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October 26 Contrepéterie (version décodée)Pour ceux qui, d'aventure, n'auraient pas eu le courage de chercher, pour ceux qui ont eu le courage de chercher mais n'ont pas forcément trouvé, pour ceux enfin qui découvriraient seulement aujourd'hui Etimaulogis ... Voici le texte intégralement décodé (avec un ou deux bonus me semble t-il). C'est facile, il suffit de déplacer les syllabes en gras/souligné pour reconstituer les variantes ... bonne lecture et surtout ... ne m'en veuillez pas trop ... les contrepéteries sont souvent grivoises (litote?), voire franchement salaces ... mais nous n'y pouvons rien n'est-ce pas ... Enfin .... vous voila prévenus .... décodage donc A l'heure de mettre sous presse (de retour d'expédition au Zambèze où les femmes sont belles et gentilles), il me vient à l'idée que j'aimerais bien ne pas avoir une panne de micro. Ainsi donc nous y voici enfin. Je suis certains que toutes et tous vous vous demandiez bien quand la rédaction d'Etimaulogis allait se mettre à l'ouvrage sur ce mot divin qui désigne une pratique dont nous sommes de fervents adeptes (vous noterez au passage que ce paragraphe n'en comporte aucune … (c'est promis, c'est le premier et le dernier, alors … affûtez vos neurones et tâchez de ne pas en omettre)), ami(e)s lecteurs et surtout trices vous voilà récompensés de votre patience … tout n'était qu'une question de choix … et (évidemment) de date (pardon (j'ai pas pu m'en empêcher (et puis zut … fallait bien vous mettre dans le bain non?))). Cela dit, il faut vous avouer (mais vous l'avez sans doute remarqué non?) qu'on aime le risque ici et les pentes savonneuses pour oser s'aventurer sur le terrain etimaulogique de mots tels que ceux que nous vous proposons habituellement dans nos pages. Mais, à l'instar du géographe conférencier qui montre son globe en scène ou de l'exploratrice qui appréhende les pistes indigènes, nous ne rechignons point devant l'ampleur de la tache (fut-elle de vin rouge sur notre si jolie nappe vichy (rouge et blanche comme il se doit)). C'est si vrai qu'après l'audacieux récit de Grrrrr (avec 5 "r" d'en avoir 2) à propos de l'occurrence (pour ne citer que le plus récent mais on pourrait aussi rappeler à votre mémoire des mots comme : mandragore, éburnéen, concupiscent, interlope et autre sacerdoce), il relevait de la gageure de présenter un mot comme celui-ci : "contrepèterie". C'est à dire l'art de décaler les sons. Mais comme le point a son contrepoint, le pet a son contrepet (on notera à cet égard qu'on a, depuis toujours, associé pape Pie et pet (ainsi que mangue à mêler (cette double contrepèterie sera d'ailleurs honteusement dévoyée vers la fin du vingtième siècle par un nommé Henri Tachan)). Même si, ainsi que nous allons le voir, il n'y a aucune relation de cause à effet (si ce n'est celui de reposer nos narines un moment après la brillante démonstration du susdit Grrrrr (auquel il serait vain d'oser contester nos particules (pour les fidèles lecteurs … il y aurait même un lointain rapport ici avec certaines lucioles (incassables?) que nous côtoyâmes naguère))). Comme son nom ne l'indique pas, le mot "contrepèterie" a une origine à la fois française et théâtrale ce qui n'a rien d'incompatible : nous sommes tant habitués à passer de la crête à l'abîme! (en n'oubliant pas de s'accrocher solidement à la berge du ravin (bonus)) Isidore était né Comte de Lapillule et coulait des jours heureux en son château quelque part vers l'an de grâce 1540 et six heures du soir. C'était un bon vivant qui aimait la bonne chère (il avait toujours un canard sur le feu (car il aimait les nouilles qui cuisaient au jus de cane) ou des gamelles de morille) et les jolies demoiselles en corset et en culottes à qui il proposait toujours un petit coup de marc après la dînette. Son père, qui était un grand voyageur, était mort (bien avant Marco Polo) d'être arrivé à pied par la Chine (vous savez bien … la Chine … celle qui se dresse à la vue des nippons). Il avait donc été élevé, avec plus ou moins de discipline par sa mère qui, il faut bien le dire, passait plus de temps à sélectionner des pierres fines avec ses copines de thé qu'à éduquer son rejeton. Pour tout dire, elle était même un peu originale … allant même parfois jusqu'à se mettre un collier de citrouilles autour du cou. Jusqu'à sa majorité, tout se passait plutôt bien d'ailleurs et il avait fallu attendre qu'il atteigne l'âge avancé (pour l'époque) de vingt-neuf ans, pour sentir chez lui arriver les prémices d'un quelconque intérêt pour quelque chose. Jusque là, le vin était la seule chose qui le passionnait (le gros plant guère vert et le médoc pour tout faire passer restant ses préférés). Jusqu'au jour où … (ça compte pas ce paragraphe là (il est trop court) alors ne cherchez pas (je suis sympa quand même parce que vous auriez pu cherchez un moment avant de trouver "Joujou court-jus" qui n'en est même pas une d'abord même que oui et qui en plus ne veut rien dire ou bien "où cours-je Juseau" (qu'on sait même pas qui c'est en plus) qui ne veut rien dire non plus)). Jusqu'au jour où donc. Une troupe de théâtre fit halte sur la place du village qui se trouvait également être celle du château. C'était là un hasard dont pas un mathématicien n'aurait pu prévoir la venue. Aucun homme d'ailleurs, n'est jamais assez fort pour ce calcul. Il faisait beau et chaud … (il est court aussi celui là mais il n'en constitue pas moins une contrepèterie (je vous le dit parce que sinon elle va passer inaperçue) … certes d'origine belge (ou blonde comme vous voudrez je suis pas sectaire) mais contrepèterie néanmoins ne vous déplaise)). Notre ami Isidore faisait sa petite promenade quotidienne quand il se retrouva aux abords des tréteaux qui étaient en train de se monter (pas l'un sur l'autre je vous rassure (quand même (douteriez-vous encore que ce soit une maison sérieuse ici?))) et là, il la vit (autre contrepèterie belge). Elle se tenait à côté de l'estrade, un peu à l'écart, semblant se parler à elle-même. Elle faisait des exercices de diction, histoire de ne point bégayer lors de la représentation