus exposé à la lumière. Du coup ... spanioménorrhée m'apparaissait aussi clair que de l'eau de roche. Erreur grave ...

    Parce que ... "simple", c'est aller vite en besogne quand on touche à un aspect du féminin. Oui parce qu'il s'agit de ces règles là. Le truc qui rend parfois les femmes un peu gronchon. (Simple contraction de grognon et ronchon, admettez que ça donne une très bonne image de la chose. Euh du phénomène pardon. Je vais me retrouver avec les ni péripatéticiennes ni moniales aux basques. Quoi les Basques ?!!! Oh ça va, vous n'allez réussir qu'à me les foutre en pelote, et je pèse mes mots. On ne peut jamais rien dire sans se retrouver avec une minorité sur le dos en ce bas monde... )

    Mais bon, tout de même, pour en revenir à ce qui nous intéresse,  on aurait très bien pu appeler ce phénomène simplement "Allongement progressif de l'intervalle qui sépare les règles." Ou "Répit supplémentaire." (cris, conspuation, culottes volantes...)  Ben non, me direz-vous,  fidèles à eux-même ces messieurs de la médecine, incurables (un comble) fanatiques du scrabble (à la recherche du graal lexical), ont encore décidé d'assembler un gros tas de lettres pour en sortir un mot nouveau, totalement snob puisque seuls les initiés peuvent le comprendre.

    Et bien non, pour une fois le corps médical n'est pas en cause. Je vois d'ici votre déception, vous qui vous apprêtiez à vous délecter de cette mise au pilori du verbiage thérapeutique. Croyez bien que j'en ai été frustré, autant que vous sinon plus, mais il faut bien se rendre à l'évidence.(... Mais non... Allez, baissez les bras vous avez l'air ridicule comme ça.) Il faut remonter loin dans l'histoire en réalité, et très étrangement l'inventeur du mot était... une femme. Elle s'appellait Ispany Monrrhoë (prononcez "ohé" pour la fin du nom) et apportait une touche de douceur dans ce monde de Bruttiens. Tous ceux qui pensent que je viens de commettre un attentat orthographique digne du président des younailletiidstaïtsse vont dans les lignes qui suivent bouffer leur clavier avec les touches montées en sauce. Parce que les Bruttiens, ils ont vraiment existé, en Italie, dans l'Antiquité. Plus précisément à l'extrême Sud du cap, que dis-je, du cap, (et pic quoi encore?!) de la péninsule italique. Les dates sont très difficiles à déterminer, cette pacifique peuplade n'ayant pas daigné graver la moindre stèle pour dire "En ce jour de telle année, nous Bruttiens, nous déclarons être apparus sur cette terre pour le meilleur et pour le pire. Mais surtout pour le pire hin hin hin..." Et en ce qui concerne leur disparition, le dernier d'entre eux n'a visiblement pas eu non plus la présence d'esprit de laisser la moindre trace de son extinction.

    " Avec leur haches et flemme, c'est vous dire c'qu'ils étaient blêmes!" aurait dit Renaud.

    Cette charmante peuplade accueillait quelques bons, un certain nombre de truands, et étonnamment beaucoup de brutes, tiens.

    En dehors de la rapine et autre distributions gratuites de gnons sur champs de bataille courtois, les Bruttiens s'occupaient surtout de besogner hardiment leurs légitimes épouses et illégitimes maîtresses à coup de démonte-pneus en tout temps qu’à mon avis (ah ben non il est mort Toutankhamon...) ils devaient les épuiser tant leur endurance plumardesque était légendaire dans la péninsule à la botte...

    Ispany Monrrhoë ne faisait pas exception à la règle (au singulier pour l’instant, oui oui, ce n’est qu’après qu’elle fera exception aux règles, c’est malin comme remarque de votre part, tiens!!) et passait donc régulièrement à la casserole et en bonne brutienne elle feulait “Oh oui wiiii...Willis!!! Oh oui, lisse!!” (Willis c’était donc le Bruttien qui l’avait à la bonne, l’ancêtre de qui vous voyez avec votre sixième sens...)

    Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles (pas trop le choix de toute façon, on n’avait pas encore découvert le nouveau...), jusqu’au soir où le Bruttien Willis rentra avec du sang plein sa belle gueule, comme s’il venait de sauver la planète au péril de sa vie, un truc inimaginable, totalement irréaliste et hollywoodien qui fait craquer les filles...tu parles, il venait juste de se frotter auprès de quelques congénères, et son arcade sourcilière avait éclaté, pas de quoi fouetter un chat, on va te plaindre, tiens...

    Ben justement c’est ce qu’a fait Ispany en le voyant dans cet état, elle n’a pas pu s’empêcher de le soigner, de le panser avec une arrière-pensée évidente d’en faire son 4 heures une fois remis d’aplomb...Le Bruttien, forcément, a joué le jeu en poussant de petits “ouille... ouille...mpfff...” contenus en se faisant cautériser la plaie c’était schön (schön et abstinence pour le moment d'ailleurs) à voir et à entendre...

    Willis était resté baba devant tant de savoir faire de la part de Miss Monrrhoë, dont il ignorait les talents d’infirmière conjugale...du fil, une aiguille, et la cicatrice était refermée à jamais...faut dire qu’avec sa précédente conquête, prénommée Anastasie, il se faisait assommer pour un rien à chaque fois qu’il rentrait à la maison avec un saignement de nez...avec Ispany Monrrhoë, il saignait beaucoup moins, et s’évitait ainsi de sérieuses migraines...

    On notera au passage que c'est dans ces périodes troublées (je parle de l'époque n'est-ce pas ... pas de celle des dames) que naquit le mythe de la migraine (finalement ça va peut-être de paire (toute la question étant de savoir de quelle paire on parle)). En gros, chaque fois que Monsieur revenait avec la tête ensanglantée suite à une soirée particulièrement arrosée avec les copains, il s'ensuivait, subséquemment, un mal de crâne à l'épreuve de l'écorce de saule (qui je le rappelle ici est la base de l'acide salycilique autrement dit? ... alors? ... aspirine (merci je vois qu'il y en a encore un ou deux qui suivent)) qui mettait le Bruttien de base hors d'état d'assumer ses devoirs conjugaux. Du même coup, perfides, ces dames prétextaient le même mal de crâne pour se défiler (certaines même arrivaient ainsi à avoir des règles qui duraient parfois 24 ou 25 jours par mois (tellement elles étaient gronchonnes tout le temps (mais au bout du compte, ça ne durait pas longtemps parce que les Bruttiens étaient mâles avant tout et se désintéressaient aisément de celles qui avaient trop souvent mal au crâne))). On n'a pas retrouvé, par contre, l'origine du mot "migraine" mais le phénomène est tellement bien décrit qu'il n'y a pas d'autre association possible.

    Mais .. revenons à nos Monrrhoë

    L'amie Ispany (franchement je vois pas où est-ce qu'on a pu dégoter un prénom pareil) était (les écrits en attestent), une joyeuse luronne qui, comme on le dirait volontiers aujourd'hui, "ne donnait pas sa part au chat" (c'est drôle quand même la langue française actuelle parfois parce que, si on lit attentivement ce qui précède, on est à même de comprendre qu'elle était toujours partante pour le devoir conjugal, ce qui aurait tendance à prouver qu'elle donnait, au contraire, très souvent, plus que sa part au chat (comprenne qui veut)).

    En clair, elle était tout le contraire de la plupart de ses consoeurs pour tout ce qui touchait à la gaudriole (pour ce qui touchait tout court (enfin je me comprends (qu'on prend, là tout de suite, grand fou!)) d'ailleurs). Elle était même si exubérante que tout se passait comme si elle n'avait jamais (ou presque) de période d'indisposition.

    Le grand Willis et la belle Ispany s'était rencontrés tout à fait par hasard dans une beuverie de quartier et de samedi soir, ainsi qu'il fut rapporté un peu plus haut. Ispany, malgré son prénom ibérique, avait des ascendances helvètes et était toujours prompte au secours des blessés. Même si elle n'était pas la dernière à exhorter les grands Bruttiens à se battre pour avoir la faveur de sa couche (car elle était non seulement délurée, mais belle à se damner), elle était aussi la première à se précipiter sur celui qui avait sa faveur du moment pour soigner ses blessures.

    C'est ainsi qu'un beau soir, elle n'avait pu résister au regard ravageur (qui devint vite ravagé) du beau Willis (Brousse de son petit nom).