du soir : une tragédie grecque, bizarrement écrite en latin. Cette particularité avait retenu l'attention du metteur en scène qui avait décidé, derechef, de monter (lui aussi? (décidément, on monte beaucoup dans cette histoire)) la pièce avec la traduction originale mais sur le mode des grandes tragédies … avec un chœur chargé de répéter les phrases importantes pour en souligner toute l'intensité. Après quelques minutes, elle prend conscience de la présence d'Isidore qui la contemple. Telle est l'expression exacte car le dénommé Isidore restait béat devant la comédienne. Bredin aurait-on pu dire … amoureux fou en quelque sorte. Dans un élan désespéré, il ne peut que lui envoyer cette phrase magnifique : "Ô ma belle égérie, ta muse me refoulerait-elle?". Touchée, la damoiselle engage la conversation … très vite ils s'enflamment. il adore le théâtre … elle adore les comtes (surtout quand ils ont un beau château) … les voilà à parler de la Grèce historique, puis sans s'arrêter des mœurs dissolues d'icelle à sa décadence, quand les nobles faisaient donner des bains de f_oule à leurs vierges, oubliant que les rites sont un bien nécessaire. Bref, en quelques instants il lui plut, elle lui plut, ils se plurent (d'oignon) et l'après-midi touchait déjà à sa fin quand le directeur de la troupe vint annoncer qu'il serait peut-être temps d'aller se préparer pour la représentation du soir qui devait démarrer dans pas plus tard que dans pas longtemps (c'est-à-dire bientôt si j'en crois ma montre). Mais le Comte était trop bon pour la quitter ainsi. Il lui fait promettre de se revoir le lendemain et, pour faire bonne mesure, invite la troupe à se produire au château. Il faut savoir que les troupes de théâtre de l'époque n'avaient rien à voir avec celles que l'on voit aujourd'hui. Elles étaient plutôt de nature itinérante et faisaient escale, au gré des fortunes et de la bonté des spectateurs. Le Comte représentait donc une providence. Le métier n'était pas très bien payé et il fallait travailler dur pour pouvoir se payer ses potions (ce qui est, sans aucun doute à l'origine du fait que les artistes sont payés avec des cachets … les premiers comédiens jouaient pour se payer les traitements médicaux qui leur faisaient défaut et du coup, à l'arrivée des premiers cachets d'aspirine, l'expression a dérivé, c'est chié non?). Et puis il fallait entretenir les mules qui tiraient les roulottes (certaines de ces bêtes devaient être ménagées tant elles étaient proches de l'arthrite). Pendant ce temps la châtelaine, soucieuse de bien accueillir ses hôtes, souffrait de ce que son manoir manquait de chambres. Bref, tout ça pour dire qu'une étape de quelques jours dans un château … ça n'arrivait pas tous les jours mais il ne fallait surtout pas laisser passer l'occasion, c'était toujours ça de gagné. Isidore, tout à sa flamme, devenait poète écrivait des vers à celle qui devenait peu à peu sa bien aimée (il l'aimait d'autant plus qu'elle habitait Laval) : "L'attente a des plaisirs qu'on ne fait qu'un moment Las le pâle Thyrsis avait la mine austère (version longue) La belle, d'abord un peu intimidée (pouvait-il en être autrement?), s'épris du Comte et de son amour, un jour, lui cria l'aveu. Mais la troupe devait continuer son chemin et le Comte se lamentait : "Ah comme je l'aime cette petite, vive, indulgente …" Il ne pouvait se résoudre à la laisser partir. Aussi, il lui proposa de s'engager dans la troupe. Il était piètre acteur mais pouvait toujours jouer les utilités dans le chœur, à l'unisson bien qu'il préférât les libres chants. L'affaire fut conclue sur le champ (voire … en la circonstance … sur le chant) et le Comte ravi de rester auprès de sa bien-aimée, quitte à rester dans un succès ressassé. Le soir même … à Beaumont-le-Vicomte (c'est entre Choisy-le-Roi et Bourg-la-Reine non?) la troupe donnait sa représentation. Et au moment pathétique, le chœur devait entonner : "Pénélope ne suivit pas toujours la voie d'Ulysse!". Impressionné, Isidore s'emmêla les pieds dans le tapis et … la pauvre Pénélope se mit à suivre une autre loi. Bien sûr, ça aurait pu passer inaperçu. Mais il se trouvait qu'au premier rang était assis un personnage haut en couleur de l'époque, un dénommé François Rabelais. Epicurien patenté, gaulois gaillard dans l'âme, était littéralement plié en deux par cette réplique. D'autant que le Comte, pas en reste, récidivait avec les romains qui sautaient de la Roche Tarpéienne … l'abîme à latins ou la Pythie (qui vient en mangeant) qui n'hésitait pas à mettre un certain nombre de ses fois dans toutes ses délations. Le curieux spectateur exultait, se roulait par terre, terrassé par les crampes d'estomac. Il se mit à hurler quand Isidore en vint à parler des filles de Troie qui offraient leurs deux joues. Le patron de la troupe, en coulisses, demandait à qui voulait l'entendre : "mais qui est donc cet olibrius qui a tout ce que le Comte répète rit!". Dans un éclair de colère de voir ainsi sa pièce martyrisée, un mot nouveau était né … destiné à une longue carrière que Rabelais lui-même immortalisa dans Pantagruel en parlant de ces vieilles filles qui étaient folles de la messe. Isidore fut viré sur-le-champ mais engagé derechef par le nommé Rabelais … le genre de la tragédie parodiée était né et devait engendrer des chefs d'œuvre dont un des plus récents fut "Phèdre à repasser" bien sûr. Et il put enfin mander sa belle en mariage (et plus il mandait, plus elle bouillait) … elle accepta et il put lui faire goûter son far andin. Ils vécurent heureux et firent plein de petits contrepets. Les archives de leurs ébats traversèrent les siècles pour donner naissance au fameux "album de la Comtesse" si cher à un quotidien célèbre. Amies lectrices, je suis ravi de vous avoir fait goûter les joies de la verve. Amis lecteurs … que votre verbe soit en joie! En tout cas, voilà à nouveau une vérité historique enfin rétablie. October 20 CuivreLe cuivre, ce beau métal aux teintes orangées, tire-t-il son nom de la couleur dont il est le digne représentant, ou est-ce l'inverse? L'équipe d'Etimaulogis (au QI vrai...ment élevé) est là pour éclairer votre lanterne...
Le cuivre donc, s'il est de la couleur du même nom, n'est pas le seul, car à tout le moins partage-t-il son irisation rougeâtre avec notre satellite naturel et unique: la lune. Avez-vous remarqué comme certains soirs de pleine lune, l'astre sélénite prend une couleur mordorée propice au romantisme le plus exacerbé? Oui? Alors vous suivrez aisément le raisonnement d'Arthur Balètes, jeune poète maudit et (donc?) français de la première moitié du XIXe siècle, précurseur des symbolistes et exilé à York en Angleterre pour de sombres raisons politiques (un peu comme Hugo (pas l'escargot, les mamans du web, Victor, voyons)). Un certain soir de pleine lune propice à la mélancolie donc, un peu trop grisé par l'absinthe, Arthur ou Art, comme on le surnommait plus volontiers outre-Manche, tomba raide (comprenez bien, au sens propre, il sentit le désir poindre en son bas-ventre, il banda, l'Art Balètes) amoureux de cette rondeur opalescente et osa le premier comparer la lune à la beauté d'une paire de fesses un peu trop longtemps exposée aux UV (qui en ce temps là existaient aussi, si si, le soleil brillait aussi fort qu'aujourd'hui, mais on ne se promenait pas le derrière à l'air dès le mois de mars jusqu'à fin octobre (je dis ça pour me venger de certains Alèsiens (?) et Marseillais(e)...)) Cette image fantasmatique et callipyge, à l'heure où la lune se montrait Seamus et routine...euh si rousse et mutine (pardon, des restants de contrepéterie, t'es chiant Brrrrr), et s'offrait ainsi à lui tel un postérieur bronzé le fit décocher ces vers restés célèbres dans l'anthologie de la poésie française comme le meilleur de son art. Les voici donc en exclusivité mondiale, l'anthologie dont je vous parle étant aussi épuisée que moi à cette heure tardive, j'ai eu un mal fou à la retrouver dans les archives d'Etimaulogis, haut lieu de savoir (ben t'as qu'à apprendre):
In angliche d'époque d'abord pour les puristes:
"Forever wild with your ass, as a witness redding ,
My own spirit rusts in a day that is dawning"
Puis en français, l'original de Balètes:
"De ton cul, ivre à jamais, et témoin rougissant,
Je m'oxyde l'esprit au petit jour naissant." Comme dirait Brrrrr, c'est chié, non? Mais si vous savez compter vos pieds (plus que deux, s'entend (et pas sentants de préférence)), vous vous apercevrez vite que le premier alexandrin de Balètes en compte un de trop...Treize à la douzaine, ça va pour les oeufs mais pas pour les vers...Ce qui ne fut pas pour effrayer le poète, lequel opéra d'instinct et dans une liberté de plume totalement novatrice une synérèse sur les deux voyelles u et i voisines certes, mais appartenant à deux mots différents, et ainsi transforma "cul ivre" en "cuivre" comme le meilleur des alchimistes et sans pierre philosophale, et la fesse fut dans le car...euh et l'affaire fut dans le sac, faut que je me remette de l'article de Brrrrr, moi...
Ces lignes inspirées et dédiées au cuivre qui oxyde, de la part d'un auteur quelque peu éméché, furent donc avec raison dénommées "vers de gris" (littéralement "rimailles de pochtron", ce qui fait déjà moins classe, avouez). Balètes devint célèbre dans l'intelligentsia yorkaise, puis anglaise, puis française, de par cette façon unique de rapprocher deux mots dont l'un se termine et l'autre commence par une voyelle. Le "cuivre" fut donc longtemps le nom appliqué à cette technique poétique, et on vit à cette époque un véritable engouement pour ce procédé littéraire inédit qui facilita grandement la tâche de ces soulauds feignasses de rimaillons bohêmes amateurs de "cuivres", qui dégueulaient plus souvent qu'à leur tour dans la cuvette (en cuivre) posée au pied du bar du pub local, le Win's Club..."Tiens, r'garde le gerber, l'autre, encore un "cuivre"...qu'on disait (pi vu leur teint violacé d'alcoolo, ça leur hâlait pas mal aussi, faut dire). Quand ils ne pissaient pas, sans gêne aucune, dans le caniveau bordant le zinc, avant de s'effondrer dedans la tête la première jusqu'au lendemain...On savait vivre à cette époque, avouez...