    Et depuis, ils ne se quittaient plus, sauf quand il prenait l'envie à Brousse d'aller se faire refaire le portrait de temps en temps histoire de se laisser aller ensuite entre les mains expertes de sa belle.

    Ils se quittaient d'autant moins que si Ispany était, ainsi que déjà exposé, une chaude lapine (ben quoi! c'est ça l'égalité des sexes (ça passe aussi par la féminisation des expressions (même les plus triviales (ben si! (comme j'vous l'dis))))), le dénommé Brousse n'était pas en reste, ne serait-ce que parce que c'était un Bruttien. (Oui je sais une explication s'impose (à cette époque reculée, les maîtres étalons (c'est de là que vient le mètre étalon (riez pas c'est vrai!)) étaient toujours choisis dans la tribu des Tulle-au-ras (les précurseurs de la mini jupe qui s'habillaient ainsi pour n'être pas gênés dans leurs entreprises tellement ils étaient bien pourvus par la nature (cette tribu était d'ailleurs originaire d'une région du continent africain qui devait devenir le Sénégal (patrie des tirent-ailleurs (si c'est comme ça que ça s'écrivait à l'origine) allez savoir pourquoi))). Jusqu'au jour où une impératrice dont je tairai le nom par pudeur et discrétion, découvrit, ô miracle, que les Bruttiens étaient peut-être moins bien pourvus, mais qu'ils compensaient cette lacune par une qualité dans les rapports qui confinait au génie. Cette particularité lui avait d'ailleurs fait dire : "un Bruttien vaut mieux que deux Tulle-au-ras"))

    Il faisait donc allègrement grimper Ispany aux rideaux sans se poser trop de questions.

    Cela étant, à être beau, grand et fort, on n'en est pas moins bête pour autant et le divin Brousse avait un cerveau d'une capacité inversement proportionnelle à celle de sa b... enfin de sa v.... enfin vous voyez bien quoi. C'est très gênant vous savez.

    Or donc il advint (ça fait très contes et légendes non?) qu'après quelques semaines d'un rythme effréné, la période qui prive tant de mâles d'intense satisfaction (ben quoi!) arrivât. Sans que Brousse n'en soit conscient d'ailleurs puisque point l'humeur d'Ispany ne s'assombrit le moins du monde. De même son appétit ne faiblit point.

    A la ligne, on finit par remarquer son embon. Point, oui, son embonpoint pardon. Ispany enflait comme la grenouille du bœuf de la fontaine Saint-Marc (notre saint patron, on se marre de café en café à la rédac d’Etimau…)

    Or donc Brousse s’inquiéta de l’état baudruchisant de sa compagne, et en parla à ses potes de bistrot, qui à leur tour menèrent leur enquête auprès de leurs légitimes, supposées amies d’Ispany… Ainsi, chacun s’enquit qui (hihi !!) auprès de Lune, qui auprès de Lôtre (bizarres ces prénoms, tout de même), pour savoir au juste ce qui arrivait à Ispany, car ce n’était pas chose rationnelle de prendre tant de centimètres en circonférence et en si peu de temps…Et l’explication vint des femmes, comme souvent…

    C’est à ce moment qu’il convient de se souvenir de l’appétit sexuel féroce de la belle, qui en période de règles ne baissait pas le pavillon rose et regardait la plume virile de Brousse Willis d’une bouche gourmande…Ispany minaudait :« Aaaahh je sens que c’est mon tour de taille !! » S’en suivait généralement une fringale buccale dont je vous passe les détails, mais qui est restée dans les annales de l’histoire bruttienne…Ispany était dans ces moments-là une papesse de la pipe, une fêlée de la fellation! (même au Pape Pie). Et de fait, tous les Bruttiens avaient pris l’habitude de traîner ostensiblement leurs guêtres du coté de chez « Span », comme on la surnommait affectueusement…Allez vas y Dave chante, te fais pas prier…« J’irais bien refaire un tour du côté de chez Span » était une phrase qu’on entendait donc tous les mois des bouches de Bruttiens en manque de gâterie, ainsi que celle-ci…Allez vas-y France, chante, va… « Ispany aime les sucettes…» avant de rentrer chez eux les bourses vides sans avoir rien déboursé…