Ce n'est que par la suite et par analogie de couleur que la cuvette dévouée aux poètes un peu trop pompettes, puis le métal lui-même, prirent le nom de "cuivre" ( et si vous avez déjà vu une belle gerbe de poète aviné, à vue de nez vous imaginez aussi que la couleur n'a rien à envier à celle de la cuvette en cuivre). Contrairement à ce qu'on aurait pu penser au départ, donc, voici la vraie vérité historique. Par ailleurs, l'oxydation du cuivre, par analogie de couleur et de sens et par homophonie, devint le "vert de gris", vous voyez que je n'invente rien (essayez de vous purger à l'absinthe, vous verrez la couleur de vos missures (...hein???? On passe, c'est pas ragoûtant tout ça, c'est qui qu'adore le gore, déjà???)
En guise d'épilogue, si Balètes est tombé dans l'oubli le plus profond ici en France, il faut dire que de son vivant il était devenu aussi célèbre en Angleterre que John Lennon (lequel, en homme de culture, reprendra le nom de Balètes, quelque part son maître à penser, pour former l'anagramme Beatles, là voilà la vraie histoire, rien à voir avec des scarabées ou je ne sais quoi)...Et curieusement aussi, c'est également un fanatique (français, romantique et néobonapartiste à la Stendhal, sans doute énervé par l'échec du coup d'Etat contre Louis-Philiipe) qui mit fin aux jours du poète contestataire (comme pour Lennon, allez savoir pourquoi l'histoire se répète) en lui décochant une flèche dans les dents, au soir du 30 octobre 1836, alors que le poète musardait (littéralement, "cherchait sa muse") dans le parc central de sa ville (pour lui nouvelle), York.
Sur sa tombe on grava, en anglais et un peu comme on put pour l'orthographe, l'épitaphe de ce bouffeur de grenouilles contestataire et soiffard (mot qui d'ailleurs nous vient de l'anglais "So Arthur", good pronounciation, on était soiffard quand on était "comme Arthur", ou "complètement Arthur"...oh, he's so Arthur, schocking!! Pffff de rosbifs, va!!!). Ah oui, l'épitaphe, ça vient poussez pas, on écrivit donc:
In loving memory of ART BALLETT, killed by his art, R.I.P"**
...sur un bloc de marbre, on l'enterra diligemment et on alla boire un bock de bière ambrée au Win's à sa mémoire (d'où l'expression "mettre en bière", oui, vous devenez bons, les 2e année), et surtout on n'en parla pas au JT pendant des jours, car la télé n'existait pas (alors que bizarrement les copains "poivrots d'abord" pullulaient, eux, au bistrot, et ça remplaçait aisément PPDA, ceci expliquant sans doute cela).
Sa famille venue se recueillir se fit traduire ce charabia et comprit qu'il avait été tué dans les toilettes publiques et par son art, Balète, ce qui donna la dénomination française de l'arme du crime, l'arbalète. Puis elle alla elle aussi se réconforter en cette veille de Toussaint en allant boire une pinte d'ale au Win's...ce qui fait que si votre lanterne est bien éclairée pour l'étimaulogie d'Halloween (on est bien servis, ici, hein?), de mon côté mon cher Brrrrr je n'ai toujours pas décodé ta vanne avec les citrouilles...
Pour finir, naquit aussi en ces heures funestes mais décidément riches pour les apprentis étimaulogistes que vous êtes, l'expression "avoir le mort aux dents". Ce n'est pas là un terme équin, à la base, mais une déformation appliquée dans le milieu hippique, voyez comment en lisant la suite (mais si, allez, c'est presque fini, courage!!)...
Au même endroit (York, donc), un jeune pur sang, bête à concours mais cheval de tête fougueux, en ce même jour (30 octobre 1836, donc, mais on s'en fout un peu) , devint fou tout court (car nullement gueux de par son pedigree) sur le champ de course local. Son propriétaire, un patron d'écurie anglais féru de poésie française, dut l'abattre malgré tout l'amour qu'il portait à son champion, suite à une course effrénée dans lauqelle il ne voulut jamais s'arrêter. Accusé de dopage, le gentleman, peu ou prou, agit (passé simple, si) à l'image du meurtrier idolâtre de notre poète engagé (décédé dans les conditions susnarrées), et dégomma purement et simplement l'animal qu'il adorait d'une bullet in its head. On découvrit par la suite que le pur sang souffrait en fait de gingivite chronique et refusait, en toute logique, le mors, et qu'en conséquence il devenait fort compréhensible que la bête ne souhaitât point stopper sa course. L'amalgame entre les deux affaires fit boule de neige dans le milieu, comme on dit, entre l'Arthur, sa flèche entre les dents, et le canasson aux chicots irrités . Et l'expression "avoir le mors aux dents" fit, comme on dit aussi, florès. On avait le mors aux dents quand on était incontrôlable, passionné et plein de jus...comme Balètes ou le pur-sang à rab d'énergie (ça vient de là, oui).
Le malheureux propriétaire, quant à lui, fit une dépression suite à ce crève-coeur, et sombra dans l'absinthe. Ayant le plus souvent un regard absent, il manqua de nombreux rendez-vous (un peu comme Jim Morrisson, autre poète maudit qui oubliait d'aller aux concerts de son propre groupe, les Doors, qui lui a carrément trouvé le moyen de clamser dans son bain pété comme un cul, ça devait sans nul doute être une baignoire de cul ivre). Le milord farmer se renferma sur lui-même, fuyant la publicité, passa à côté de nombreuses bonnes affaires et finit par se pendre dans le box de son regretté étalon sans avoir regoûté aux joies du succès (donc Mylène, si tu nous lis, fais gaffe quand même, on t'aime bien, déconne pas). Il finit donc, et c'est l'origine de l'expression, "sur la paille"...Comme quoi l'absinthéisme, repris en absentéisme dans le monde des affaires pour faire plus digne est une plaie ancienne, et vous en avez appris beaucoup aujourd'hui, c'était un plaisir partagé que de faire ce voyage historique et linguistique en votre compagnie, détachez vos ceintures on est arrivés, les aspros sont disponibles au comptoir d'Elle, à droite en sortant, en chapEllerie.
Amateur de colère, partisans d'ire, au revoir. Grrrrr
**RIP: Rest In Piss, soit "cuve dans ta pisse" (si tu vois ça dans un cimetière anglais ou ricain, tu sais immédiatement que'il y a un pilier de comptoir en dessous...) October 14 PalefrenierPour loger ce petit mot anodin chez étimau, je vais céans vous narrer une histoire épique, hippique, et colégramme. Comme c’est original. L’histoire se déroule chez les ricains vers 1842. A une époque où le hamburger n’existait pas donc, sauf pour désigner les immigrés Allemands de la ville de Hambourg. Tout commença lorsque le fils d’un riche planteur se prit de passion pour l’équitation à l’ancienne. Ou plutôt à l’indienne. C'est-à-dire un cavalier sur un cheval, point. Pas de selle, à la limite un plaid, pas de mors, de licol (égramme) ni de rennes. De rêne pardon. Le tape-cul ultime si vous voulez mon avis (et je le donne même si vous n’en voulez pas), pire qu’une Austin mini de compèt’. Ce téméraire jeune homme se prénommait Ducon. « !! » Duncan « … » Duncan avait dans ce but engagé le meilleur maître, c'est-à-dire un vieil indien nommé Yakari o’Huron Sayaman Takédjudju. On a quelques doutes sur la transcription et la traduction de ce patronyme il faut bien l’avouer, l’indien consulté à ce sujet étant bègue et dyslexique. En gros ça signifierait qu’en matière de fuite, le bougre s’y connaissait. D’où sa survie et sa réputation d’homme célère, en particulier à cheval. Ca tombe sous le sens. Bref, ce bison futé et rapide s’employait à donner à Ducon (oup lààà, lapsus), à Duncan cette aisance et cette élégance toute Comanche qui était la sienne. Les résultats brillaient par leur absence. De là à dire que l’Indien s’y prenait comme un manche… il n’y a qu’une empreinte de mocassin. Cependant, le pauvre Indien devenu chauve après deux semaines d’entraînement intensif n’y était pour rien. C’est l’autre là, avec son équilibre de vache sur un tonneau (c’est rigolo, mais c’est salaud (pour la vache j’entends)), qui était complètement incapable de rester perché sur son canasson plus de trente secondes une fois celui-ci lancé au grand galop. Pour vous dire: au pas, c’était au cheval de faire gaffe à ce que l’idiot posé sur son dos ne bascule pas, en faisant lui-même les écarts nécessaires au rétablissement du fils à papa pâle. De loin on aurait cru à un concours de dressage, comme ceux que l’on voit de nos jours, à quelques détails près : d’une part le type ne portait pas de bombe ridicule sur le crâne et d’autre part la situation était inversée: c’était pratiquement la monture qui faisait faire des figures à son cavalier. L’exercice favori de môssieur était pourtant, et contre toute attente si l’on considère ce que je viens de dire, le grand galop à dos d’étalon, celui qui vous rend chauve. Les porte-moumoutes savent de quoi je parle. Grand galop qui finissait pourtant systématiquement (après 30 secondes de purs bonheur/terreur) par un remarquable vol plané suivit comme de bien entendu par la figure dite de « la taupe », à savoir un cavalier en harmonie parfaite avec la terre qui s’est ouverte à lui le long d’un magnifique sillon et le recouvre amoureusement en fin de trajectoire d’un seyant voile de poussière. La faute à une musculature de moule et donc l’incapacité de maintenir la cohérence de son squelette dans cette situation très mouvementée. Ayant bien compris cela dès le départ, le vieil Indien s’époumonait à redresser la situation en hurlant : « Visage pâle, freiner !!! » chaque fois que la monture prenait un peu de vitesse. Mais ce qu’il faut savoir, là maintenant sinon on ne comprend rien à ce qui va suivre, c’est que ces péripéties attiraient de plus en plus de spectateurs, y compris des vaches hilares. (Ce détail prendra toute son importance à la fin de l’explication.) Parmi eux, on trouvait notamment les serviteurs noirs de cette grande maison coloniale très cosmopolite. (Il y avait évidement des asiatiques aux commandes de la buanderie, comme dans Lucky Luke.) Ce « petit personnel » noir était particulièrement enthousiasmé par ce run d’enfer, car c’était bien évidement une occasion inespérée de se gausser (voir article de Brrrrr) aux dépens de leur maître. Aussi, pour faire durer le plaisir, ces derniers s’employaient consciencieusement à faire tout ce qui était en leur pouvoir pour ne pas ralentir la course du cheval. Ce en courant aux côtés de l’animal en hurlant au contraire de l’Indien : « FAUT PAS L’FWEINER !!! FAUT PAS L’FWEINER » Admirez la transcription de l’accent afro à l’écrit. Spectacle étrange, idiot, incompréhensible, jubilatoire. De l’extérieur évidement. L’absurde fait rire et le rire attire. Se formait ainsi tous les samedis un attroupement de badauds, oui seulement une fois par semaine parce qu’il fallait maintenant donner le temps au maître d’équitation de se reposer et au cavalier de se soigner. Dans la mesure du possible. Et comme l’Homme est de nature joueuse, ces spectateurs en vinrent naturellement à lancer des paris sur la durée du rodéo hebdomadaire, sur le nombre de bleus afterchute de Duncan, ou sur l’endurance des serviteurs, les « palfreiners » comme on les appelait finalement. Car aux yeux des spectateurs ils devinrent acteurs à part entière du pestacle, chargés de s’occuper du cheval en course. En fait, les palfreiners prirent leur rôle tellement à cœur qu’ils en vinrent à s’occuper également du cheval au repos, dans l’écurie donc, afin d’être sûrs qu’il soit parfaitement en forme pour le prochain run, ce qui est somme toute, fort