    Vous imaginez aisément que ce petit défaut ne plaisait pas du tout aux (sus)dites copines d’Ispany, et que lorsqu’elles furent interrogées sur la prise de poids de cette croqueuse de dix amants, elles furent trop heureuses de la débiner…Suivez bien l’argumentation qui fut rapportée à Brousse ensuite. Ispany grossissait selon elles uniquement à cause de sa surconsommation spermatique hypercalorique en période menstruelle. En gros, cette égoïste se gardait tout pour elle, et il ne restait plus rien aux copines qui auraient aimé batifoler avec leurs Bruttiens respectifs et attitrés mais complètement à sec, c’est vrai que c’est pas très sympa d’aller ôter la pine (ah oui c'est connu ça ... avec un copain on partage son pain ... alors avec une copine forcément ...) de la bouche de ses amies, avouez…ça ne se fait pas de priver ainsi d’oublier les envies légitimes de ses camarades, qui ne se privèrent pas d’aller collégialement vider leur sac chez M.Willis qui se morfondait dans l’attente d’une explication au surpoids soudain de sa compagne. Un cortège de poitrines hurlait à l'envi "Ispany-o-met nos raies! Ispany-o-met nos raies!!!" dans une cacophonie inouïe...

    «C’est comme on te le dit, Ispany omet nos raies » fut donc la récrimination première qui parvint aux oreilles de Brousse, phrase qu’il prit comme le diagnostic de sa maladie et non pas comme une manière détournée de lui montrer ses belles cornes …  « Spanioquoi ?  Elle a quoi, ma Span ?» tiqua Willis, qui n’avait jamais et pas plus que vous rien entendu de tel. « Spanioméno…beueuuhh c’est trop dur à dire pour Brousse ! »…

    « Ménorrhée, tiens !!…ménorrhée comme diarrhée, vu qu'elle peut pas se retenir, ta Span !! » compléta l’une des Bruttiennes jalouses, sur le ton de rancœur que vous imaginez. Et voilà, le nom était né, spanioménorhhée fut donc le terme retenu pour désigner une fringale de coît buccal en période de rhagnagna et de rha lovely…

    Et paradoxitalien (forcément vu la géographie de l'histoire on aurait du mal à le dire teuton), l'histoire, avide de rebondissements inattendus, est aussi à l'origine de la signification actuelle du mot pour des raisons qui viennent tout juste de nous parvenir (de dernière minute et de première main donc).

    Et là encore, suivez bien le raisonnement. Lassé des récriminations incessantes des harpies du voisinage qui ne se privaient pas d'houspiller aussi bien Brousse qu'Ispany, le bruttien (abruti?) décida (in petto) d'obliger Ispany à modérer ses ardeurs avec les autres Bruttiens. Pas qu'il soit jaloux, au contraire, chez les Bruttiens c'était même plutôt un signe de notoriété d'avoir une femme aussi convoitée. Mais là, ça passait les burnes ... les bornes ... (je vais finir par dire n'importe quoi).

    Du coup (et je ne rajouterai rien), les Bruttiens furent bien obligés de se rabattre sur leurs légitimes. Celles-ci, par peur sans doute, de les voir repartir de plus belle, firent l'effort d'être moins grognonnes. Et tout le monde cru que cette embellie était due à une période lunaire de moins en moins prolongée.

    Les médecins de l'époque qui ne connaissaient pas encore le serment d'Hyppocrite (c'est la traduction d'Hyppocrate en latin), en conclure que cet allongement était une conséquence de ce qu'elles revendiquaient haut et fort et dont ils gardèrent l'orthographe qui avait des côtés compliqués, bien dans les manières des hommes de science.

    La médecine moderne ne devait retenir que le mot et la signification, omettant (parfois elle aussi) de rappeler qu'à l'origine, il s'agissait juste d'une amélioration de l'humeur.

    En tout cas, voila une vérité historique enfin rétablie.

     

    Epilogue (à rythme) : une lointaine descendante d'Ispany, que l'on pourrait qualifier de femme d'expérience, devait rendre, beaucoup plus tard, hommage à son aïeule en remettant à l'honneur l'usage du trombone à cou(illes)lisses sur l'air du "tagada gada veux-tu souffler dans ma trompette". Mais elle le faisait très joliment, avec la bouche en coeur ... "happe Pie beurre s'dais mysteur prézidaine teu ... pou pou pidou".