logique. (Malgré leur emploi du temps déjà chargé.) L’histoire aurait pu se terminer là, et on appellerait de nos jours les responsables d’écurie par leur vrai nom, les palfreiner donc. ( Duncan ayant décidé plus tard de se mettre à la course de chariot, la course des palfreiners disparut brutalement. Mais pour les punir de l’affront qu’ils avaient fait chaque semaine au rejeton du patron, on décida de les laisser aux écuries.) Mais revenons-en à nos arçons. Le fait est que si l’Homme aime jouer, il adore encore plus tricher. Effectivement, l’activité devenant rentable avec les paris, les palfreiners comprirent l’intérêt qu’ils pouvaient trouver à rallonger artificiellement la course afin d’augmenter le suspense et donc d’attirer toujours plus de spectateurs. Leur gros problème c’est qu’en l’occurrence il fallait vraiment faire quelque chose : après avoir changé six fois de monture (pour diverses raisons comme la mauvaise foi de Duncan (« c’est pas moi qui suis mauvais, c’est le cheval qui ne sait pas courir »), fuite de la monture ulcérée d’être montée par une tache pareille, tronc d’arbre mortel, …) les derniers chevaux disponibles n’étaient pas des plus compétitifs. Que faire ? Marabout. Bout de ficelle. Selle de ch’val. Logique donc. La course suivante, le cheval explosa tous les records. Tollé général lorsque tout le monde apprit que les dés étaient pipés (car parallèlement Duncan faisait tout de même quelques progrès, faut pas déconner après toutes les gaufres encaissées, il commençait à en avoir ras le Stetson et à maîtriser de mieux en mieux sa monture) avec un cheval dopé du crin aux sabots. Donc cheval dopé, maître encastré (la dernière ruade l’envoya plus haut qu’un perchiste, pas question de sillon lors du retour sur la terre ferme ce coup-ci : on parlera plutôt d’un cratère), palfreiners accusés. Cependant ces derniers nièrent en bloc, et contre toute attente, devant les preuves accablantes retrouvées dans l’écurie (notamment le marabout complètement fonfon, avec un pétard local dans chaque narine). On les comprend en même temps, il ne faisait pas bon avoir tort lorsqu’on était noir à cette époque… Enfin, qu’on n’était pas blanc, plus précisément. Bref, la solidarité jouant trop, on commença à se lasser de cette mauvaise foi des palfreiners. On disait partout qu’ils n’étaient vraiment « pas les derniers à nier », ces artisans du tort notoire (qui a parlé d’hommes politiques ??). Cette propension négationniste devint si proverbiale qu’on les rebaptisa subtilement mais de façon très péjorative par inversion de lettre : « palfreniers ». Evidement, si vous ouvrez un dictionnaire, vous aller rire. Pourquoi diable y a-t-il un « e » supplémentaire à palfrenier (qui s’écrit donc palefrenier) ?!! Qu’on se rassure, ce n’est même pas une faute de frappe de Robert (qui n’en fait jamais (car il est honteusement aidé par une ribambelle de servants anti-coquilles (si j’osais je parlerais même de Robert et ses quarante voleurs (au prix du dico, c’est mérité je trouve)))). En fait, ce « e », on le doit tout simplement à un ami de Duncan. Un ami Français pédant. Mais pédestres car moins téméraire. De bonne famille, Gustave Maque-Les-Audes (ses ancêtres firent fortune sur le marché matrimonial) cultivait comme il se doit, n’est-ce pââââs, un accent des plus horripilo-bourgeois qui seyait par ailleurs fort bien à sa face de cul de poule enfarinée d’Immortel. Car il est en fait plus connu sous le pseudonyme d’Henry Patin, (pas con comme pseudonyme pour un marieur hein ?) élu membre de l’Académie Française en 1842. Que je trépasse si je mentisse, vous pouvez aller vérifier sur le site même de la secte. De l’institution, je veux dire. (http://www.academie-francaise.fr/immortels/index.html) Toujours est-il que de retour en France pour une visite à la vieille souche familiale, entendez « futur magot », il s’empressa de narrer avec moult élans romanesques fortement accentués les efforts de ces « pââââleufreuniiers courants et soufflants tels pathétiiiiiiques valets au service de cette pôôôvre bêtes voyez-vous, dans l’unique but de faire durer la folle cavalcââde aaaaah hâ hâ hâ !! … » Ca se passe de commentaires, et puis le mal était fait. La famille mais surtout l’Académie reprirent l’ « e », mais bien évidement l’on continua naturellement à parler de palfrenier en dehors de ces cercles décatis. D’érudits. Pour conclure cette plaisante page d’histoire littéraire, j’aimerais revenir brièvement sur un point évoqué plus tôt dans l’exposé. Vous vous souvenez des vaches hilares? Bon. Et bien elles sont restées extrêmement célèbres jusqu’à aujourd’hui car elles sont en fait à l’origine du nom qui fut donné à cette course des palfreiners : LA CHEVAUCHEE DES VACHES QUI RIENT Et par la même occasion, vous savez désormais pourquoi elle rit, la vache qui rit. Si ce n’est pas du scoop de première qualité ça, j’arrête l’étimau moi. Je vous expliquerai peut-être un jour pourquoi elle est rouge. Non parce que savoir pourquoi elle rigole, c’est devenu un sujet de conversation mondial, mais par contre le fait qu’elle soit rouge n’émeut personne semble t-il. Alors que c’est vachement plus étonnant, si vous voulez bien me permettre l’expression. Mesdames, Messieurs, Je vous souhaite le bonsoir. Plum’s October 07 ContrepéterieA l'heure de mettre sous presse (de retour d'expédition au Zambèze où les femmes sont belles et gentilles), il me vient à l'idée que j'aimerais bien ne pas avoir une panne de micro. Ainsi donc nous y voici enfin. Je suis certains que toutes et tous vous vous demandiez bien quand la rédaction d'Etimaulogis allait se mettre à l'ouvrage sur ce mot divin qui désigne une pratique dont nous sommes de fervents adeptes (vous noterez au passage que ce paragraphe n'en comporte aucune … (c'est promis, c'est le premier et le dernier, alors … affûtez vos neurones et tâchez de ne pas en omettre)), ami(e)s lecteurs et surtout trices vous voilà récompensés de votre patience … tout n'était qu'une question de choix … et (évidemment) de date (pardon (j'ai pas pu m'en empêcher (et puis zut … fallait bien vous mettre dans le bain non?))). Cela dit, il faut vous avouer (mais vous l'avez sans doute remarqué non?) qu'on aime le risque ici et les pentes savonneuses pour oser s'aventurer sur le terrain etimaulogique de mots tels que ceux que nous vous proposons habituellement dans nos pages. Mais, à l'instar du géographe conférencier qui montre son globe en scène ou de l'exploratrice qui appréhende les pistes indigènes, nous ne rechignons point devant l'ampleur de la tache (fut-elle de vin rouge sur notre si jolie nappe vichy (rouge et blanche comme il se doit)). C'est si vrai qu'après l'audacieux récit de Grrrrr (avec 5 "r" d'en avoir 2) à propos de l'occurrence (pour ne citer que le plus récent mais on pourrait aussi rappeler à votre mémoire des mots comme : mandragore, éburnéen, concupiscent, interlope et autre sacerdoce), il relevait de la gageure de présenter un mot comme celui-ci : "contrepèterie". C'est à dire l'art de décaler les sons. Mais comme le point a son contrepoint, le pet a son contrepet (on notera à cet égard qu'on a, depuis toujours, associé pape Pie et pet (ainsi que mangue à mêler (cette double contrepèterie sera d'ailleurs honteusement dévoyée vers la fin du vingtième siècle par un nommé Henri Tachan)). Même si, ainsi que nous allons le voir, il n'y a aucune relation de cause à effet (si ce n'est celui de reposer nos narines un moment après la brillante démonstration du susdit Grrrrr (auquel il serait vain d'oser contester nos particules (pour les fidèles lecteurs … il y aurait même un lointain rapport ici avec certaines lucioles (incassables?) que nous côtoyâmes naguère))). Comme son nom ne l'indique pas, le mot "contrepèterie" a une origine à la fois française et théâtrale ce qui n'a rien d'incompatible : nous sommes tant habitués à passer de la crête à l'abîme! Isidore était né Comte de Lapillule et coulait des jours heureux en son château quelque part vers l'an de grâce 1540 et six heures du soir. C'était un bon vivant qui aimait la bonne chère (il avait toujours un canard sur le feu (car il aimait les nouilles qui cuisaient au jus de cane) ou des gamelles de morille) et les jolies demoiselles en corset et en culottes à qui il proposait toujours un petit coup de marc après la dînette. Son père, qui était un grand voyageur, était mort (bien avant Marco Polo) d'être arrivé à pied par la Chine (vous savez bien … la Chine … celle qui se dresse à la vue des nippons). Il avait donc été élevé, avec plus ou moins de discipline par sa mère qui, il faut bien le dire, passait plus de temps à sélectionner des pierres fines avec ses copines de thé qu'à éduquer son rejeton. Pour tout dire, elle était même un peu originale … allant même parfois jusqu'à se mettre un collier de citrouilles autour du cou. Jusqu'à sa majorité, tout se passait plutôt bien d'ailleurs et il avait fallu attendre qu'il atteigne l'âge avancé (pour l'époque) de vingt-neuf ans, pour sentir chez lui arriver les prémices d'un quelconque intérêt pour quelque chose. Jusque là, le vin était la seule chose qui le passionnait (le gros plant guère vert et le médoc pour tout faire passer restant ses préférés). Jusqu'au jour où … (ça compte pas ce paragraphe là (il est trop court) alors ne cherchez pas (je suis sympa quand même parce que vous auriez pu cherchez un moment avant de trouver "Joujou court-jus" qui n'en est même pas une d'abord même que oui et qui en plus ne veut rien dire ou bien "où cours-je Juseau" (qu'on sait même pas qui c'est en plus) qui ne veut rien dire non plus)). Jusqu'au jour où donc. Une troupe de théâtre fit halte sur la place du village qui se trouvait également être celle du château. C'était là un hasard dont pas un mathématicien n'aurait pu prévoir la venue. Aucun homme d'ailleurs, n'est jamais assez fort pour ce calcul. Il faisait beau et chaud … (il est court aussi celui là mais il n'en constitue pas moins une contrepèterie (je vous le dit parce que sinon elle va passer inaperçue) … certes d'origine belge (ou blonde comme vous voudrez je suis pas sectaire) mais contrepèterie néanmoins ne vous déplaise)). Notre ami Isidore faisait sa petite promenade quotidienne quand il se retrouva aux abords des tréteaux qui étaient en train de se monter (pas l'un sur l'autre je vous rassure (quand même (douteriez-vous encore que ce soit une maison sérieuse ici?))) et là, il la vit (autre contrepèterie belge). Elle se tenait à côté de l'estrade, un peu à l'écart, semblant se parler à elle-même. Elle faisait des exercices de diction, histoire de ne point bégayer lors de la représentation du soir : une tragédie grecque, bizarrement écrite en latin. Cette particularité avait retenu l'attention du metteur en scène qui avait décidé, derechef, de monter (lui aussi? (décidément, on monte beaucoup dans cette histoire)) la pièce avec la traduction originale mais sur le mode des grandes tragédies … avec un chœur chargé de répéter les phrases importantes pour en souligner toute l'intensité. Après quelques minutes, elle prend conscience de la présence d'Isidore qui la contemple. Telle est l'expression exacte car le dénommé Isidore restait béat devant la comédienne. Bredin aurait-on pu dire … amoureux fou en quelque sorte. Dans un élan désespéré, il ne peut que lui envoyer cette phrase magnifique : "Ô ma belle égérie, ta muse me refoulerait-elle?". Touchée, la damoiselle engage la conversation … très vite ils s'enflamment. il adore le théâtre … elle adore les comtes (surtout quand ils ont un beau château) … les voilà à parler de la Grèce historique, puis sans s'arrêter des mœurs dissolues d'icelle à sa décadence, quand les nobles faisaient donner des bains de foule à leurs vierges, oubliant que les rites sont un bien nécessaire. Bref, en quelques instants il lui plu, elle lui plu, ils se plurent (d'oignon) et l'après-midi touchait déjà à sa fin quand le directeur de la troupe vint annoncer qu'il serait peut-être temps d'aller se préparer pour la représentation du soir qui devait démarrer dans pas plus tard que dans pas longtemps (c'est-à-dire bientôt si j'en crois ma montre). Mais le Comte était trop bon pour la quitter ainsi. Il lui fait promettre de se revoir le lendemain et, pour faire bonne mesure, invite la troupe à se produire au château. Il faut savoir que les troupes de théâtre de l'époque n'avaient rien à voir avec celles que l'on voit aujourd'hui. Elles étaient plutôt de nature itinérante et faisaient escale, au gré des fortunes et de la bonté des spectateurs. Le Comte représentait donc une providence. Le métier n'était pas très bien payé et il fallait travailler dur pour pouvoir se payer ses potions (ce qui est, sans aucun doute à l'origine du fait que les artistes sont payés avec des cachets … les premiers comédiens jouaient pour se payer les traitements médicaux qui leur faisaient défaut et du coup, à l'arrivée des premiers cachets d'aspirine, l'expression a dérivé, c'est chié non?). Et puis il fallait entretenir les mules qui tiraient les roulottes (certaines de ces bêtes devaient être ménagées tant elles étaient proches de l'arthrite). Pendant ce temps la châtelaine, soucieuse de bien accueillir ses hôtes, souffrait de ce que son manoir manquait de chambres. Bref, tout ça pour dire qu'une étape de quelques jours dans un château … ça n'arrivait pas tous les jours mais il ne fallait surtout pas laisser passer l'occasion, c'était toujours ça de gagné. Isidore, tout à sa flamme, devenait poète écrivait des vers à celle qui devenait peu à peu sa bien aimée (il l'aimait d'autant plus qu'elle habitait Laval) : "L'attente a des plaisirs qu'on ne fait qu'un moment La belle, d'abord un peu intimidée (pouvait-il en être autrement?), s'épris du Comte et de son amour, un jour, lui cria l'aveu. Mais la troupe devait continuer son chemin et le Comte se lamentait : "Ah comme je l'aime cette petite, vive, indulgente …" Il ne pouvait se résoudre à la laisser partir. Aussi, il lui proposa de s'engager dans la troupe. Il était piètre acteur mais pouvait toujours jouer les utilités dans le chœur, à l'unisson bien qu'il préférât les libres chants. L'affaire fut conclue sur le champ (voire … en la circonstance … sur le chant) et le Comte ravi de rester auprès de sa bien-aimée, quitte à rester dans un succès ressassé. Le soir même … à Beaumont-le-Vicomte (c'est entre Choisy-le-Roi et Bourg-la-Reine non?) la troupe donnait sa représentation. Et au moment pathétique, le chœur devait entonner : "Pénélope ne suivit pas toujours la voie d'Ulysse!". Impressionné, Isidore s'emmêla les pieds dans le tapis et … la pauvre Pénélope se mit à suivre une autre loi. Bien sûr, ça aurait pu passer inaperçu. Mais il se trouvait qu'au premier rang était assis un personnage haut en couleur de l'époque, un dénommé François Rabelais. Epicurien patenté, gaulois gaillard dans l'âme, était littéralement plié en deux par cette réplique. D'autant que le Comte, pas en reste, récidivait avec les romains qui sautaient de la Roche Tarpéienne … l'abîme à latins ou la Pythie (qui vient en mangeant) qui n'hésitait pas à mettre un certain nombre de ses fois dans toutes ses délations. Le curieux spectateur exultait, se roulait par terre, terrassé par les crampes d'estomac. Il se mit à hurler quand Isidore en vint à parler des filles de Troie qui offraient leurs deux joues. Le patron de la troupe, en coulisses, demandait à qui voulait l'entendre : "mais qui est donc cet olibrius qui a tout ce que le Comte répète rit!". Dans un éclair de colère de voir ainsi sa pièce martyrisée, un mot nouveau était né … destiné à une longue carrière que Rabelais lui-même immortalisa dans Pantagruel en parlant de ces vieilles filles qui étaient folles de la messe. Isidore fut viré sur-le-champ mais engagé derechef par le nommé Rabelais … le genre de la tragédie parodiée était né et devait engendrer des chefs d'œuvre dont un des plus récents fut "Phèdre à repasser" bien sûr. Et il put enfin mander sa belle en mariage (et plus il mandait, plus elle bouillait) … elle accepta et il put lui faire goûter son far andin. Ils vécurent heureux et firent plein de petits contrepets. Les archives de leurs ébats traversèrent les siècles pour donner naissance au fameux "album de la Comtesse" si cher à un quotidien célèbre. Amies lectrices, je suis ravi de vous avoir fait goûter les joies de la verve. Amis lecteurs … que votre verbe soit en joie! En tout cas, voilà à nouveau une vérité historique enfin rétablie. |
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